Les Fantômes du Vol 401

En 1972, le vol 401 s'écrasa dans les Everglades. Deux ans plus tard, ses pilotes hantaient encore les avions de la Eastern Airlines. Un dossier et des témoignages glaçants.

Bandeau echos de l'ombre

La chute dans les Everglades

Le 29 décembre 1972, le vol 401 de la Eastern Airlines décolla de l’aéroport John F. Kennedy, à New York. L’avion, un L-1011, avait été livré à la compagnie aérienne le 18 août de la même année. Pratiquement neuf, il totalisait à peine 986 heures de vol et 502 cycles. Il transportait cent soixante-trois passagers et était sous le commandement du capitaine Robert Albin Loft, un pilote de cinquante-cinq ans qui avait accumulé de nombreuses heures de vol au cours de sa longue carrière. Quelques heures plus tard, à 23 h 32, l’avion commença son approche de l’aéroport international de Miami, où il devait atterrir. Après avoir réduit la vitesse de l’appareil, le copilote, le premier officier Albert Jon Stockstill, âgé de trente-neuf ans, remarqua que l’indicateur du train d’atterrissage — une lumière verte qui devait signaler que celui-ci était bien descendu et verrouillé — ne s’allumait pas. Le commandant, qui était à la radio, avertit alors la tour qu’ils interrompaient leur approche et demanda à entrer dans un circuit d’attente le temps que le problème soit résolu. Le contrôleur autorisa l’avion à monter à 2 000 pieds et à voler vers l’ouest, au-dessus des Everglades.

Pendant que l’ingénieur de vol, Donald Louis Repo, cinquante et un ans, descendait dans la soute électronique afin de vérifier par le hublot que le train d’atterrissage était bien sorti, le premier officier Stockstill vérifia l’ampoule de l’indicateur, que le capitaine Loft pensait défectueuse. Un technicien de la compagnie, Angelo Donadeo, quarante-sept ans, se trouvait lui aussi à bord ce soir-là, assis sur le strapontin du cockpit en tant que passager non payant. Il suivit l’ingénieur de vol pour l’assister dans la vérification.

Cinquante secondes plus tard, ayant atteint l’altitude assignée, le commandant demanda à son premier officier de mettre l’avion sur le pilote automatique. Pendant les quatre-vingts secondes suivantes, l’appareil maintint son altitude, puis il perdit 100 pieds, continua à voler normalement pendant deux minutes et commença à descendre lentement, si bien que personne ne s’en aperçut. Deux minutes plus tard, l’avion avait encore perdu 250 pieds. Il volait à la moitié de son altitude assignée, mais pas encore assez bas pour que l’alarme se déclenche.

Alors que le premier officier Stockstill faisait virer l’appareil de 180 degrés, il s’aperçut soudain que quelque chose n’allait pas.

Albert Stockstill : « Nous avons fait quelque chose à l’altitude. »

Robert Loft : « Quoi ? »

Albert Stockstill : « Nous sommes toujours à 2 000 pieds, non ? »

Robert Loft : « Hé, qu’est-ce qui se passe ici ? »

Moins de dix secondes plus tard, le vol 401 s’écrasait dans les marécages des Everglades. Le bout de l’aile gauche toucha le sol en premier, puis le moteur gauche, suivi du train principal gauche, chacun laissant une traînée de un mètre cinquante de large sur plus de trente mètres. Lorsque le fuselage toucha le sol à son tour, l’avion continua de glisser en se désintégrant en plusieurs morceaux. Ron Infantino, passager sur le vol 401, rapporta son expérience en ces termes :

« Tout à coup, il y a eu une secousse, puis le silence, le bruit du métal qui se déchire, et de l’eau. J’étais coincé dans la boue jusqu’à la poitrine, dans le noir absolu, entouré par le bruit des réacteurs qui s’éteignaient et les cris des gens dans le marais. »

Robert Marquis et Ray Dickinson pratiquaient la chasse à la grenouille lorsqu’ils assistèrent à l’accident.

« J’ai vu une lueur dans le ciel, puis une explosion au loin dans les marais », expliqua Robert Marquis par la suite. « J’ai foncé avec mon hydroglisseur. Ce que j’ai vu en arrivant était une vision d’enfer : des débris partout, des gens ensanglantés qui hurlaient dans la boue. Le kérosène me brûlait les yeux et la peau, mais il fallait les sortir de là. »

Ils se précipitèrent immédiatement pour porter secours aux survivants.

« Dans le noir complet du marais », expliqua l’hôtesse de l’air Beverly Raposa, « pour garder le moral des survivants et aider les secours à nous localiser, nous nous sommes mis à chanter ensemble des chants de Noël. »

Durant toute la nuit et une partie de la journée du lendemain, Robert Marquis transporta les blessés sur son hydroglisseur, les extrayant de la carlingue pour les conduire vers des endroits plus sûrs, où les attendaient les hélicoptères qu’il avait guidés dans la nuit noire grâce à sa lampe frontale de chasseur de grenouilles. Comme le carburant se déversait des réservoirs éventrés, il fut victime de nombreuses brûlures au visage, aux bras et aux jambes, et reçut une médaille pour son grand courage. Il mourut en 2008 des suites d’une chute, et ses cendres furent dispersées sur le site du crash.

Le capitaine Robert Loft, le premier officier Albert Stockstill et le second officier Donald Repo succombèrent au moment de l’accident ou dans les heures suivantes. Angelo Donadeo, quant à lui, survécut à ses blessures. Il était le seul rescapé du poste de pilotage. Les marécages avaient absorbé une grande partie du choc, ce qui en avait amorti l’impact sur l’appareil. Sur les cent soixante-seize personnes que transportait le vol 401, soixante-quinze survécurent, la plupart des victimes étant des voyageurs qui se trouvaient dans la partie médiane de l’avion. Cependant, les organismes présents dans le marais pouvant provoquer des infections, le sauvetage des blessés s’avéra délicat. La majorité d’entre eux présentaient des fractures et des brûlures à divers degrés, mais huit étaient atteints de gangrène gazeuse, que les médecins durent traiter à l’aide de caissons hyperbares.

Lors de l’enquête qui s’ensuivit, de petits défauts de conception des voyants lumineux furent détectés, que la compagnie corrigea rapidement. Elle révéla également que quelqu’un avait heurté la barre de direction par inadvertance, désactivant ainsi le pilote automatique sans le vouloir, et les experts conclurent à une erreur de pilotage.

« L’incapacité de l’équipage à surveiller les instruments pendant les quatre dernières minutes de vol et à détecter une descente assez tôt pour éviter l’impact avec le sol. »

À la suite de l’accident du vol 401, de nombreuses compagnies aériennes formèrent leurs pilotes à la gestion des ressources de l’équipage, aménageant les postes de pilotage de façon à réduire autant que possible les distractions en cas de problème.

Ils n’ont jamais abandonné leur poste

Hantise vol

Quelques mois plus tard, des rumeurs commencèrent à se répandre que le capitaine Robert Loft et l’ingénieur de vol Don Repo, qui avaient péri lors de l’accident du vol 401, hantaient certains des avions de la Eastern Airlines. Des rapports furent alors établis, relatant des faits rapportés par des pilotes, des hôtesses, des ingénieurs de vol et des passagers. Bientôt, ces témoignages devinrent si nombreux qu’il ne fut plus possible de les ignorer.

Un matin de l’année 1973, le Tri-Star 318, un avion de la Eastern Airlines en partance pour Miami, se préparait à décoller de l’aéroport John F. Kennedy avec, à son bord, l’un des vice-présidents de la compagnie. Bien évidemment, en tant que dirigeant, il avait été autorisé à monter dans l’avion avant les autres passagers. Il se dirigeait vers son siège en première classe lorsqu’il remarqua qu’un capitaine de la compagnie en uniforme se trouvait déjà assis là. Intrigué, il s’avança vers lui, mais alors qu’il approchait, il reconnut soudain le capitaine Loft. Au même moment, le fantôme se dissipa sous ses yeux. Troublé, le vice-président quitta la cabine et, apercevant une hôtesse, lui relata son étrange expérience, insistant sur le fait que cette apparition était probablement un mauvais présage et que l’avion risquait d’avoir un problème. Les membres de l’équipage fouillèrent alors l’appareil, mais ils ne découvrirent ni capitaine, ni qui que ce soit d’autre.

Quelques mois plus tard, sur le même aéroport et le même appareil, un commandant de bord et deux membres d’équipage venaient de monter à bord lorsqu’ils découvrirent, à leur grande surprise, qu’un pilote se trouvait déjà dans l’avion. Ils discutèrent un moment avec lui, sans réaliser qu’il s’agissait du capitaine Loft, puis brusquement, l’homme se dématérialisa. Ils réalisèrent alors qu’ils venaient de converser avec un fantôme. L’équipage fut tellement bouleversé que le vol dut être annulé.

Avant chaque vol, une vérification de l’appareil était effectuée. Ce jour-là, l’ingénieur de vol fut surpris de constater qu’un officier était déjà assis à son poste. En s’approchant de lui, l’homme reconnut immédiatement Don Repo, qui lui dit alors :

« Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour la pré-vol, je l’ai déjà faite. »

Puis, brusquement, il se volatilisa.

Quelques semaines plus tard, un pilote vérifiait ses instruments avant un vol Miami-Atlanta quand, soudain, juste en face de lui, apparut Don Repo, qui lui déclara distinctement :

« Il n’y aura jamais d’autre accident sur un L-1011. Nous ne laisserons pas cela se produire. »

Lors d’un vol à bord du Tri-Star 318 reliant Atlanta à Miami, les membres d’équipage du cockpit prenaient leur repas lorsqu’un coup retentit soudain dans la salle électronique, située sous le cockpit. Depuis quelque temps, des rumeurs de hantise circulaient parmi le personnel et personne n’avait réellement envie d’aller voir. Cependant, comme les coups devenaient insistants, l’ingénieur de vol ouvrit la trappe. Debout dans la salle se trouvait Don Repo, qui regardait fixement l’endroit où il se trouvait au moment de sa mort.

Le 18 mars 1974, deux cent trois passagers voyageaient à bord du Tri-Star 318, qui les transportait de New York à Mexico. Fay Merryweather, qui travaillait comme hôtesse, se trouvait dans la cuisine de la galerie inférieure lorsqu’elle aperçut un visage qui la regardait depuis l’intérieur du four. Elle poussa un grand cri et, sortant précipitamment de la cuisine, s’empressa de prévenir l’ingénieur de vol et le pilote, qui la suivirent jusqu’à l’office. Lorsqu’il aperçut le visage, l’ingénieur de vol reconnut immédiatement Don Repo, qui était l’un de ses amis. À ce moment-là, l’apparition leur déclara :

« Méfiez-vous du feu sur cet avion. »

Curieusement, en cours de route, l’appareil connut de sérieux problèmes. L’un de ses moteurs prit feu, ce qui l’obligea à effectuer un atterrissage d’urgence sur l’aéroport le plus proche.

En 1974, alors qu’il se trouvait en vol, le capitaine du Tri-Star 318 aperçut Don Repo assis sur le strapontin.

« Il était assis là, clair comme le jour. »

Le pilote, qui avait du mal à croire ce qu’il venait de voir, se retourna quelques secondes, mais lorsqu’il regarda de nouveau, le fantôme avait disparu.

Le 22 mai, lors d’un vol entre Newark et Miami, une hôtesse comptait les passagers de la cabine de première classe lorsqu’elle remarqua un pilote de la Eastern Airlines qui ne figurait pas sur la liste des passagers. Intriguée, elle tenta de lui parler, mais comme il refusait de lui répondre, elle décida d’en référer à l’ingénieur de vol. Celui-ci s’adressa alors au pilote, sans plus de succès. Remarquant que les passagers commençaient à devenir nerveux, ils décidèrent d’appeler le commandant de bord. Ce dernier sortit alors du cockpit, mais en apercevant le silencieux pilote, il s’écria soudain :

« Oh mon Dieu, c’est Bob Loft ! »

À ce moment-là, le capitaine Loft se dématérialisa devant les douze personnes qui assistaient à la scène.

Une autre fois, une hôtesse ouvrit un compartiment à bagages situé au-dessus des sièges et y découvrit le visage du capitaine Loft, qui la regardait fixement depuis l’intérieur, avant de disparaître.

De nombreuses histoires tournaient autour de la cuisine du Tri-Star 318, qui était le théâtre de nombreux phénomènes. Tout le monde l’ignorait alors, mais cet appareil, immatriculé N318EA, qui avait reçu de nombreuses pièces pièces récupérées sur l’épave du vol 401. Les agents de bord la trouvaient étrangement froide ; certains avaient le sentiment d’y sentir une présence et d’autres y voyaient parfois la silhouette vaporeuse d’un homme. À une occasion, une hôtesse aperçut un ingénieur de vol qui semblait absorbé dans la contemplation du four micro-ondes. Elle continua son service sans plus y penser. Un peu plus tard, croisant le véritable ingénieur de vol, elle se souvint du four et lui demanda ce qui n’allait pas avec l’appareil. Bien évidemment, il se retrouva incapable de répondre à sa question. Le 13 septembre, une hôtesse vit un nuage se former à l’intérieur de la cuisine, et le visage de Don Repo se dessiner sur la vitre du four.

Si les membres du personnel voyaient des fantômes, ils n’étaient pas les seuls. À une occasion, des traiteurs de la Marriott Food Service préparaient le Tri-Star 318 pour son prochain vol lorsqu’ils se précipitèrent hors de l’appareil. Ils refusèrent d’y retourner, expliquant qu’ils avaient vu un ingénieur de vol dans la cuisine, qui s’était brusquement évaporé. Ce vol fut retardé de plus d’une heure.

Un jour, une femme était assise près d’un pilote de la Eastern Airlines particulièrement pâle, qui ne répondait à aucune de ses questions. Se demandant s’il n’était pas malade, la femme appela une hôtesse, mais soudain, l’homme disparut et elle se mit à hurler. Un rapport complet fut rédigé à propos de cet incident, car elle devint si hystérique que les membres du personnel mirent un long moment pour la calmer. Peu après, des photographies de différents employés de la compagnie lui furent présentées, et elle identifia formellement Don Repo comme l’homme en uniforme qui était assis près d’elle.

Un passager, qui voyageait également à bord du Tri-Star 318, appela une hôtesse pour signaler qu’il avait vu un nuage d’une forme étrange planer au-dessus d’une aile. Lorsque tout était calme, le nuage flottait légèrement au-dessus de celle-ci, mais dès que l’appareil rencontrait des turbulences, il se posait sur l’aile et, immédiatement, l’avion retrouvait sa stabilité. L’hôtesse et l’ingénieur de vol, qui observèrent le nuage, confirmèrent le phénomène.

Certains des mécaniciens évitaient de travailler sur le Tri-Star 318. Ceux qui avaient été témoins d’une manifestation ne voulaient même plus l’approcher, mais la plupart des membres du personnel n’avaient pas peur des esprits. Le fantôme du commandant était souvent vu dans les cabines de première classe ou dans celle de l’équipage, tandis que celui de l’ingénieur de vol se manifestait fréquemment lors de vols rencontrant des problèmes de sécurité. Les employés de la Eastern Airlines pensaient que Don Repo surveillait les appareils en difficulté parce qu’il se sentait coupable de ne pas avoir sauvé le vol 401.

Le silence d’une compagnie, la foi d’un exorciste

Un jour, armé d’une Bible et d’eau bénite, Dick Manning, qui travaillait comme copilote, descendit dans l’office du Tri-Star 318, espérant apporter la paix aux esprits tourmentés. Il rapporta par la suite :

« Au moment où je suis arrivé là-bas, des lumières ont commencé à jaillir à l’intérieur et à l’extérieur. J’ai sanctifié la cuisine avec une tasse d’eau bénite, qui était le symbole du sang du Christ, j’en ai répandu tout autour encore et encore. Comme je le faisais, soudain, un vent s’est mis à souffler dans toute la pièce. C’était un vent d’environ 50 km/h. »

À ce moment-là, la silhouette scintillante de Don Repo se matérialisa dans la cuisine, et l’exorciste lui dit :

« Ne sais-tu pas que tu es mort ? Tu es mort. Tu as perdu la vie. Ton esprit est resté ici, mais tu n’es pas à ta juste place, celle où tu devrais être. »

Alors, brusquement, l’apparition se dissipa. Dick Manning espérait avoir mis fin au phénomène, mais après un moment de répit, les mêmes histoires recommencèrent.

Lorsque les premiers témoignages lui parvinrent, la Eastern Airlines refusa d’en entendre parler. Elle suggéra aux employés concernés de recevoir des soins psychiatriques en proposant gracieusement de prendre tous les frais à sa charge. Puis, comme les histoires continuaient à se répandre, elle les menaça de licenciement s’ils étaient surpris en train de discuter des apparitions. Les rapports devinrent bientôt si nombreux qu’elle ne put plus les ignorer. Elle finit par soumettre le problème à la Flight Safety Foundation, un organisme indépendant dont le seul but est de fournir une expertise impartiale et indépendante sur les problèmes de sécurité dans l’industrie de l’aviation et de l’aérospatiale.

Sa conclusion fut la suivante :

« Les témoignages ont été donnés par des pilotes et des membres du personnel expérimentés et dignes de confiance. Nous les considérons comme significatifs. L’apparition de l’ingénieur de vol décédé (Donald Repo) a été confirmée par un ingénieur de vol. »

John Fuller, un écrivain marié à Elizabeth, une hôtesse de la Eastern Airlines, finit par s’intéresser aux rumeurs que lui rapportait régulièrement sa femme.

« Je n’ai pas abordé ce sujet en croyant aux fantômes. Je l’ai abordé en tant que journaliste d’investigation. Ce qui m’a convaincu, ce n’est pas une histoire, c’est la concordance parfaite de dizaines de témoignages de professionnels de l’aviation, des gens rationnels, des pilotes, des hôtesses, qui risquaient leur carrière en parlant. »

Au cours de son enquête, il découvrit que certains éléments du vol 401 avaient résisté au crash, notamment les deux cuisines de bord qui étaient restées presque intactes malgré la violence de l’impact, et que la compagnie, par souci d’économie, les avait récupérés et fait réinstaller sur certains de ses appareils. Parmi ces éléments se trouvait notamment le fameux four qui se trouvait dans la cuisine du Tri-Star 318, l’avion le plus affecté par les manifestations.

Peu de temps après, la Eastern Airlines loua certains de ses appareils à la TWA, ce qui était une pratique courante à l’époque, et de nouvelles observations furent rapidement rapportées. Alors qu’elle se trouvait dans l’un de ces avions, à Phoenix, une femme se mit à hurler, expliquant qu’un homme s’était matérialisé dans le siège à côté du sien avant de disparaître brusquement. Troublée par ces témoignages, la compagnie aérienne révisa son jugement. Elle fit discrètement retirer de ces appareils tout le matériel provenant du tristement célèbre vol 401, et les manifestations cessèrent brusquement.

Si beaucoup pensaient que ces objets étaient responsables de la hantise, l’explication fut néanmoins réfutée par certains, qui affirmèrent qu’aucun élément du vol 401 n’avait été installé sur les avions de la Eastern Airlines ou d’une autre compagnie. D’après Frank Borman, ancien PDG de la compagnie et astronaute de NASA :

« Ces histoires de fantômes sont des conneries absolues et une insulte à la mémoire des hommes qui ont perdu la vie. Aucune pièce du vol 401 n’a jamais été réutilisée sur d’autres appareils L-1011. C’est une légende urbaine montée de toutes pièces. »

Deux ans plus tard, John Fuller reprit l’histoire dans un livre, The Ghost of Flight 401, qui devint un best-seller. Craignant probablement que ces histoires de fantômes ne nuisent à l’image de la compagnie, Frank Borman, le directeur général de la Eastern Airlines, refusa toujours d’en entendre parler et, lorsqu’il apprit qu’un film allait sortir, il promit de poursuivre ses producteurs pour diffamation. Ignorant ces menaces, Steven Stern réalisa en 1978 un téléfilm adapté du livre de John Fuller, Le Fantôme du Vol 401 (The Ghost of Flight 401), qui reprenait l’ensemble de l’enquête. La même année, un autre téléfilm, moins célèbre, retraça l’histoire du crash lui-même : L’Accident du Vol 401 (Crash of Flight 401), réalisé par Barry Shear.

De nos jours encore, la Eastern Airlines soutient qu’aucun de ses appareils n’a jamais connu de phénomène de hantise.

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