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Films d’Horreur : Quand la Réalité Dépasse la Fiction

Le cinéma s’est inspiré de leurs histoires. Voici ce qui s’est réellement passé.
Depuis quelques années, le cinéma d’horreur aime à se réclamer souvent du réel. « Basé sur une histoire vraie ». La mention apparaît en ouverture, sobre, presque solennelle, comme une caution. Dans ces quelques mots, toute une promesse : ce qui va suivre s’est réellement produit. Mais entre les événements et les images qui défilent sur l’écran, la distance est parfois considérable. Les faits sont resserrés, les personnages fusionnés, les chronologies réarrangées. Certains éléments disparaissent. D’autres sont inventés. La mention « basé sur une histoire vraie » finit ainsi par recouvrir des réalités très différentes, de la reconstitution fidèle à la libre interprétation.
L'affirmation n'est pas vraiment mensongère. Derrière ces films, des histoires existent. Des noms. Des dates. Des lieux. Des témoins. Des récits parfois contradictoires. Des expériences que certains affirment avoir vécues… et que d’autres contestent. Ce livre s’intéresse aux images, mais surtout à ce qui les a précédées. L’exorcisme de Roland Doe. Les enquêtes d’Ed et Lorraine Warren. La maison d’Amityville. Le poltergeist d’Enfield. Chaque dossier remonte à la source. Ce qui a été raconté, ce qui a été observé, ce qui demeure toujours sans réponse. Entre témoignages, enquêtes et zones d’ombre, ces affaires continuent de déranger, non pour ce qu’elles montrent, mais pour ce qu’elles laissent entrevoir. En 1973, pendant le tournage de L'Exorciste, un incendie s'est déclaré dans la maison où se déroulait le tournage. La quasi-totalité du décor a été détruite. Seule la chambre de Regan, la jeune possédée, a été épargnée. Personne n'a jamais expliqué pourquoi.
La réalité n’a pas besoin d’être embellie pour se révéler troublante…
… juste regardée de plus près.


Verónica
En mars 1990, Concepción Lázaro Gutiérrez habitait un petit immeuble situé au numéro 8 de la rue Luís Marín, dans le quartier de Vallecas, à Madrid, en Espagne, avec son mari Máximo et leurs six enfants. Depuis pratiquement neuf mois, elle s’occupait de son père agonisant avec patience et dévouement. Le jour de sa mort, le vieil homme se redressa sur ses coudes et la foudroyant du regard, il promit de lui rendre la vie impossible : « Si je ne peux pas te faire de mal dans cette vie, je le ferai dans la prochaine. » Concepción était habituée aux divagations de son père. Depuis le début de sa maladie, il les agressait et les insultait sans cesse, mais jamais elle ne put oublier ses dernières paroles.
Une semaine après le décès de son grand-père, Estefanía, seize ans, organisa une séance de Ouija avec certaines de ses camarades de classe. Assises dans la cour du lycée Aragón, les filles tentaient vainement de rentrer en contact avec le défunt petit ami de l’une d’entre elles, un adolescent qui s’était tué dans un accident de moto, quand un professeur les surprit. « Retournez immédiatement en classe ! » cria-t-il en se penchant pour attraper la planche Ouija et le verre qui leur servait de planchette. « Et que je n’entende pas un mot ! » Frustrées, elles se levèrent à contrecœur. Estefanía aurait voulu récupérer sa planche Ouija, mais ignorant ses suppliques, il la brisa et lança le verre au loin. En heurtant le sol goudronné de la cour, le verre explosa en une multitude de minuscules éclats. Une colonne de fumée sombre s’éleva alors dans les airs, et se dirigeant tout droit vers Estefanía, elle pénétra dans ses narines. Horrifiées, ses amies se mirent à pousser de grands cris. « Taisez-vous ! » siffla l’enseignant en tournant nerveusement les talons. « Dépêchez-vous de rentrer ! » Elles le suivirent sans protester. Elles avaient participé à de nombreuses séances de Ouija, mais elles n’avaient jamais rien vu de semblable.
Quelques jours plus tard, Estefanía avoua à ses parents que de grandes silhouettes sombres aux visages sans traits venaient la visiter à la nuit tombée. Le soir, dès qu’elle éteignait sa lampe de chevet, elles se rassemblaient autour de son lit, et se tenant par la main, elles l’invitaient à les suivre. « Viens », lui répétaient-elles sans cesse, « viens à nous ! » Elles l’effrayaient tellement qu’elle n’arrivait plus à dormir. Au cours de la même période, son comportement se mit à changer. Elle rentrait dans des colères folles, et faisant preuve d’une force surhumaine, elle déchaînait sa fureur contre ses frères et sœurs. Dans ces moments-là, elle devenait méconnaissable. Elle grognait, aboyait comme un chien ou proférait les pires des insultes d’une voix grave et rauque, pareille à celle d’un homme. Elle se mettait ensuite à convulser, les yeux retournés, l’écume aux lèvres. Concepción et Máximo, qui s’inquiétaient de son état, finirent par parler de ses crises à leur médecin de famille. Pensant à un problème psychologique, il leur conseilla de la faire interner en asile psychiatrique.
Pour Estefanía, le calvaire ne faisait que commencer...
