Les Maisons de l’Horreur

Bandeau de la rubrique Chronique de l'étrange.
Ces maisons existent. Elles ont des adresses, des propriétaires, des histoires. Des familles y ont emménagé, parfois avec enthousiasme, parfois par nécessité. Au départ, rien ne les distinguait des autres maisons du voisinage. Puis quelque chose s’est réveillé, quelque chose qui ne figurait pas dans l’annonce. Bruits inexpliqués, présences invisibles, événements impossibles à rationaliser.

Au début, le doute persiste. Une explication existe forcément. Un détail, une coïncidence, peut-être. Mais lorsque les faits se répètent, lorsque les témoins se multiplient, lorsque l’inexplicable devient quotidien, le doute laisse place à autre chose.

Certaines familles ont fui. D’autres sont restées, faute de choix, ou parce qu’elles se refusaient à admettre l’impensable.
Ce livre rassemble leurs témoignages. Sans chercher à convaincre. Sans chercher à expliquer. Juste les faits, tels qu'ils ont été vécus et rapportés.
Couverture du livre Les Maisons de l'Horreur
Dos du livre Les Maisons de l'Horreur

Introduction

« La hantise de cette maison ne ressemble pas à celles dont parlent les gens, avec des odeurs de tarte ou de cannelle et des tiroirs qui s’ouvrent d’eux-mêmes. Ici c’est l’enfer. » Deanna Simpson, propriétaire d’une maison hantée.

Les histoires de maisons hantées commencent toujours de la même manière, ou presque. Une famille s’installe dans une nouvelle maison, et elle remarque un certain nombre de phénomènes étranges. « Si vos vibrations sont assez élevées, alors vous permettrez à l’esprit de devenir actif », a expliqué Nonie Faggatt, médium. « Il peut rester longtemps au même endroit, s’il n’a pas la bonne personne dans son environnement pour l’activer, il ne viendra pas, mais si vous amenez la bonne source dans la maison, elle l’activera. Non seulement elle activera cet esprit, mais elle activera également sa propre énergie. Elle le nourrira, et elle se nourrira de lui ! »

Au début, les incidents ne sont que rarement inquiétants. Perturbations électriques, portes qui claquent, lumières qui s’allument et s’éteignent toutes seules, bruits de coups, grattements, odeurs bizarres, objets qui tombent des étagères, courants d’air glacés, impression d’être observé, etc. Une accumulation de petits détails anodins en quelque sorte. Les témoins les attribuent souvent à causes naturelles, à des courants d’air, au travail du bois, à une mauvaise installation électrique ou à des appareils défaillants, et si quelques-uns en viennent à soupçonner une mystérieuse influence, ils s’en accommodent tant bien que mal.

Au fil du temps, l’activité a tendance à s’intensifier. De petits objets changent mystérieusement de place, des meubles sont traînés ou renversés sur le plancher, des orbes lumineux flottent dans les airs, des masses sombres se glissent dans l’obscurité, des silhouettes vaporeuses ou extrêmement nettes traversent silencieusement les couloirs et les chambres, et des bruits de pas, de lourdes respirations, des chuchotements, des pleurs, des cris, des gémissements ou des grognements résonnent dans des pièces vides. Parfois, les bruits correspondent à un véritable événement, un vase a effectivement été brisé, mais d’autres sont purement subjectifs. Les victimes de la hantise, qui relativisaient les incidents, commencent alors à s’en inquiéter.

Au bout de quelque temps, quelques semaines, quelques mois, ou quelques années, l’atmosphère de la maison commence à changer. Les membres de la famille se sentent observés en permanence, ou presque. La nuit, ils font des rêves étranges. Ils dorment peu, et mal. Leur matelas s’enfonce sous le poids d’invisibles présences, les couvertures sont arrachées de leur lit, des mains glacées les attrapent par les chevilles ou les étranglent, quelque chose de lourd leur écrase la poitrine, et ils se réveillent avec des traces de griffures, des marques de doigts ou des ecchymoses.

Des voix s’insinuent dans leurs têtes, ou murmurent à leurs oreilles. Généralement, elles leur ordonnent de quitter la maison, ou de ne pas entrer dans telle ou telle pièce. Épuisés physiquement et moralement, ils se disputent souvent pour des prétextes sans importance. La plupart du temps, les attaques ne concernent qu’une seule personne, la plus vulnérable. Elle se retrouve alors harcelée, isolée, et incomprise.

Les cas de hantise ne sont que rarement résolus. Après avoir vainement demandé de l’aide à des médiums, des représentants de l’église ou des chasseurs de fantômes, les victimes doivent souvent se résoudre à déménager. La plupart du temps, les esprits restent attachés à la maison, mais ils peuvent, en de très rares occasions, suivre un membre de la famille et continuer à le tourmenter.

« Quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps, un esprit restera à l’endroit qu’il hante, mais il y a quelques exceptions », a expliqué Nonie Faggatt.

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