L’Exorcisme d’Emily Rose

L'Exorcisme d'Emily Rose s'inspire d'Anneliese Michel, morte en 1976 en Bavière après des mois d'exorcismes. L'histoire vraie, de Klingenberg au tribunal.

Bandeau echos de l'ombre

En 2005, L’Exorcisme d’Emily Rose a fait trembler les salles de cinéma. Derrière la fiction, une jeune Allemande, Anneliese Michel, morte à vingt-trois ans en Bavière après près d’un an d’exorcismes. Son histoire s’est terminée devant un tribunal.

Klingenberg, 1976

Exorcisme emily rose

Une adolescente joyeuse, puis les premiers malaises

Anneliese Michel naquit en 1952 dans une famille catholique très pratiquante. Adolescente joyeuse et studieuse, elle connut ses premiers malaises en 1968, principalement des pertes de connaissance et des paralysies nocturnes. Penchant pour l’épilepsie, les médecins prescrivirent divers traitements. Son état ne s’améliora pas. Elle rapportait des visages démoniaques, des voix, des odeurs, la sensation d’une présence. Angoissée, elle finit par sombrer dans la dépression. Elle parlait de péché, d’Enfer, de damnation. Sa famille, profondément croyante, reconnut peu à peu dans ces phénomènes les signes d’une possession.

Des séances enregistrées, des voix qui se nomment

À partir de 1973, plusieurs prêtres s’intéressèrent à son cas. Certains affirmèrent avoir vécu eux-mêmes des phénomènes étranges en sa présence. En septembre 1975, l’évêque de Würzburg autorisa un grand exorcisme, confié au père Arnold Renz, avec l’appui du père Ernst Alt. Pendant neuf mois, les séances se succédèrent, enregistrées sur bande. Anneliese se montrait parfois violente et parlait avec des voix différentes. Elles se présentaient sous différents noms : Judas, Lucifer, Néron, Caïn, Hitler ou Valentin Fleischmann.

Anneliese voyait dans sa souffrance une pénitence offerte pour sauver les âmes des pécheurs. Elle mangeait et buvait de moins en moins, se blessait, dormait à peine. Elle ne pesait plus qu’une trentaine de kilos. Les exorcismes se poursuivirent. L’aide médicale semblant inefficace, Anneliese finit par y renoncer.

Deux vérités devant la justice

Le 1er juillet 1976, à vingt-trois ans, Anneliese mourut chez ses parents. L’autopsie conclut qu’elle était morte de faim et d’épuisement. Le scandale éclata en Allemagne. Ses parents et les deux prêtres furent poursuivis pour homicide par négligence.

Après sa mort, des rumeurs se mirent à courir : une carmélite de l’Allgäu recevrait des messages d’Anneliese et réclamerait l’ouverture du cercueil, car son corps était resté intact. Le 25 février 1978, Josef et Anna Michel assistèrent à l’exhumation. Les autorités leur avaient promis de revoir leur fille. À la morgue, la police leur refusa d’entrer, comme au père Renz, qui avait formulé le même souhait. Le rapport officiel mentionna les signes habituels de décomposition, mais personne ne put le vérifier.

Le corps d’Anneliese était-il vraiment incorruptible, comme l’affirmait la carmélite ?

Le procès s’ouvrit le 30 mars 1978. À la barre, deux récits s’opposèrent. La famille et les prêtres soutenaient qu’Anneliese était réellement possédée. Médecins et psychiatres parlaient d’épilepsie et de psychose, nourries par les convictions de son entourage. La justice écarta la possession : les quatre accusés furent condamnés à six mois de prison avec sursis et trois ans de probation.

L’histoire détaillée d’Anneliese Michel, ce que le cinéma a gardé de cette histoire, ce qu’il a changé, et ce qui s’est passé sur le tournage est raconté dans Les Films d’Horreur : Quand la Réalité Dépasse la Fiction.

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