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L’Exorcisme d’Emily Rose : la vraie histoire d’Anneliese Michel
L'Exorcisme d'Emily Rose s'inspire d'Anneliese Michel, morte en 1976 en Bavière après des mois d'exorcismes. L'histoire vraie, de Klingenberg au tribunal.

Sorti en 2005, L’Exorcisme d’Emily Rose est un film d’horreur judiciaire américain réalisé par Scott Derrickson. Il suit l’avocate Erin Bruner, chargée de défendre le père Moore, accusé d’homicide par négligence après la mort d’une jeune étudiante, Emily Rose, qu’il avait soumise à un exorcisme. Le film alterne les scènes de procès et les flashbacks de la possession, laissant le spectateur trancher entre la thèse médicale et la thèse surnaturelle.
Derrière la fiction, il y a une histoire vraie : celle d’Anneliese Michel, jeune Allemande morte à vingt-trois ans en Bavière, en 1976, après des mois d’exorcismes. Comme Emily Rose, son histoire s’est terminée devant un tribunal.
La Véritable Histoire

« Le pire dans tout ça, ce n’est pas ce qui a été écrit à propos de ce cas, mais que malgré tout, personne ne croit au démon. » Anna Michel.
Élevée à Klingenberg, en Bavière, dans la ferveur catholique d’un foyer marqué par le poids du dogme et le souvenir d’un deuil familial, la jeune Anneliese Michel grandit entre la dévotion de sa mère et des aspirations d’adolescente ordinaire. Douée pour les arts et la musique, elle se destinait à l’enseignement ou au catéchisme. Mais en 1968, son quotidien bascula brutalement : malaises, pertes de connaissance et paralysies nocturnes, accompagnés d’angoisses extrêmes, vinrent troubler son existence.
Malgré des consultations neurologiques répétées et des séjours prolongés à l’hôpital, les examens de son activité cérébrale ne révélèrent aucune anomalie évidente, même si des traitements anticonvulsivants et antiépileptiques lui furent prescrits. Au fil du temps, son état psychologique s’assombrit. La jeune fille se renferma sur elle-même, en proie à des visions de visages démoniaques, à des voix, à des bruits inexpliqués et à une aversion croissante envers les objets et symboles religieux. Elle parlait de péché, d’Enfer, de damnation.
Persuadée d’être possédée, Anneliese voyait dans sa souffrance une pénitence offerte pour le salut des âmes. Sa famille, profondément croyante, reconnut peu à peu dans ces phénomènes les signes d’une possession. Face à l’impasse des soins médicaux et à l’aggravation de ses crises de violence, d’automutilation et de refus de s’alimenter, ses proches se tournèrent vers des prêtres. En septembre 1975, l’évêque de Würzburg autorisa un grand exorcisme, confié au père Arnold Renz avec l’appui du père Ernst Alt.
Pendant neuf mois, les séances se succédèrent, enregistrées sur bande. Anneliese se montrait parfois violente, s’exprimait avec des voix différentes et manifestait une aversion violente envers les objets sacrés. Ces voix se présentaient sous des noms multiples : Judas, Lucifer, Néron, Caïn, Hitler, Valentin Fleischmann. Malgré quelques périodes de soulagement, son état se dégrada. Affaiblie par le jeûne, les privations et les mortifications, elle ne pesait plus qu’une trentaine de kilos. Le 1er juillet 1976, à vingt-trois ans, elle mourut chez ses parents. L’autopsie conclut à la mort par inanition et épuisement.
Le scandale éclata en Allemagne. Lors d’un procès retentissant, qui s’ouvrit le 30 mars 1978 et divisa l’opinion publique comme la communauté religieuse, deux récits s’affrontèrent : la famille et les prêtres soutenaient qu’Anneliese était réellement possédée, tandis que médecins et psychiatres parlaient d’épilepsie et de psychose, nourries par les convictions de son entourage. La justice écarta la possession : ses parents et les deux exorcistes furent condamnés pour négligence à six mois de prison avec sursis et trois ans de probation. L’affaire laissa derrière elle un débat toujours ouvert entre interprétation psychiatrique et lecture mystique de la possession.
L’histoire détaillée d’Anneliese Michel, ce que le cinéma en a gardé, ce qu’il a changé, et ce qui s’est passé sur le tournage est raconté dans Les Films d’Horreur : Quand la Réalité Dépasse la Fiction.
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