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Nannie Doss, la Femme qui Cherchait le Grand Amour
Nannie Doss, la " Giggling Granny " : quatre maris empoisonnés, un rire qui l'a trahie. L'affaire vraie derrière Le Rire de Nannie, à paraître le 12 novembre.

Une Enfance Sans Tendresse
Nancy Hazle naquit le 4 novembre 1905 à Blue Mountain, en Alabama, dans une famille de fermiers où le travail primait sur tout le reste. Son père, un homme sévère, la retira très tôt de l’école pour qu’elle l’aide aux champs. Vers sept ans, un accident la laissa avec une blessure à la tête dont elle porterait la marque toute sa vie, en attribuant plus tard certains de ses actes aux séquelles de ce coup.
Seule échappatoire à cette enfance rigide : les magazines de romance, qu’elle dévorait en cachette. Ces récits d’amour parfait, de rencontres providentielles et de fins heureuses façonnèrent chez elle une idée de la vie qui ne devait plus jamais la quitter et qui allait, des décennies durant, guider chacun de ses choix.
Cinq Maris, Une Quête
À seize ans, Nancy, surnommée Nannie, épousa Charley Braggs, rencontré à l’usine où elle travaillait. Le mariage s’installa mal : la belle-mère avait le même tempérament que le père qu’elle avait fui. Quatre enfants suivirent, en quelques années à peine.

Ce premier mariage ne fut que le début. Nannie se remaria quatre fois. Frank Harrelson, Arlie Lanning, Richard Morton, puis Samuel Doss. Elle recrutait ses maris par petites annonces dans des rubriques de rencontres, où elle cherchait le » véritable grand amour « . Chacun de ces mariages se solda par une mort. Le 15 septembre 1945, Frank Harrelson mourut après avoir bu dans une jarre d’alcool artisanal où Nannie, selon ses propres mots, avait versé de la mort-aux-rats. Sa mort fut attribuée à une intoxication alimentaire. D’autres décès suivirent le même schéma : un plat, une boisson, un malaise, puis un décès que médecins et proches n’associaient jamais entre eux.
Les maris ne furent pas les seuls touchés. Au fil des années, la mort frappa aussi autour d’elle. Sa mère, une de ses sœurs, deux de ses enfants, deux petits-enfants, une belle-mère. Chaque fois, une police d’assurance-vie avait été récemment souscrite.
Le Rire qui l’a Trahie
En 1954, Samuel Doss, son cinquième mari, tomba malade après avoir mangé un gâteau aux pruneaux préparé par Nannie. Hospitalisé, il se rétablit, avant qu’elle ne recommence, cette fois avec son café. Il mourut le mois suivant. L’autopsie révéla la présence d’arsenic.
L’enquête qui suivit remonta le fil des mariages précédents, exhumant les corps, recoupant les dates, les polices d’assurance, les diagnostics trop commodes. En octobre 1954, Nannie Doss passa aux aveux. Elle raconta ses crimes avec un détachement qui frappa les enquêteurs comme la presse : elle riait, en évoquant ses maris empoisonnés, comme on raconte une anecdote sans conséquence. Ce rire lui valut son surnom, celui qui allait rester : » Giggling Granny « , la Grand-Mère Rieuse.
Condamnée à la prison à vie en 1955, elle mourut d’un cancer en 1965, à cinquante-neuf ans, sans jamais avoir cessé, disait-elle, de chercher le grand amour.
Derrière les faits, une question demeure : comment une femme peut-elle transformer l’attente d’un amour parfait en instrument de mort, mariage après mariage ? Le Rire de Nannie explore cette dérive de l’intérieur, à travers le regard de Nannie elle-même.
À paraître le 12 novembre 2026.
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