Films d’Horreur : Quand la Réalité Dépasse la Fiction

Depuis quelques années, le cinéma d’horreur aime à se réclamer souvent du réel. « Basé sur une histoire vraie ». La mention apparaît en ouverture, sobre, presque solennelle, comme une caution. Dans ces quelques mots, toute une promesse : ce qui va suivre s’est réellement produit. Mais entre les événements et les images qui défilent sur l’écran, la distance est parfois considérable. Les faits sont resserrés, les personnages fusionnés, les chronologies réarrangées. Certains éléments disparaissent. D’autres sont inventés. La mention « basé sur une histoire vraie » finit ainsi par recouvrir des réalités très différentes, de la reconstitution fidèle à la libre interprétation.

L'affirmation n'est pas vraiment mensongère. Derrière ces films, des histoires existent. Des noms. Des dates. Des lieux. Des témoins. Des récits parfois contradictoires. Des expériences que certains affirment avoir vécues… et que d’autres contestent. Ce livre s’intéresse aux images, mais surtout à ce qui les a précédées. L’exorcisme de Roland Doe. Les enquêtes d’Ed et Lorraine Warren. La maison d’Amityville. Le poltergeist d’Enfield. Chaque dossier remonte à la source. Ce qui a été raconté, ce qui a été observé, ce qui demeure toujours sans réponse. Entre témoignages, enquêtes et zones d’ombre, ces affaires continuent de déranger, non pour ce qu’elles montrent, mais pour ce qu’elles laissent entrevoir. En 1973, pendant le tournage de L'Exorciste, un incendie s'est déclaré dans la maison où se déroulait le tournage. La quasi-totalité du décor a été détruite. Seule la chambre de Regan, la jeune possédée, a été épargnée. Personne n'a jamais expliqué pourquoi.

La réalité n’a pas besoin d’être embellie pour se révéler troublante…
… juste regardée de plus près.
Couverture du livre Films d'horreur : Quand la réalité dépasse la fiction.

Introduction

D’après une étude réalisée par des chercheurs du Recreational Fear Lab de l’université d’Aarhus, au Danemark, la plupart des gens aiment les films d’horreur. « S’amuser avec la peur est un outil extrêmement important pour apprendre », a déclaré Mathias Clasen, directeur de l’institut. « Nous apprenons quelque chose sur les dangers du monde. Nous apprenons quelque chose sur nos propres réponses : « Qu’est-ce que ça fait d’avoir peur ? Quel niveau de peur puis-je supporter ? » Même les bébés aiment être un peu effrayés. Les jeux classiques comme le cache-cache de notre enfance peuvent être considérés comme des simulations de prédateur contre proie. Je ne pense pas avoir encore rencontré une personne qui n’aimait pas une sorte de peur récréative. »

Maîtriser sa peur dans un environnement sécurisant peut se révéler non seulement amusant, mais également bénéfique psychologiquement. Pour en arriver à de telles conclusions, ils ont évalué les niveaux de stress, d’anxiété, d’irritabilité et la propension à faire des insomnies d’un échantillon de participants, et ils ont découvert que les amateurs de films d’horreur semblaient moins enclins à la négativité que les autres. Ils les ont classés dans trois catégories : les drogués à l’adrénaline, les amateurs de sensations fortes et les anxieux.

Les drogués à l’adrénaline voient leur humeur se modifier positivement quand ils regardent un film effrayant. Ils essaient de maximiser leur expérience en se concentrant activement ou en exprimant leurs émotions.

« Lorsque nous avons peur, notre système endocrinien libère de l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol pour aider à préparer notre corps à l’action physique. Nous savons que Michael Myers de la franchise de films Halloween n’est pas réel, mais notre cerveau réagit toujours comme s’il était une menace brandissant un couteau. Une étude d’imagerie cérébrale a révélé que regarder des films d’horreur active des régions cérébrales en réponse à la menace telles que l’amygdale, le cortex préfrontal et l’insula, comme si le danger était réel. Après ce rush, beaucoup de gens se sentent euphoriques. Une étude a examiné comment deux cent soixante-deux adultes se sentaient avant et après être entrés dans une maison extrêmement hantée. Cinquante pour cent des personnes ont déclaré qu’elles se sentaient mieux après la visite. Les enregistrements cérébraux avant et après ont montré que ceux dont l’humeur s’était améliorée avaient une réponse neuronale plus faible aux facteurs de stress ultérieurs, ce qui est associé à l’euphorie post-hantise.

Les amateurs de sensations fortes ne réagissent pas de la même manière car leurs motivations sont différentes. « Pour eux, ressentir de la peur pour s’amuser est davantage une question d’auto-apprentissage et d’auto-efficacité », a expliqué Coltan Scrivner, chercheur dans le même institut. « Ils sont capables de défier leurs peurs, de se mettre au défi de faire face à leurs peurs. Ils tentent d’appréhender l’expérience en essayant de trouver la situation drôle ou en réduisant leur exposition aux stimuli effrayants. Non pas parce qu’ils ne l’apprécient pas, mais parce qu’ils cherchent toujours à atteindre leur point de confort. »
Les anxieux essaient de lutter contre leurs angoisses en se concentrant sur une autre menace. « En identifiant ce qui leur fait ressentir de la peur », a-t-il expliqué, « ils peuvent avoir plus de contrôle sur leur état émotionnel. Au fil du temps, en jouant avec cette peur et cette anxiété, ils peuvent implicitement apprendre à réguler leurs émotions en les exprimant et les ressentant dans un endroit sûr. »

En conclusion, que vous apparteniez à telle ou telle catégorie, votre passion pour les films d’horreur vous aide à mieux réagir en cas de menace réelle. Vous connaissez les réactions de votre corps, vous savez maîtriser votre peur et appréhender le danger, que les enjeux soient faibles ou élevés.

Outre ses bénéfices sur la santé mentale, les films d’horreur permettraient de brûler des calories sans bouger de son canapé. En 2012, le Dr Richard MacKenzie de l’université de Westminster a demandé à dix volontaires âgés de dix-neuf à vingt-quatre ans de choisir un film d’épouvante qu’ils n’avaient jamais vu auparavant. Il a mesuré leurs dépenses énergétiques durant le visionnage, et il s’est aperçu que les calories brûlées étaient supérieures à celles d’un homme ou d’une femme regardant un divertissement quelconque à la télévision. Plus le stress était intense, plus le résultat était élevé. Ainsi, Shining a entraîné la dépense de 184 calories, Les Dents de la mer 161, L’Exorciste 158, Alien 152, Saw 133, Freddy, les griffes de la nuit 118, Paranormal Activity 111, Massacre à la tronçonneuse 107, Le Projet Blair Witch 105 et [REC] 101...

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