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Le Procès du Démon : l’Affaire Arne Johnson

« Le démon lui a fait faire. Le démon lui a vraiment fait faire. » Ed Warren
1980. Connecticut. Une maison ordinaire. Un jeune couple. Une famille. Un enfant de onze ans qui affirme voir ce que les autres ne voient pas. Ce que David Glatzel décrit ne ressemble à rien de connu. Une présence. Une menace. Une entité qui revient, nuit après nuit, avec une précision troublante.
Les bénédictions ne suffisent pas. Les explications rationnelles non plus. À la demande de la mère, Ed et Lorraine Warren s’en mêlent. Les phénomènes s’intensifient. Ce qui devait rester une affaire privée va basculer dans quelque chose d'irréversible, une affaire tellement grave qu’elle ne peut plus être contenue.
Ce livre raconte cette histoire. Celle d'une famille, d'un démon, et d'un procès sans précédent dans l'histoire judiciaire américaine.


Fiancés depuis des mois, Arne Cheyenne Johnson et Debbie Glatzel espéraient se marier au printemps de l’année suivante. Ils avaient déjà trouvé leur future maison, un ranch jaune aux volets vert olive avec un puits dans son arrière-cour situé sur la vieille route d’Hawleysville, près de Brookfield, dans le Connecticut. « Cet emménagement nous enchantait, Debbie et moi », rapporta Arne. « Nous avions déjà commencé à réfléchir à notre futur mariage. On avait vraiment hâte. » En attendant le grand jour, ils habitaient chez les parents de Debbie. Sa mère, Judy, quarante-cinq ans, était femme au foyer. Son père, Carl, travaillait comme mécanicien. Le 3 juillet 1980, elle demanda à ses trois petits frères, Alan, huit ans, David, onze ans, et Carl Jr, quatorze ans, de les aider à nettoyer la propriété. À leur arrivée, ils découvrirent qu’un matelas à eau avait été abandonné dans la chambre parentale. Pendant un moment, ils s’amusèrent à se jeter dessus, riant comme des enfants de l’étrangeté de sa surface ondulée. Seul David refusa de s’en approcher. Pour une obscure raison, l’objet le mettait mal à l’aise. Debbie confia ensuite une tâche à chacun des garçons, et ils se mirent aussitôt au travail.
David balayait le plancher de la grande chambre quand quelque chose le projeta violemment en arrière. Il s’effondra sur le matelas à eau, choqué et confus. Debout près de lui, un vieil homme vêtu d’une chemise à carreaux déchirée, d’un jean et d’un long manteau en lambeaux le dévisageait de ses grands yeux noirs. « Méfie-toi », siffla-t-il entre ses dents. « Ton âme m’appartient, je viendrai la chercher. » Horrifié, David se releva d’un bond et s’élança vers la porte d’entrée. Sa sœur, qui récurait la cuisine, le regarda s’éloigner avec étonnement. « Au bout d’un moment », expliqua-t-elle, « il est parti à toute vitesse. Il avait l’air bouleversé, mais j’ignorais pourquoi. » David passa le reste de l’après-midi à attendre près de la voiture, et elle en conclut qu’il n’avait pas envie de travailler. Au cours du dîner, il évoqua sa rencontre avec le vieil homme, mais sur le moment, personne ne lui prêta vraiment attention. « J’étais tout seul dans la pièce », leur expliqua-t-il, « quand on m’a poussé en arrière sur le lit. Puis je l’ai vu. On aurait dit quelqu’un déguisé en diable. Il avait les yeux noirs, un noir profond, comme du charbon, et j’ai eu peur. Il a dit... Il m’a dit de me méfier. Il m’a dit qu’il voulait mon âme et qu’il viendrait me chercher. Il l’a répété plusieurs fois. » Le pensant fatigué, sa mère lui suggéra d’aller se coucher. « Il est tard », souligna-t-elle. « Repose-toi, nous en reparlerons demain matin. »
Une fois dans sa chambre, David se glissa entre ses draps et s’endormit aussitôt. Il était plongé dans un sommeil sans rêve quand il sentit quelque chose, comme une présence. « Dans la nuit, j’ai eu une sensation bizarre et j’ai vu une image », raconta-t-il par la suite. « Quelque chose arrivait. La peur m’a envahi parce que je voyais que cette chose approchait de la maison. Je me sentais observé. J’ai cru voir la silhouette d’une horrible bête à la peau noire, comme brûlée, à la tête allongée, aux grands yeux sombres, aux dents acérées, aux oreilles pointues et aux pieds de cerf. L’instant d’après, elle avait disparu. Je suis resté toute la nuit dans le noir, les yeux ouverts. »
