La Mort Mystérieuse de Netta Fornario

Elle était venue chercher quelque chose. Personne ne sait ce qu’elle a trouvé.


Certaines destinées ressemblent à des invocations. Elles ne s'imposent pas par la force, mais par une étrange évidence. Ceux qui les portent semblent parfois moins les avoir choisies qu'avoir fini par répondre à leur appel.

Netta était de ceux-là. Depuis l'enfance, elle percevait ce que les autres ne voyaient pas. Une présence à la lisière du visible. Un reflet qui n'était pas le sien. Elle n'en parlait à personne. Elle avait appris très vite que certaines vérités ne se disent pas. Elle ne cherchait pas à fuir le mystère, mais à s'en approcher. Des lumières ocre de l'Égypte aux cercles ésotériques londoniens, elle avançait méthodiquement. Elle lisait, expérimentait, notait. Elle voulait un contact direct, sans intermédiaire, sans protection. Certains s'en inquiétaient. Elle continuait. En 1929, sur l'île d'Iona, son corps sans vie fut retrouvé dans des circonstances que personne n'a jamais su expliquer. Il existe des rapports, des témoignages, des incohérences. Et puis le silence.

Ce livre ne prétend pas résoudre le mystère. Il suit la trajectoire d'une femme qui, toute sa vie, a refusé de détourner les yeux.

Inspiré d'une histoire vraie.
I.
Sous les ciels de l’Égypte où s’éveillent les ombres,
Une enfance s’égare en des demeures sombres.
Du soleil de sa source au gris du continent,
Le secret s’enracine et grandit lentement.
Nul ne franchit indemne un royaume de brume
Où s’invite la mort, où le miroir s’allume.
Regarde cette enfant qui marche sans un bruit :
Elle ouvre ici la porte où commence la nuit.
II.
Puis le cercle s’élargit aux rituels de l’ombre,
Où la haute magie tisse ses heures sombres.
Dans les salons feutrés des savants et des mages,
Elle cherche l’envers de nos pâles images.
Le voile s’amincit aux lisières qu’elle longe,
Et quelque chose alors l’entraîne dans ses songes.
La femme a consenti et l’enfant s’abandonne
Au murmure secret dont l’ombre l’environne.
III.
La route s’assombrit vers les landes de brume,
Où la mer vient mourir en d’amères écumes.
Quittant les vieux salons et leur monde ordonné,
Elle marche vers l’île aux rivages sacrés.
Le vent du Nord insuffle un vertige à son cœur,
Et l’océan l’attire en sa froide langueur ;
Sur la terre de Iona où les vagues se brisent,
L’ombre réclame enfin l’enfant qu’elle a conquise.