Conjuring 2 : le Poltergeist d’Enfield, le Témoignage d’Ed Warren

Dans Conjuring 2, les Warren aident la famille d’Enfield. Dans les faits, trois visites de quelques heures. Voici le récit d’Ed, en 1978.

Bandeau echos de l'ombre

En 2016, le réalisateur James Wan est revenu derrière la caméra avec Conjuring 2 : Le Cas Enfield, deuxième volet de la saga consacrée aux enquêtes paranormales d’Ed et Lorraine Warren. Après avoir terrifié les spectateurs avec l’affaire Perron dans le premier film, le cinéaste a délaissé les États-Unis pour nous entraîner dans la banlieue nord de Londres, au cœur de l’une des histoires de poltergeist les plus célèbres et les plus controversées du XXe siècle.

L’affaire d’Enfield est bien réelle, mais la place occupée par Ed et Lorraine Warren est loin de correspondre à celle que leur attribue le scénario. Contrairement à ce que laisse entendre le film, ils n’étaient ni les principaux enquêteurs ni les héros d’une longue opération destinée à délivrer la famille Hodgson. Le dossier a été étudié par Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair, deux enquêteurs associés à la Society for Psychical Research britannique, qui ont consacré de nombreux mois à enregistrer et photographier les manifestations. Très impliqués, ils dormaient parfois sur place.

D’après Guy Lyon Playfair, Ed et Lorraine Warren sont venus sans y avoir été invités et n’ont eu que très rarement accès à la maison. Une question se pose alors : à quels phénomènes Ed Warren a-t-il véritablement assisté ?

Le Témoignage d’Ed Warren

Ed warren enfield

En 1978, Ed accorda une interview à Gerald Brittle, qui écrivait alors un livre sur la carrière du célèbre démonologue et celle de sa femme, Lorraine. À ce moment-là, il venait tout juste de revenir d’Angleterre. Il s’était rendu à Enfield, un quartier de Londres, pour rendre visite à la famille Hodgson, dont la maison était le théâtre de phénomènes paranormaux qui se produisaient avec une régularité croissante depuis des mois. Le but de son voyage était de recueillir des éléments susceptibles d’être utilisés comme preuves à l’appui d’une demande d’exorcisme.

« Cette affaire d’Enfield fait ressembler Amityville à un train fantôme », déclara-t-t-il avec conviction.

Et il le pensait vraiment. La famille Lutz avaient pu quitter leur maison d’Amityville au bout de vingt-huit jours, mais la famille Hodgson devait composer avec ces terrifiantes manifestations depuis près de trois ans. Peggy Hodgson habitait une petite maison située au 284 Green Street, dans la banlieue nord de Londres, et élevait seule ses quatre enfants : Margaret, quinze ans, Janet, douze ans, Johnny, onze ans, et Billy, huit ans.

Toute l’histoire avait commencé en 1976, après que Margaret et Janet aient joué avec une planche Ouija. Elles voulaient simplement s’amuser, mais Londres étant un endroit particulièrement actif sur le plan paranormal, elles avaient, sans le savoir, communiqué avec un esprit démoniaque qui leur avait arraché la permission de pénétrer chez elles. Quelques semaines plus tard, l’esprit avait infesté leur maison, mais il n’était pas venu seul. Il avait ramené six autres esprits avec lui.

Des phénomènes étranges avaient commencé à se produire. Des grattements, des coups, des bruits de frottement, des déplacements de meubles et de petits objets. Peggy avait alors décidé de prévenir les autorités. Des policiers étaient venus enquêter. Ils avaient entendu des coups dans les murs et observé une chaise glisser lentement sur le sol. Cependant, estimant que l’affaire n’était pas de leur ressort, ils n’avaient rien fait pour l’aider. Au fil du temps, la situation s’était encore aggravée. Janet et Margaret se retrouvaient souvent expulsées de leur lit par une force invisible. Elles lévitaient, surtout Janet, tandis que des formes sombres rôdaient dans leur chambre à la nuit tombée.

Désemparée, Peggy avait téléphoné au Daily Mirror, pensant que quelqu’un saurait forcément qui appeler dans un cas pareil. Des journalistes étaient alors venus visiter sa maison. Un article avait été publié sur le poltergeist d’Enfield, et de nombreux reporters ainsi que des enquêteurs spécialisés dans le paranormal s’étaient précipités au 284 Green Street. Ils s’étaient intéressés à l’affaire pendant deux ans, rapportant soigneusement les différentes manifestations et attestant de leur réalité, sans toutefois pouvoir expliquer à Peggy comment se débarrasser de ces perturbations. En fait, personne ne savait vraiment ce qui se passait. Le phénomène avait été qualifié de poltergeist, et tout le monde l’avait observé sans savoir quoi faire.

Ed Warren se trouvait en Angleterre pour une autre affaire lorsque l’histoire avait été portée à son attention. Intrigué, il était allé rendre visite à la famille et avait passé une semaine à Enfield. Il avait interrogé Peggy et ses enfants, séparément puis ensemble. Au cours de ces entretiens, il avait été témoin des différents phénomènes qui se produisaient dans la maison. Souvent, des objets se soulevaient dans les airs et flottaient dans la pièce. Un soir, une chaise en bois avait commencé à léviter. Elle était ensuite restée immobile pendant un moment avant d’exploser. À une autre occasion, une grosse pierre lourde, de la taille d’une balle de tennis, s’était matérialisée dans les airs, au milieu du salon, avant d’aller s’écraser sur le plancher avec un bruit sourd. Par la suite, Ed avait apporté cette roche à un géologue de l’Université de Londres, sans lui révéler d’où il la tenait, et lui avait demandé d’en déterminer la provenance. Le scientifique lui avait répondu que la pierre ne pouvait venir que d’un seul endroit : l’île de Wight, située dans la Manche, à plus de cent vingt kilomètres de Londres à vol d’oiseau.

Pour Ed, la situation des enfants, qui lui avaient parlé de la forme sombre rôdant dans leur chambre à la nuit tombée, était alarmante. Chaque semaine, Margaret ou Janet lévitait, souvent en présence de témoins. Elles décollaient du sol, allaient et venaient dans les airs, puis redescendaient sur le plancher dans une inquiétante démonstration de puissance. Peggy lui avait expliqué qu’un jour, en entrant dans la chambre des enfants, elle avait découvert Janet profondément endormie et flottant dans les airs. À d’autres occasions, elle avait vu ses filles se soulever puis retomber sur leur lit, encore et encore, incapables de contrôler leurs mouvements. Elle lui avait également raconté que Margaret et Janet prenaient parfois les traits d’une vieille femme et que, dans ces moments-là, elles possédaient la force d’une amazone. Lors de ces épisodes, Janet l’attaquait souvent, tentant de la tuer à mains nues, et, certaines fois, elle avait failli y parvenir.

En tant que démonologue, Ed en avait conclu que les membres de la famille Hodgson étaient opprimés et que les deux filles se retrouvaient parfois possédées par un esprit maléfique. Quelques semaines avant sa venue, Janet avait fait une crise d’une violence rare. Sa mère avait alors été obligée de l’emmener à l’hôpital, où des médecins avaient tenté de la faire sortir de sa transe pendant six ou sept heures. Puis, brusquement, la fillette était redevenue elle-même. Elle s’était levée et était tout simplement sortie du service des urgences. Pour Ed, la possession ne faisait aucun doute.

Outre ces manifestations impressionnantes, il avait été sidéré par les phénomènes vocaux qui se produisaient dans la maison. Il avait entendu six esprits différents parler à haute voix dans la salle à manger, et il lui avait semblé que six personnes invisibles se trouvaient près de lui. Le phénomène était tellement incroyable que même s’il en avait été témoin, il avait eu du mal à y croire. Parfois, alors que Peggy et ses enfants étaient en train de manger dans la cuisine, des voix résonnaient dans une autre pièce. L’une d’elles s’exprimait parfois en allemand, mais les autres parlaient toutes anglais et possédaient un accent bien particulier, celui des quartiers populaires de Londres. Ed pensait que l’esprit démoniaque s’exprimait ainsi pour que la famille puisse le comprendre. Les voix ne se contentaient pas de répéter quelques mots, elles parlaient sans cesse et discutaient fréquemment entre elles.

Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair, deux membres de la Society for Psychical Research (SPR), étudiaient l’affaire depuis le début. Après avoir longuement inspecté la maison, ils avaient pu établir que les voix n’étaient diffusées ni par des haut-parleurs ni par un quelconque dispositif électronique. Malheureusement, la SPR était un organisme privé et ses enregistrements n’avaient pas été mis à la disposition du grand public. Ed, qui voulait se servir des bandes pour démontrer la nécessité d’un exorcisme, avait donc dû retourner à Enfield afin d’enregistrer lui-même les voix.

Gerald Brittle demanda à Ed s’il avait réussi à obtenir ce qu’il voulait. Tout en tapotant les cassettes qu’il avait posées sur la table devant lui, Ed lui répondit qu’ils allaient les écouter sur-le-champ. Les enregistrements, qui duraient plus de trois heures, étaient incroyables. Ed et deux de ses assistants interrogeaient Peggy et ses enfants depuis plusieurs heures, lorsque des voix avaient commencé à se faire entendre. Celles des esprits, qui parlaient dans la même pièce et lançaient à voix haute : « Éteignons les lumières ! Arrachons le papier peint ! Renversons la table ! Empêche-le de rentrer dans cette pièce ! »

Enfield famille hugdson

De temps en temps, une voix se mettait à répéter « Bonjour », puis d’autres se joignaient à elle, et un concert de « Bonjour » résonnait dans la pièce. Cependant, tous les sons produits par les esprits n’étaient pas des mots. Ils grognaient, gémissaient, émettaient des bruits étranges et imitaient les animaux, en particulier les chiens. Ils se montraient particulièrement coopératifs, s’adressant directement aux personnes présentes et leur répondant sans difficulté de leurs voix rauques et gutturales. Leurs déclarations les situaient au bas de l’échelle de l’intelligence humaine, mais ils étaient loin d’être ignorants. Une réponse était souvent donnée aux questions qui leur étaient posées, et s’ils se montraient généralement logiques et rationnels, ils pouvaient se révéler stupides et capricieux. Une voix semblait dominer toutes les autres, celle d’un esprit qui se faisait appeler Fred. Ed lui avait posé la plupart de ses questions.

— Bonjour ? demanda Ed, tentant d’engager la conversation.

— Bonjour, répondit une voix.

— Sais-tu qui je suis ?

— Oui.

— Qui suis-je ?

— Ed.

— Exactement, Ed. Qui es-tu ?

— Fred-die.

— Tu es Freddie, hein ? Quel est ton vrai nom ?

— Yeccccch…

— Quand vas-tu partir d’ici, Fred ?

— Cinq cents ans.

— Ça fait long. Peux-tu faire bouger quelque chose pour nous montrer que tu es ici ?

— Non.

— Pourquoi pas ?

— Tommy tient mon bras.

— Oh, vous êtes deux ? Laisse-moi parler à Tommy.

— Yeah, je suis Tommy ! s’exclama une nouvelle voix, bourrue et gutturale.

— Tommy, comment penses-tu que nous pourrions nous débarrasser de tous les problèmes qui se produisent dans cette maison ?

— Tuez les fantômes !

— Tuer les fantômes ? Mais n’es-tu pas un fantôme ?

— Non !

— Dis-moi alors : comment es-tu entré dans cette maison ?

— Je suis passé par-dessous le plancher.

— Combien êtes-vous réunis ici, tous ensemble ?

— Ah… euh… un… deux… trois… quatre… cinq… six. Six sont ici… hum… non, cinq.

— Quels sont leurs noms ?

— Fred-die, Tom-mie, Billy, euh… Charlie et Dick. John n’est pas là.

— Où est John ?

— Je ne sais pas.

— Qui est le chef ? Es-tu le chef ?

— Personne. Personne n’est le chef. Je suis un menteur.

— Qui d’autre est ici ? Y a-t-il quelqu’un d’autre ?

— Oui.

— Qui ?

— Gutter-Man est ici.

— D’accord, Tommy. Laisse-le parler. Es-tu là, Gutter-Man ?

— Oui, répondit une voix un peu plus claire.

— Gutter-Man, qu’as-tu à dire ?

— Cette maison est hantée. Tuez les fantômes !

— Gutter-Man, as-tu déjà été vivant ?

— Oui.

— Où ?

— Dans les soldats. Je suis un soldat.

— Dans quelle armée étais-tu soldat ?

— Toutes les armées. Je suis un soldat.

— Qui d’autre est ici, Gutter-Man ?

— Ah… euh… Zachary est ici.

— D’accord, Gutter-Man. Laisse-moi parler à Zachary.

Une nouvelle voix, des plus étranges, se fit alors entendre. Elle poussait des gémissements et des grognements incroyables, puis lança un long appel au secours d’une dizaine de secondes. Enfin, le silence retomba sur la pièce.

— Mince ! Qu’est-ce que c’était que ça ? s’étonna Ed. Laisse parler Zachary.

Un gémissement triste résonna alors dans la pièce, mais l’esprit ne prononça aucune parole. Ed tenta donc de reprendre contact avec Fred.

— Qui d’autre est là, Fred ?

— Je ne suis pas Fred, je suis Tommy !

— Passe-moi Fred… Fred, es-tu là ?

— Oui, Fred est ici, répondit une autre voix.

— Fred, demande à Zachary de venir me parler.

— Il ne viendra pas… Je vais te dire le nom d’une autre personne qui est ici. Teddy est ici. Teddy-Man est ici.

— Alors, passe la main à Teddy-Man, Fred.

— … Yeccccch…

Des bruits non identifiés s’élevèrent alors de la bande, puis une voix nasillarde se mit à répéter « Bonjour » à chaque seconde. Une seconde voix sembla lui répondre, et la première la salua à son tour. Une troisième se joignit à elles, puis une quatrième, une cinquième et une sixième, qui reprirent toutes « Bonjour » en chœur. Des cris sauvages se firent alors entendre, puis toutes les voix se turent, laissant la première répéter inlassablement son singulier « Bonjour ». Ed tenta de reprendre contact avec les esprits, mais ses efforts restèrent sans effet.

Ed se souvenait que, le jour où il était allé à Enfield pour enregistrer les voix, de nombreuses choses avaient volé à travers la pièce. Les bruits de leurs déplacements avaient été captés par le magnétophone et pouvaient être entendus en arrière-plan. Les chaises et les tables se soulevaient et retombaient, de petits objets traversaient la salle à manger en volant et rebondissaient ici et là, tandis que le papier peint se décollait des murs sous les regards stupéfaits des personnes présentes. À un certain moment, un couteau de boucher s’était matérialisé dans les mains de l’un de ses assistants. Puis un clou était apparu dans les airs et, alors qu’ils attendaient que les esprits veuillent bien se manifester de nouveau, un tas d’excréments avait été déposé sur la moquette de la chambre de Peggy, au premier étage.

L’enregistrement continuait et les esprits semblaient sombrer dans la folie. Ils s’amusaient à grogner et à produire toute une variété de sons d’animaux, dont le plus pénible était le feulement strident d’un chat. À un certain moment, un esprit poussa un hurlement torturé, qui déboucha finalement sur un nouvel échange.

— Vous les gars, vous sonnez comme quelque chose qui sort tout droit de l’enfer. Sais-tu où se trouve l’enfer, Fred ?

— Oui.

— Où est l’enfer, Fred ?

— Yeccch…

— Quel âge as-tu, Fred ?

— Seize ans.

— Tu es un fantôme, Fred ?

— Non… euh… oui. Je suis un fantôme.

— Qui es-tu ?

— Batman. Je suis Batman.

— Batman n’est pas un fantôme.

Les esprits recommencèrent à imiter les animaux, semblant montrer une affection particulière pour les aboiements de chien. Comme ils prenaient visiblement plaisir à pousser des cris de bêtes, Ed leur proposa d’imiter un cochon, puis un chien, un chat et enfin une dinde. La pièce se remplit alors de couinements, d’aboiements, de miaulements, de feulements et de glougloutements.

— Quel âge as-tu, Fred ?

— Soixante-dix-huit ans. Je suis un menteur. Tommy est un menteur.

— Je sais.

— Puis-je chanter une chanson ?

— Bien sûr, Fred. Vas-y, chante.

— La-de-da-de-da… se mit à fredonner l’esprit d’une voix bourrue. Jack et Jill montèrent la colline pour aller chercher un seau d’eau bénite… Ha… ha… ha…

— Es-tu chrétien, Fred ?

— Beurk ! Un soldat. Je suis un soldat !

— Au moment de ta mort, Fred, étais-tu un soldat ?

— Je suis toujours mort.

— As-tu déjà été marié, Fred ? As-tu déjà eu une femme ?

— Oui.

— Quel était son nom ?

— Je ne sais pas.

— Quel âge as-tu maintenant ?

— Trente ans. J’ai trente ans.

— Sais-tu quel jour nous sommes ?

— Oui. Le… euh… sept.

— Très bien. Sais-tu de quel mois ?

— Aoûûût… Aaaoûût… Août ! Le sept août !

— Où avez-vous trouvé ces noms, Fred, Tommy, Billy et les autres ?

— Les tombes.

— Vous êtes allés dans le vieux cimetière près d’ici ?

— Oui.

— Pourquoi ?

— Pour lire les tombes.

— Aimes-tu le cimetière, Fred ? Pourquoi aimes-tu le cimetière ?

— La mort ! s’exclama l’esprit avant de se remettre à grogner.

— Sais-tu où se trouve l’Amérique, Fred ?

— Non, je ne sais pas. Puis-je venir ?

— Non, Fred. J’ai assez à faire sans toi.

— Ed… Ed… Ed…

— Que veux-tu, Fred ?

— Fracasser l’enregistreur.

— Tu aimerais bien, n’est-ce pas ?

— Oui.

Mettant sa menace à exécution, l’esprit fit alors sauter la bande de l’enregistreur.

— Sais-tu ce que je vais faire de ces bandes, Fred ? Je vais les faire écouter à certains scientifiques que je connais en Amérique. Tu vas grandement les intéresser, Fred !

— Je vais le détruire durant la nuit !

Une querelle éclata alors entre deux esprits, qui se disputèrent pour savoir lequel aurait l’honneur de « casser » le magnétophone. À mesure que leurs voix gagnaient en intensité, leurs arguments se réduisaient à des onomatopées et à des hurlements. Ed envoya alors l’un de ses assistants jusqu’à sa voiture pour y chercher une bouteille d’eau bénite. Mais, au bout de quelques minutes, l’homme revint dans la maison et lui expliqua qu’elle avait disparu.

— Où est l’eau bénite, Fred ?

— Je l’ai jetée !

— Tu l’as jetée ? Si tu ne nous rends pas l’eau bénite, nous allons t’exorciser !

— Ha, ha, ha !

— Veux-tu que je fasse venir un prêtre ici ?

— Ouais, très bien. Amène-moi un prêtre, je lui botterai les fesses !

— Que dirais-tu si la Vierge te demandait de partir, Fred ?

— Beurk ! Pouah !

— Sais-tu ce que c’est, Fred ? Que vois-tu ?

— Hum… une croix.

— Tu as raison, une croix. Cette croix signifie que tes jours ici sont comptés.

— Je vais couper la tête à quelqu’un.

— La prochaine fois que je reviendrai ici, Fred, tu ferais mieux d’avoir disparu. Parce que, la prochaine fois, je ramènerai avec moi un exorciste très puissant, quelqu’un que tu n’auras pas envie de rencontrer.

— Ed… Ed… Ed… Ed… Ed-ward…

— Qu’est-ce que tu veux, Fred ?

— Jouer à l’exorciste. Va chercher de l’eau bénite…

Soudain, Lorraine Warren, qui écoutait l’enregistrement assise sur le canapé du salon, bondit de son siège et se dirigea sans hésitation vers la porte de sa chambre. Quelques secondes de silence s’écoulèrent, puis elle appela son mari. D’une manière inexplicable, la pièce était désormais imprégnée d’une forte odeur d’alcool et, sur la commode de Lorraine, un crucifix décoratif placé dans une petite grotte avait été renversé. Dès lors, par mesure de prudence, la décision fut prise de mettre un terme à toute discussion sur l’affaire d’Enfield.

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Source : The Demonologist: The Extraordinary Career of Ed and Lorraine Warren de Gerald Brittle. Traduction et adaptation de l’auteur.

L’enquête de la Society for Psychical Research, de la commode du 31 août 1977 à la Voix qui parlait par la bouche de Janet, est racontée dans mon livre Ouija : Un Portail vers l’Enfer.

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