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Le Funérarium Hanté : L’affaire Snedeker

« Je ne croyais pas aux fantômes. Je croyais au monde des esprits, mais je ne croyais pas qu’il pouvait interagir avec notre monde. » Carmen Snedeker
Parfois, ce sont les circonstances qui choisissent à notre place. Une solution se présente, une décision se prend, un bail se signe. La maison n’est pas vraiment choisie. Elle est acceptée.
En 1987, Carmen et Allen Snedeker cherchent à se rapprocher du centre de traitement où leur fils aîné lutte contre un cancer. L’urgence de la situation ne laisse que peu de place à l’hésitation. Ils trouvent une grande maison coloniale à Southington, dans le Connecticut. Spacieuse. Abordable. Disponible. Exactement ce dont ils ont besoin.
Ils ignorent encore que la maison possède une histoire. Une histoire récente, troublante, et difficile à ignorer.
Les premières impressions laissent place au doute. Puis à l’inquiétude. Certains détails ne s’expliquent pas. Certaines sensations persistent. Et peu à peu, l’idée s’impose. Des événements terribles se sont déroulés dans cette maison.
Quelque chose qui ne s’est peut-être jamais arrêté.


En 1987, Carmen et Allen Snedeker habitaient à Hurleyville, dans l’État de New York, avec leurs quatre enfants, trois garçons âgés de treize, onze, et trois ans, et une fille de six ans. Philip, leur fils aîné, était atteint d’un lymphome de Hodgkin, une forme très grave de cancer. Cinq fois par semaine, sa mère devait le conduire à l’institut d’oncologie pédiatrique du Connecticut, à quatre-vingt-cinq kilomètres de distance, pour lui permettre de suivre son traitement. Il supportait courageusement les effets secondaires, mais le trajet retour était pour lui un véritable calvaire. Maigre, pâle, il s’affaiblissait de jour en jour. Ses parents auraient voulu déménager pour se rapprocher du centre de soin, mais ils ne trouvaient rien à louer. Les appartements étaient trop petits pour leur famille nombreuse ou trop chers pour leurs maigres finances. Parfois les deux.
Un jour, après une nouvelle visite infructueuse, Carmen remarqua une grande maison coloniale au 208 Meriden Avenue, à Southington. Une pancarte « À louer » était plantée dans le jardin. Elle arrêta sa voiture au bord de la route et s’approcha des ouvriers qui s’affairaient dans un vacarme épouvantable. « Bonjour », dit-elle en forçant sa voix pour tenter de couvrir le bruit des travaux. « J’aimerais visiter la maison, si c’est possible. » Un homme aux cheveux gris s’avança alors vers elle. « M. Lawson n’est pas là actuellement », lui répondit-il. « Il y a deux appartements là-dedans, un au rez-de-chaussée, un autre au premier. Vous pouvez visiter celui du premier si vous le souhaitez, il est presque terminé. Quand vous aurez fini, je vous donnerai le nom et le numéro de téléphone du propriétaire. Ça vous convient ? »
Surexcitée, elle acquiesça de la tête avant de s’engouffrer dans le hall. Le rez-de-chaussée était toujours en chantier. Des gravats et des copeaux de bois recouvraient le plancher, des sacs de matériaux de construction encombraient le couloir et les escaliers, mais elle s’en moquait. Elle se précipita à l’étage, le cœur plein d’espoir. Une immense salle à manger, une cuisine, six grandes chambres… L’endroit était magnifique, mais probablement trop cher pour eux. Elle téléphona au propriétaire dès son arrivée à Hurleyville. Pour une obscure raison, M. Lawson semblait réticent à l’idée de leur louer l’un de ses appartements. Elle lui parla de son fils malade, des trajets interminables et de leurs problèmes d’argent, et il finit par se laisser fléchir. « Je pense que je peux vous laisser l’appartement du rez-de-chaussée », marmonna-t-il après un long silence. « Vu votre situation, je vous ferai un prix. » Poussant un soupir de soulagement, elle se laissa tomber sur le canapé. « D’accord », lui répondit-elle. « Je le prends. »
La nuit suivante, elle dormit d’un sommeil agité. Des images abominables défilaient dans sa tête. Des images de corps dénudés à la peau pâle, d’un homme sans visage aux cheveux sombres, de crochets, des chaînes, de scalpels… Se réveillant pour la énième fois, elle se redressa brusquement, le souffle court. « Oh, mon Dieu ! » songea-t-elle. « J’ai loué un funérarium ! » Elle n’avait pas l’impression d’avoir rêvé, mais d’avoir eu une prémonition. Le lendemain matin, elle parla de ses visions à son mari, qui en conclut à un cauchemar. « Écoute, même si cet endroit a servi de funérarium, et alors ? » dit-il en haussant les épaules. « Les gens ne sont pas morts là-bas. De toute façon, je suis sûr que ça n’était qu’un mauvais rêve. »
