Possédé : le Cas Maurice Thériault

Bandeau de la rubrique Chronique de l'étrange.
Maurice Thériault a grandi dans la violence. Une enfance sans protection, sans recours, dans une ferme isolée du Maine où personne ne venait à son secours. Rien pour contenir. Rien pour interrompre. Pour survivre, il a imploré quelque chose que d’autres n’auraient osé regarder.

À l’âge adulte, sa vie se met à changer. Des phénomènes apparaissent en sa présence. Des objets se déplacent. Des croix se dessinent mystérieusement sur sa peau. Ses yeux pleurent des larmes de sang. Des voix se manifestent.

Au début, le doute persiste. Trouble psychologique, suggestion, coïncidence, mais les manifestations se répètent et s’aggravent. Maurice a l’impression de ne plus être seul. Une présence prendrait parfois possession de son corps, une présence impossible à contrôler. Ed et Lorraine Warren enquêtent sur son cas. Les phénomènes observés les troublent profondément.

Ce livre raconte son histoire. Sans conclusion définitive.
Parce que certaines questions ne trouvent jamais de réponse.
Couverture du livre Possédé : Le Cas Maurice Thériault
Dos de la couverture du livre Possédé : Le Cas Maurice Thériault
Né en 1946, Maurice était le fils aîné de Philip et Alice Thériault, de modestes fermiers francophones d’origine canadienne. Depuis que ses parents avaient acheté une propriété à Van Buren, dans le Maine, il vivait un véritable calvaire. Son père le considérait comme son garçon à tout faire. Il l’obligeait à travailler les champs après l’école, parfois même pendant les heures de classe. De nature ombrageuse, il se mettait rapidement en colère et pouvait, selon son humeur, le battre à coups de pied ou à coups de poing. Souvent les deux. Maurice le détestait. Il aurait aimé se confier à quelqu’un, mais ses frères et sœurs étaient trop jeunes et il n’avait pas vraiment d’amis. Les garçons de son âge le traitaient de « bouseux ». Ils se moquaient de ses vêtements rapiécés et de l’odeur de fumier qui le suivait partout. Il les évitait autant qu’il le pouvait.

Un après-midi d’automne, il retourna chez lui en traînant des pieds. Il n’avait que dix ans, mais de longues heures de labeur l’attendaient et il le savait. En arrivant à la ferme, il se dirigea directement vers la cuisine. Il espérait trouver sa mère, mais elle n’était pas là. Maurice l’adorait. Outre les délicieux gâteaux qu’elle lui préparait pour le goûter, elle intercédait fréquemment en sa faveur. Parfois, elle s’interposait entre son père et lui, allant même jusqu’à prendre des coups à sa place. Dépité, il sortit de la maison et survola leurs terres des yeux. Personne. Alors qu’il se tenait là, immobile et perplexe, un bruit résonna dans la grange. Intrigué, il se dirigea vers le bâtiment et se glissa à l’intérieur. Debout dans le foin, son père se livrait à l’impensable avec une vache. Maurice détourna aussitôt le regard. Il n’avait pas vraiment compris ce qu’il venait de voir, mais il savait qu’il n’aurait jamais dû être témoin d’une telle scène. Il tentait de se faufiler discrètement par la porte de derrière quand son pied heurta malencontreusement une fourche. Elle retomba sur le sol dans un bruit de tempête, attirant l’attention de son père. Maurice se figea d’effroi. Il pensait recevoir une correction, mais son père lui demanda de le regarder et de l’imiter. « Tu ferais mieux de ne rien dire à personne », le menaça-t-il avant de le laisser partir. « Si jamais tu parles, je te tuerai et je te jetterai dans la fosse à purin ! »

Terrifié, Maurice garda le silence pendant trois ans. Il trouvait les agissements de son père terriblement malsains, mais il ne savait pas comment y mettre fin. Alors, pour soulager sa conscience, il finit par révéler toute l’histoire à sa mère. Ce jour-là, il reçut la correction de sa vie. Il pleurait, allongé sur son lit, quand il se souvint de l’homme à la robe blanche. Sept ans plus tôt, par un après-midi glacial du mois de février, il s’était retrouvé pris dans le blizzard.

Malgré son jeune âge, il n’avait que six ans, ses parents ne venaient jamais le chercher à la sortie de l’école. Défiant le vent hurlant et la neige tourbillonnante, il avait lutté pour avancer, mais ses forces l’avaient rapidement l’abandonné. Frigorifié, il avait fini par se recroqueviller derrière une immense congère pour se protéger. Il se sentait glisser dans l’inconscience quand un homme lui était apparu. Il portait de longs cheveux bruns, une barbe et une longue robe blanche. Il n’avait pas l’air d’avoir froid, bien au contraire. Il irradiait de chaleur. L’homme l’avait regardé de ses grands yeux bienveillants. Il lui avait souri, et le portant sans aucun effort, il l’avait déposé sur le pas de sa porte. Maurice avait raconté à sa mère que Jésus l’avait sauvé, et elle l’avait cru. Dès qu’elle s’était aperçue de l’ampleur de la tempête, elle avait récité une prière pour demander à Dieu de protéger son fils, et elle avait été exaucée. Réconforté par ce souvenir, il s’essuya les yeux. Peut-être Jésus reviendrait-il le sauver ?

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