Ouija : un Portail vers l’Enfer

La planche Ouija fascine depuis plus d’un siècle. Facilement accessible, elle se trouve aussi bien sur Internet que dans les magasins de jeux, rangée entre puzzles et jeux de société. Un simple divertissement, pour certains. Une porte ouverte sur l’inconnu, pour d’autres.

Le geste est toujours le même. Des doigts posés sur la planchette. Une attente. Une question formulée à voix basse, ou simplement pensée. Parfois, rien ne se passe. Parfois, la planchette se met en mouvement, lentement, sans pression visible. Lettre après lettre. Au début, le doute persiste. Un mouvement involontaire. Une suggestion. Une illusion collective. Mais lorsque les réponses se précisent, lorsque les mots s’enchaînent, une autre hypothèse s’impose… une hypothèse bien plus dérangeante.

Ce livre ne tranche pas. Personne ne peut déterminer avec certitude ce qui se trouve de l'autre côté. Mais parfois, quelque chose se manifeste et répond… à sa manière.
Couverture du livre Ouija : un portail vers l'Enfer
Dos du livre Ouija : un portail vers l'Enfer
Angela Jackson habitait le petit village de Kilbarchan, en Écosse, et elle était fascinée par l’occulte. Son goût pour l’étrange lui venait de l’enfance. Elle faisait des rêves prémonitoires depuis son plus jeune âge, et cette singularité l’avait tout naturellement incitée à s’intéresser au paranormal. Malheureusement, les choses qu’elle voyait n’étaient pas toujours heureuses. Une nuit, alors qu’elle n’était encore qu’une petite fille, elle avait rêvé de la mort de son père, et quelques mois plus tard, il avait succombé à un cancer. Angela avait commencé à s’intéresser au Ouija après sa disparition. Elle aurait bien aimé essayer de le contacter, elle y avait sérieusement songé, mais elle n’avait jamais osé.

Un soir, elle se rendit à une réunion spirite, mais à son arrivée, le spectacle était déjà commencé et elle dut s’asseoir au fond de la salle, qui était bondée. Une médium se tenait debout sur le devant de la scène et elle parcourait lentement la foule des yeux, cherchant visiblement quelqu’un ou quelque chose, quand son regard s’arrêta sur Angela. Elle la dévisagea silencieusement pendant un moment et brusquement, elle se mit à chanter Welcome to my World, de Jim Reeves. Mal à l’aise, Angela commença à se tortiller nerveusement sur sa chaise. La femme était en train de chanter le morceau préféré de son père, Charlie, qui était mort vingt ans auparavant. Elle s’interrompit en plein milieu de la chanson, et la fixant de son regard pénétrant, elle lui dit d’une voix grave : « Votre père a un avertissement pour vous. Vous pensez à vous servir d’une planche Ouija, mais ne le faites pas. Rien de bon n’en sortirait. » Angela ouvrit la bouche, stupéfaite. Elle resta un long moment ainsi, immobile, sans pouvoir prononcer une parole. Une fois le message transmis, la médium recommença à scruter l’assistance, et Angela se dit qu’elle avait raison. Elle avait déjà réfléchi à la question, et en était arrivée à la même conclusion. L’expérience était risquée. Des démons ou des mauvais esprits, qu’elle ne saurait pas reconnaitre et encore moins chasser, pourraient en profiter pour se manifester. Troublée, elle en conclut que son père essayait de la mettre en garde et elle décida de l’écouter.

Au cours des semaines suivantes, Angela se mit à douter. Après tout, rien ne lui prouvait que l’avertissement venait bien de son père, et l’idée de se servir d’une planche Ouija recommença à la hanter. Un soir, certains de ses voisins, Robert et Judy, l’invitèrent à boire un verre chez eux et la conversation dériva rapidement sur son sujet favori, les mystères de l’au-delà. Ils discutèrent un moment de l’éventualité de la vie après la mort, elle leur avoua sa fascination pour le Ouija, et sortant d’un tiroir une pile de petits cartons avec les lettres de l’alphabet et les nombres écrits dessus, ils lui proposèrent d’essayer. Au début, elle se montra hésitante, mais comme ils semblaient avoir l’habitude de ce genre de choses et que cette pensée la rassurait, elle finit par accepter. Robert alluma quelques bougies, puis il éteignit les lumières, et ils s’assirent tous les trois en tailleur sur les épais coussins qui entouraient la table basse du salon, où avait été installé le Ouija. Angela était tellement excitée que son cœur battait à la chamade. Immédiatement, avant même de poser une question, le verre à whisky qui leur servait de planchette se mit à bouger dans toutes les directions. Robert l’observa pendant quelques secondes, puis il demanda : « A qui voulez-vous parler ? » Le verre fonça directement vers une lettre, puis une autre, et une autre encore, écrivant d’une seule traite le prénom d’Angela. Fébrile, la jeune femme lui demanda s’il avait un message à lui transmettre, mais sa réponse se révéla des plus surprenantes.

C-R-E-V-E S-A-L-O-P-E