Les Fantômes du Vol 401

Affiche du film Vol 401

Le Fantôme du Vol 401 (The Ghost of Flight 401) est un téléfilm américain réalisé par Steven Stern. Inspiré du livre de John Fuller, il relate les étranges manifestations paranormales dont furent affectés certains appareils de la Eastern Airlines suite à l’accident de l’un de ses avions.

L’Histoire du Vol 401

Robert Loft, Albert Stockstill et Donald Repo

Robert Loft, Albert Stockstill et Donald Repo

 

Le 29 décembre 1972, le vol 401 de la Eastern AirLines décolla de l’aéroport John F. Kennedy, à New York. L’avion, un L1011, avait été livré à la compagnie aérienne le 18 août de la même année, il transportait 163 passagers et il était sous le commandement du capitaine Robert Albin Loft, un pilote de 55 ans qui avait accumulé de nombreuses heures de vol au cours de sa longue carrière. Quelques heures plus tard, à 23h32, l’avion commença à amorcer son approche de l’aéroport international de Miami, où il devait atterrir, mais après avoir réduit la vitesse de l’appareil le copilote, le premier officier Albert Jon Stockstill, âgé de 39 ans, remarqua que l’indicateur du train d’atterrissage, une lumière verte qui devait signaler qu’il était bien descendu et verrouillé, ne s’allumait pas.

Le commandant, qui était à la radio, avertit alors la tour qu’ils cessaient leurs manœuvres d’approche et il demanda à rentrer dans un circuit d’attente le temps que le problème soit résolu. Le contrôleur autorisa l’avion à monter à 2000 pieds et à voler vers l’ouest, au-dessus des Everglades. Pendant que l’ingénieur de vol, Donald Louis Repo, 51 ans, descendait dans la salle de l’électronique pour vérifier par le hublot que le train d’atterrissage était bien sorti, l’officier Stockstill vérifia l’ampoule de l’indicateur, que le capitaine Loft pensait défectueuse. Cinquante secondes plus tard, ayant atteint l’altitude assignée, le commandant demanda à son premier officier de mettre l’avion sur le pilote automatique. Pendant les quatre-vingt secondes suivantes, l’appareil maintint son altitude, puis il chuta de 100 pieds, continua à voler normalement pendant deux minutes et commença à descendre lentement, de telle sorte que personne ne s’en aperçut. Deux minutes plus tard, l’avion était encore perdu 250 pieds, il volait à la moitié de son altitude mais il n’était pas assez bas pour que l’alarme se déclenche. A ce moment-là, comme l’officier Stockill faisait tourner l’appareil à 180 degrés, soudain il s’aperçut que quelque chose n’allait pas:

Albert Stockstill:  » Nous avons fait quelque chose à l’altitude.  »
Robert Loft:  » Quoi?  »
Albert Stockstill:  » Nous sommes toujours à 2000 pieds, non?  »
Robert Loft:  » Hey, qu’est-ce qui se passe ici!  »

Moins de 10 secondes plus tard, le vol 401 s’écrasait dans les marécages des Everglades. Le bout d’aile gauche toucha le sol en premier, puis le moteur gauche, suivi du train principal gauche, chacun laissant une traînée dans le sol de 1,5 mètre de large sur plus de 30 mètres. Lorsque le fuselage toucha le sol à son tour, l’avion continua à glisser, se désintégrant en plusieurs morceaux. Robert Marquis et Ray Dickinsin pratiquaient la chasse à la grenouille quand ils assistèrent à l’accident et immédiatement ils se précipitèrent pour porter secours aux survivants. Durant toute la nuit et une partie de la journée du lendemain, Robert Marquis transporta les blessés sur son hydroglisseur, les sortant de la carlingue et les amenant vers des endroits plus surs, où les attendaient les hélicoptères. Comme le carburant se déversait des réservoirs éventrés il fut victime de nombreuses brulures, au visage, au bras et aux jambes, et reçut une médaille pour son grand courage. Il mourut en 2008, des suites d’une chute, et ses cendres furent réparties sur le site du crash.

L'Endroit du Crash

Le capitaine Robert Loft, le premier officier Albert Stockstill et le second officier Donald Repo succombèrent au moment de l’accident ou dans les heures qui suivirent. Les marécages avaient absorbé une grande partie du choc, ce qui avait amortit son impact sur l’appareil, et sur les 176 personnes que transportait le vol 401, 75 survécurent, la plupart des victimes étant des voyageurs qui se trouvaient dans la partie médiane de l’avion. Cependant, les organismes présents dans le marais pouvant causer des infections, leur sauvetage s’avéra délicat. Les blessés présentaient des fractures et des brûlures à divers degrés, mais huit des passagers furent infectés par la gangrène gazeuse, que les médecins durent soigner en utilisant des caissons hyperbares.

Lors de l’enquête qui s’en suivit, de petits défauts dans la conception des voyants lumineux furent détectés, que la compagnie corrigea rapidement. Elle révéla également que quelqu’un avait cogné la barre de direction par inadvertance, désactivant le pilote automatique sans le vouloir, et les experts en conclurent à une erreur de pilotage:  » L’incapacité de l’équipage à surveiller les instruments pendant les quatre dernières minutes de vol et à détecter une descente assez tôt pour éviter l’impact avec le sol.  » Suite à l’accident du vol 401, de nombreuses compagnies aériennes formèrent leurs pilotes à la gestion des ressources, aménageant les postes de pilotage de façon à ce qu’ils soient le moins distrait possible en cas de problème.

La Hantise

Tri-Star de la Eastern Airlines

Quelques mois plus tard, des rumeurs commencèrent à se répandre que le capitaine Robert Loft et l’ingénieur de vol Don Repo, qui avaient péri lors de l’accident du vol 401, hantaient certains des avions de la Eastern Airlines. Puis des rapports furent établis, qui relataient les faits, rapportés par des pilotes, des hôtesses, des ingénieurs de vol et des passagers, et bientôt ces témoignages devinrent si nombreux qu’il ne fut plus possible de les ignorer.

Un matin de l’année 1973, le Tri-Star 318, un avion de la Eastern AirLines en partance pour Miami se préparait à décoller de l’aéroport John F. Kennedy avec à son bord l’un des vice-présidents de la compagnie. Bien évidemment, en tant que dirigeant, il avait été autorisé à monter dans l’avion avant les autres passagers. L’homme se dirigeait vers son siège dans la cabine de première classe quand il remarqua qu’un capitaine de la compagnie en uniforme se trouvait déjà assis là. Intrigué, il s’avança vers lui mais alors qu’il s’approchait, soudain il reconnut le capitaine Loft et à ce moment-là, il se volatilisa sous ses yeux. Troublé, le vice-président ressortit de la cabine et avisant une hôtesse, il lui relata son étrange expérience, insistant sur le fait que cette apparition était probablement un mauvais présage et que l’avion risquait d’avoir un problème. Les membres du l’équipage fouillèrent alors l’appareil, mais ils ne découvrirent ni capitaine, ni qui que ce soit.

Quelques mois plus tard, sur le même aéroport et le même appareil, un commandant de bord et deux membres d’équipage venaient de monter à bord quand ils découvrirent à leur grande surprise qu’un pilote se trouvait déjà dans l’avion. Ils discutèrent un moment avec lui, sans réaliser qu’il était le capitaine Loft, puis brusquement, l’homme se dématérialisa et ils comprirent qui venaient de discuter avec un fantôme. L’équipage en fut tellement secoué que le vol du être annulé.

Avant chaque vol, une vérification de l’appareil était effectuée. Ce jour-là, l’ingénieur de vol fut surpris de constater qu’un officier était déjà assis dans son siège. S’approchant de lui, l’homme reconnut immédiatement Don Repo, qui lui dit alors:  » Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter pour la pré-vol, je l’ai déjà faite « . Puis brusquement, il se volatilisa. Quelques semaines plus tard, un pilote vérifiait ses instruments avant un vol Miami-Atlanta quand soudain, juste en face de lui, apparut Don Repo, qui lui déclara distinctement:  » Il n’y aura jamais d’autre accident sur un L1011. Nous ne laisserons pas cela se produire.  »

Lors d’un vol à bord du Tri-Star 318 qui reliait Atlanta à Miami, les membres d’équipage du cockpit prenaient leur repas quand soudain un coup retentit dans la salle de l’électronique, qui se trouvait sous le cockpit. Depuis quelques temps, des rumeurs de fantômes circulaient parmi le personnel et personne n’avait vraiment envie d’aller voir mais comme les coups se faisaient insistants, l’ingénieur de vol ouvrit la trappe. Debout dans la salle, se trouvait Don Repo, qui regardait fixement l’endroit où il se tenait au moment de sa mort.

Le 18 mars 1974, 203 passagers voyageaient à bord du Tri-Star 318, qui les transportaient de New York à Mexico. Fay Merryweather, qui travaillait comme hôtesse, se trouvait dans la cuisine de la galerie inférieure quand soudain elle aperçut un visage qui la regardait depuis l’intérieur du four. La jeune femme poussa un cri et sortant de la cuisine, elle s’empressa de prévenir l’ingénieur de vol et le pilote, qui la suivirent jusqu’à l’office. Quand il aperçut le visage, l’ingénieur de vol reconnut immédiatement Don Repo, qui était l’un de ses amis. A ce moment-là, l’apparition leur déclara:  » Méfiez-vous du feu sur cet avion.  » Curieusement, en cours de route, l’appareil connut de sérieux problèmes, l’un de ses moteurs prit feu, ce qui l’obligea à atterrir en urgence sur l’aéroport le plus proche.

En 1974, alors qu’il se trouvait en vol, le capitaine du Tri-Star 318 aperçut Don Repo assis sur le strapontin.  » Il était assis là, clair comme le jour.  » Le pilote, qui avait du mal à croire en ce qu’il venait de voir, se retourna quelques secondes mais quand il regarda à nouveau, l’apparition avait disparu. Le 22 mai, lors d’un vol entre Newark et Miami, une hôtesse comptait les passagers de la cabine de première classe quand elle remarqua qu’il y en avait un de trop, un pilote de la Eastern Airlines qui ne figurait pas sur la liste. Intriguée, elle tenta de lui parler mais comme il refusait de lui répondre, elle décida d’en référer à l’ingénieur de vol. L’ingénieur s’adressa alors au pilote, sans plus de succès, et remarquant que les passagers commençaient à devenir nerveux, ils décidèrent d’appeler le commandant de bord. Ce dernier sortit alors du cockpit mais apercevant le silencieux pilote soudain il s’écria  » Oh mon Dieu, c’est Bob Loft!  » A moment-là, le capitaine Loft se dématérialisa devant les 12 personnes qui assistaient à la scène.

De nombreuses histoires tournaient autour de la cuisine du Tri-Star 318, qui était le théâtre de bien des phénomènes. Les agents de bord la trouvaient étrangement froide, certains avaient le sentiment d’y sentir une présence et d’autres y voyaient parfois la silhouette vaporeuse d’un homme. A une occasion, une hôtesse aperçut un ingénieur de vol qui semblait absorbé dans la contemplation du four micro-ondes. La jeune femme continua son service sans plus y penser mais y peu plus tard, quand elle croisa l’ingénieur de vol, elle se souvint du four et elle lui demanda ce qui n’allait pas avec l’appareil. Étrangement, il ne comprit pas de quoi elle lui parlait. Le 13 septembre, une hôtesse vit un nuage se former à l’intérieur de la cuisine, et le visage de Dan Repo apparut sur la glace du four.

Si les membres du personnel voyaient des fantômes, ils n’étaient pas les seuls. A une occasion, des traiteurs de la Mariott Food Service préparaient le Tri-Star 318 pour son prochain vol quand soudain, ils se précipitèrent hors de l’appareil et refusèrent d’y retourner, expliquant qu’ils avaient vu un ingénieur de vol dans la cuisine, qui s’était brusquement évaporé. Ce vol fut retardé de plus d’une heure. Un jour, une femme était assise près d’un pilote de la Eastern Ailines particulièrement pâle, qui ne répondait à aucune de ses questions. Se demandant s’il n’était pas malade, la femme appela une hôtesse mais soudain l’homme disparut et elle se mit à hurler. Un rapport complet fut écrit à propos de cet incident, car elle devint si hystérique qu’il fallut un long moment pour la calmer. Un peu plus tard, des photos de différents employés de la compagnie lui furent présentées, et elle identifia formellement Don Repo comme l’homme en uniforme qui était assis près d’elle.

Un passager, qui volait également sur le Tri-Star 318, appela une hôtesse pour signaler qu’il avait vu un nuage de forme étrange planer au-dessus d’une aile. Lorsque tout était calme, le nuage flottait légèrement au-dessus, mais dès que l’appareil se trouvait secoué de turbulences, alors le nuage se posait sur l’aile et immédiatement, l’avion retrouvait sa stabilité. L’hôtesse et l’ingénieur de vol qui observèrent le nuage purent confirmer l’étrange phénomène.

Certains des mécaniciens évitaient de travailler sur le Tri-Star 318, ceux qui avaient témoins d’une manifestation ne voulaient même plus l’approcher, mais la plupart des membres du personnel n’en avaient pas peur. Le fantôme du commandait était souvent vu dans les cabines de première classe ou dans celle de l’équipage, tandis que celui de l’ingénieur de vol se manifestait souvent sur les vols qui avaient des problèmes de sécurité. Les employés de la Eastern Airlines pensaient que Don Repo surveillait les appareils en difficulté parce qu’il se sentait coupable de ne pas avoir sauvé le vol 401.

Un jour, armé d’une Bible et d’eau bénite, Dick Manning, qui travaillait comme copilote, descendit à l’office du Tri-Star 318, espérant y apporter la paix. Il rapporta par la suite:  » Au moment où je suis arrivé là-bas, des lumières ont commencé à jaillir à l’intérieur et à l’extérieur. J’ai sanctifié la cuisine avec une tasse d’eau bénite, qui était le symbole du sang du Christ, j’en ai répandu tout autour encore et encore. Comme je le faisais, soudain un vent s’est mis à souffler sur toute la place. C’était un vent qui faisait dans les 50km/h. « A ce moment-là, la silhouette scintillante de Don Repo se matérialisa dans la cuisine, et l’exorciste lui dit:  » Ne sais-tu pas que tu es mort? Tu es mort. Tu as perdu la vie. Ton esprit est resté ici, mais tu n’es pas à ta juste place, celle où tu devrais être.  » Alors brusquement, l’apparition se dissipa. Dick Manning espérait avoir mis fin au phénomène, mais malheureusement ce ne fut pas le cas car peu de temps après, les mêmes histoires recommencèrent.

Quand les premiers témoignages lui étaient parvenus, la Eastern Airlines avait refusé d’en entendre parler et elle avait suggéré aux employés concernés de recevoir des soins psychiatriques, proposant gracieusement de les prendre à sa charge. Puis, comme les histoires continuaient à se répandre, alors elle mit en garde ses employés, les menaçant de licenciement s’ils étaient pris en train de discuter des apparitions. Mais bientôt les rapports devinrent si nombreux qu’elle ne put plus les ignorer. Elle finit par les confier à la Flight Safety Foundation, un organisme indépendant dont le seul but est de fournir une expertise impartiale et indépendante sur les problèmes de sécurité dans l’industrie de l’aviation et de l’aérospatial. Leur conclusion fut la suivante:  » Les témoignages ont été donnés par des pilotes et des membres du personnel expérimentés et dignes de confiance. Nous les considérons significatifs. L’apparence de l’ingénieur de vol décédé (Donald Repo) a été confirmée par un ingénieur de vol.  »

John Fuller, un écrivain qui était marié à Elizabeth, une hôtesse de la Eastern Airlines, s’intéressait au phénomène. Lors de son enquête, il découvrit que des éléments du vol 401 avaient résisté au crash et que la compagnie, par soucis d’économie, les avait récupérés et les avait fait réinstaller sur certains de ses appareils, parmi lesquels le fameux four qui se trouvait dans la cuisine du Tri-Star 318, qui était l’avion le plus affecté par les manifestations.

Peu de temps après, la Eastern Airlines loua quelques uns de ses appareils à la TWA, ce qui était une pratique courante, et de nouvelles observations furent rapidement rapportées. Alors qu’elle se trouvait dans l’un de ces avions, à Phoenix, une femme se mit à hurler, expliquant qu’un homme s’était matérialisé dans le siège à côté du sien puis qu’il avait brusquement disparu. Troublée par ces témoignages, la compagnie d’aviation révisa son jugement. Peu de temps après, elle fit discrètement enlever de ces appareils tout le matériel qui provenait du tristement célèbre vol 401 et les manifestations cessèrent brusquement. Si beaucoup pensaient que ces objets étaient responsables de la hantise, cette explication fut néanmoins réfutée par certains, qui affirmèrent qu’aucun élément du vol 401 n’avait été installé sur les avions de la Eastern Airlines ou d’une autre compagnie.

Deux ans plus tard, John Fuller reprit l’histoire dans un livre, The Gost of Flight 401, qui devint un bestseller. Craignant probablement que ces histoires de fantômes ne nuisent à leur compagnie, Frank Borman, le Directeur Général de la Eastern Ailines, refusait toujours d’en entendre parler et quand il apprit qu’un film allait sortir, il promit de poursuivre en diffamation ses producteurs. Ignorant les menaces, en 1978, Steven Stern réalisa un téléfilm d’après le livre de John Fuller, Le Fantôme du Vol 401 (The Ghost of Flight 401), qui reprenait toute l’enquête. La même année, un autre téléfilm, moins célèbre, retraça l’histoire du crash en lui-même, L’accident du Vol 401 (The Ghost of Flight 401), de Barry Shear. De nos jours encore, pour la Eastern Airlines, aucun de ses appareils n’a jamais connu de hantise.

Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés

  • A Découvrir Également: