Le Poltergeist de Battersea

Le Poltergeist de Battersea

En 1956, Shirley Hitchings, quinze ans, habitait une maison victorienne des plus ordinaires au 63 Wycliffe Road, dans le quartier de Battersea, à Londres, avec son père Walter, un chauffeur de métro longiligne, sa mère Kitty, une ancienne employée de bureau qui se déplaçait en fauteuil roulant en raison d’une arthrite chronique, son frère adoptif John, un arpenteur d’une vingtaine d’années, et sa grand-mère Ethel, surnommée familièrement « la vieille mère Hitchings ».

Un matin du mois de janvier, Shirley découvrit une clef en argent gravé sur son oreiller. Intriguée, elle la montra à ses parents, qui l’examinèrent avec étonnement. À qui appartenait donc cette clef ? Son père l’essaya dans toutes serrures de la maison, en vain. Elle n’ouvrait aucune porte, aucun placard, rien. Finalement, il la posa sur le manteau de la cheminée, et personne ne la revit jamais. Le soir venu, tout le monde alla se coucher comme à son habitude, sans plus penser à la mystérieuse trouvaille. « Cette nuit-là, nous avons été réveillés à deux heures du matin par des coups horribles provenant des murs et de sous les planchers. », raconta Shirley. « Cela réveillé tout le monde, y compris les voisins d’à côté et ceux d’en face. Les bruits semblaient provenir des entrailles de la terre. Ça a continué jusqu’au lever du jour. Nous avons été traumatisés. Je me souviens m’être accrochée à mon père en lui disant : « S’il te plaît, fais en sorte que ça s’arrête. » Il m’a répondu : « J’aimerais pouvoir le faire, ma fille. »»

Shirley et son Père

Au cours des semaines suivantes, les bruits se répétèrent toutes les nuits, terrifiant la malheureuse famille. En plus des coups intenses, des grattements s’élevaient maintenant de l’intérieur des meubles. « J’ai entendu des grattements venant de ma tête de lit », expliqua Shirley. « C’était horrible. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. » Alors, comme plus personne n’arrivait à dormir, ses parents décidèrent de prévenir les autorités. « Toute la maison tremblait, comme lors d’un raid aérien », rapporta-t-elle. « J’ai vécu le Blitz. Je me souviens des bombes qui sont tombées, c’était le même niveau de bruit. Ça a duré deux ou trois semaines. La police et les pompiers ont été appelés. Un policier est venu pendant la journée. Il a noté ce qui se passait, et il a dit : « Je pense que toute la maison a bu un peu trop de cacao. » »

Quelques jours plus tard, Walter dut se résoudre à abandonner son travail. Il était épuisé. Depuis la visite de la police, les manifestations étaient devenues plus fréquentes et plus terrifiantes encore. Des horloges flottaient dans les airs, des casseroles et des poêles traversaient la cuisine en volant, des chaises se déplaçaient mystérieusement d’un endroit à un autre, et le piano jouait de son propre chef. À une occasion, un gant était même venu le frapper au visage. Sa femme, Katty, pensait la maison hantée par un fantôme bruyant. Elle le surnommait Donald, comme Donald Duck, le canard de Walt Disney réputé pour son mauvais caractère.

« Bientôt », expliqua Shirley, « Donald est devenu encore plus menaçant. À partir de ce moment-là, des bruits de claquement ont commencé à se retentir pendant la journée aussi. Les casseroles et les poêles qui étaient posées sur le poêle ou celles qui pendaient au mur s’envolaient. Elles flottaient vers vous puis accéléraient, alors vous deviez esquiver. Ou elles planaient et frappaient le mur. À un moment donné, l’horloge de maman s’est soulevée du manteau de la cheminée. C’était sa fierté et sa joie.  Elle a flotté à travers la pièce et s’est posée très doucement sur la table à manger. Les choses se sont mises à tourbillonner, et nous avons dû sortir. »

Shirley Hitchings

Une nuit, Shirley sentit ses draps glisser le long de son corps. Horrifiée, elle se mit aussitôt à hurler. En entendant ses cris, ses proches se précipitèrent à son secours. Ils attrapèrent les draps pour essayer de la recouvrir, et des mains invisibles se mirent à tirer dans l’autre sens. Au même moment, son corps devint raide comme une pierre, son dos se cambra, et elle se souleva à plusieurs centimètres de son lit. Sa grand-mère Ethel, qui la pensait possédée, commença à l’asperger d’eau bénite dans l’espoir de chasser l’esprit, sans résultat.  « Je me souviens que les draps ont été arrachés et qu’on m’a soulevée de mon lit », raconta Shirley. « Je flottais au-dessus du lit. Quand John m’a tiré vers le bas, j’étais rigide. Ma grand-mère, qui était catholique, pensait que j’étais possédée par le Diable. Je pensais que je devenais folle. Je pleurais tout le temps, j’étais vraiment traumatisée. »

Donald commença alors à la tourmenter en permanence. Il la projetait en avant ou la soulevait dans les airs sous les yeux épouvantés de ses amis, qui la pensaient possédée eux-aussi et dont les visites se faisaient de plus en plus rares. Une voisine compatissante, Lily Lane, proposa de l’héberger pendant quelque temps. « Je l’ai prise dans ma maison. Les bruits ont commencé et ils n’ont pas cessé jusqu’à ce qu’elle parte. » Shirley n’en pouvait plus. Le fantôme la suivait partout, même dans le magasin de vêtements de Selfridges où elle travaillait comme couturière à temps partiel. Il manifestait sa présence en faisant du bruit, ou en dérobant de petits objets. Après avoir remarqué la disparition de quatre ou cinq paires de ciseaux, ses employeurs la questionnèrent, et elle leur parla naïvement de Donald. « Ils ont appelé cette infirmière pour me déshabiller et me fouiller. Ils voulaient voir si je ne les avais pas sur moi, je me suis sentie vraiment humiliée. Ils n’ont rien trouvé, et j’ai été immédiatement renvoyée. »

Informé de la situation, Harry Hanks, chauffeur de métro et médium à temps partiel, proposa à Walter d’exorciser sa fille. « Mon père avait un collègue de travail, M. Hanks. C’était un médium et sa femme aussi. Il s’est approché de mon père et lui a dit qu’il pouvait nous débarrasser de Donald. Nous sommes donc allés chez lui un vendredi soir, à Streatham. Il y avait sa femme, un autre couple de médiums, un prêtre, papa et moi. Ils voulaient entrer en contact avec lui et ensuite, vous savez, l’envoyer vers la lumière. Nous nous sommes tous assis en cercle et nous nous sommes tenus la main. M. Hanks est entré en transe, et le prêtre a jeté de l’eau bénite. Donald est devenu fou. Le crucifix a traversé la pièce, et ses rideaux ont été laissés en lambeaux, comme si quelqu’un les avait lacérés avec un couteau. »

Au même moment, la police fit brusquement irruption dans l’appartement. Quelqu’un avait anonymement prévenu les autorités que des actes de « magie noire et de sorcellerie » allaient se dérouler à cette adresse. L’affaire prit de l’ampleur, et elle se transforma en scandale. Les membres de la chambre des communes discutèrent de la hantise, et un député demanda à la police de présenter ses excuses à Harry Hanks pour l’intrusion injustifiée. De nouvelles tentatives d’exorcisme furent ensuite organisées, sans succès.

Séance de Spiristisme pour tenter de rentrer en Contact avec Donald

Vers le milieu du mois de février, des rumeurs se mirent à courir que la maison située au 63 Wycliffe Road était hantée par un fantôme, et une horde de journalistes assiégèrent la famille. Les journaux locaux prétendaient que l’esprit était « romantiquement obsédé » par Shirley Hitchings, mais l’hypothèse était loin de faire l’unanimité. La plupart des gens l’accusaient d’avoir tout inventé, et de provoquer les événements inexpliqués. « Tout le monde me pointait du doigt. Je savais que je ne faisais pas ça. J’avais été élevée pour être toujours honnête et ne jamais mentir. À un moment donné, papa m’a demandé si c’était moi et je lui ai dit non. Il m’a dit : « C’est bon pour moi. » »

Le Daily Mail, qui avait eu vent de l’histoire, rentra alors en contact avec la famille. Shirley se rendit au siège social, et elle dut se laisser fouiller pour prouver qu’elle ne cachait rien. Après cette rencontre, le tabloïd publia un article à sensation, « Les Bruits Mystérieux qui Hantent Shirley », et l’affaire devint brusquement populaire.

Article du Daily Mail

Peu de temps après, Walter accompagna sa fille jusqu’au studio de la BBC, où elle avait rendez-vous. « Nous sommes montés dans le bus et le métro. Papa m’a emmenée. Quand nous sommes arrivés au studio, Donald était en train de frapper. Il m’avait suivie. Nous attendions dans la salle verte, et les journalistes me posaient des questions. Il tapait tranquillement sur la table, et ils l’ont tous entendu. « Oh super, tu vas passer à la télévision », disait-il. » Cliff Michelmore, présentateur de la BBC, confirma la rencontre fantomatique dans un mémoire. Il disait que Donald avait réellement manifesté sa présence dans le studio.

Toute cette agitation finit par attirer l’attention d’Harold Chibbett, surnommé Chib. Inspecteur des impôts le jour et chasseur de fantômes la nuit, il était connu et respecté de tous. « Je sais exactement ce que vous vivez », leur annonça-t-il. « Vous avez un poltergeist, je peux vous aider. » Toute la famille en resta époustouflée. « J’étais horrifiée », avoua Shirley. « Nous n’avions jamais entendu parler de poltergeist auparavant. Nous avions peur de l’esprit. Je me suis dit : « C’est la fin. Nous allons tous mourir. »

Harold Chibbett

Au cours des mois suivants, Harold passa des jours et des nuits à consigner tous les événements de la maison, et il finit par devenir un ami de la famille. « M. Chibbett était un homme gentil et doux », expliqua Shirley. « Il avait l’habitude de faire de petites expériences avec moi et Donald, et il était parfois un peu déconcerté. Il nous a expliqué que nous devions essayer d’entamer une conversation avec le poltergeist. Cela a pris plus d’un an, mais il a fini par atteindre l’esprit, que ma mère, Kitty, avait baptisé Donald, d’après Donald Duck. »

Un jour, il apporta avec lui des cartes recouvertes des lettres de l’alphabet. Après les avoir étalées sur une table, il se mit à poser des questions, demandant au fantôme de répondre en faisant retenir un coup quand il pointait la bonne lettre du doigt, deux coups quand il en désignait une mauvaise. Il s’aperçut alors que certains de ses mots étaient dans une langue étrangère. « Es-tu Français ? » finit-il par lui demander, et un énorme bang résonna sur la table. Après cette révélation, Harold commença à lui poser des questions en français. Donald prétendait avoir peur, mais Shirley ne ressentait aucune compassion pour lui. « Nous ne nous sentions pas désolés pour lui », avoua-t-elle. « Nous lui avons juste dit de s’en aller. »

Encouragé par l’expérience, Harold proposa au fantôme de communiquer par écrit. Visiblement enchanté, Donald se mit alors à « taper sur la table de plaisir ». « Chib a posé un stylo à bille ordinaire et du papier sur une table, et nous sommes tous revenus à la cuisine. Il avait demandé à Donald d’écrire un message. Quand nous sommes retournés dans la pièce, c’était vraiment effrayant. Il y avait un message tremblant. Il avait écrit : « Shirley, je viens. » Il a fallu des mois avant que nous ayons une écriture lisible. Donald disait qu’il ne pouvait pas écrire avec le stylo, il voulait une plume. »

Premiers écrits de Donald

La pièce où avait été écrit le message, la seule avec une serrure, devint alors la chambre de Donald. Tous les soirs, Harold posait une feuille et un stylo sur la table, puis il verrouillait la pièce, et il emportait la clef chez lui. Le poltergeist leur laissait régulièrement des messages, sur le papier ou sur les murs. Certains, qui étaient rédigés dans un mélange surprenant de français et d’anglais, se révélaient incompréhensibles. Ils étaient parfois destinés à Harold, qu’il appelait « mon cher Chibbett », souvent à Shirley. Il se montrait plaisant envers elle, et tentait de la distraire. « Les pantoufles se promenaient seules dans la pièce » expliqua-t-elle en riant. « Elles étaient devant le feu, c’était celles de mon père. Elles se soulevaient dans les airs, et je les poursuivais dans le couloir et dans la chambre. J’essayais de les attraper, il jouait avec moi. »

Messages de Donald

En mai 1956, il leur révéla son identité dans une lettre rédigée en un français aux phrases élaborées : Louis-Charles, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Son décès, le 8 juin 1795, avait fait l’objet de nombreuses spéculations. Il prétendait ne pas être mort à l’âge de dix ans, mais avoir échappé à ses gardiens et s’être noyé sur la route de l’exil vers Angleterre. Son histoire était changeante et contradictoire, mais il donnait de nombreux détails peu connus, dont les noms de ses gardiens. Harnold vérifia les renseignements ainsi obtenus dans les archives parisiennes, et ils se révélèrent exacts.

Louis-Charles

Donald commença alors à exiger de Shirley un certain nombre de choses, comme de s’habiller correctement ou de se coiffer de telle ou telle manière. Si elle refusait, alors il ravageait les chambres et la maison se transformait en zone de guerre. À une occasion, il lui ordonna de contacter Jeremy Spencer, promettant de « causer du tort » au célèbre acteur si elle n’obéissait pas à ses directives. Bizarrement, Jeremy Spenser se retrouva impliqué dans un accident de voiture peu de temps après. « Donald s’est mis à faire des demandes, voulant que je porte mes cheveux d’une certaine manière, puis il nous a menacés, disant qu’il allait mettre le feu à la maison », raconta-t-elle. « Papa a enfermé toutes les allumettes et les couteaux dans notre abri antiaérien, mais cela n’a servi à rien parce que des incendies se sont déclarés partout dans la maison. Nous marchions tous sur des œufs. Nous devions faire attention à ce que nous disions, nous ne voulions pas le contrarier.

Tout a commencé le jour où il a empilé tous les torchons sur une cuisinière électrique. Ils ont pris feu, et papa a dû éteindre l’incendie. Une autre fois, il a mis le feu au double lit de ma mère. Papa s’est précipité pour essayer de combattre les flammes, et comme il le faisait, quelque chose l’a tiré par le bras. Les pompiers sont arrivés. Ils l’ont emmené, et une ambulance a été appelée parce qu’il s’était brûlé tout le bras. Quand ils sont arrivés à l’hôpital général de Battersea, ils ont nettoyé son bras puis ils l’ont photographié, et le médecin a dit qu’il avait été griffé par un animal sauvage. Il a eu des blessures horribles pendant environ trois mois à cause des brûlures et des trois marques de griffes, des entailles profondes le long de son bras. »

Parfois, le fantôme faisait apparaître des marques sur le visage de Shirley. Elles ne ressemblaient pas à des griffures, ni des à brûlures, mais à des dessins sous la peau. « 6-30 pm : Une fois encore, Shirley a une trace sur le haut de son visage », écrivit son père. « Du haut de son front jusqu’au milieu de son œil droit. Les marques sur le visage de Shirley sont sous sa peau. 10-15 pm : Je dois voir Jeremy demain tu l’as promis. Shirley a une nouvelle fois été marquée au visage. »

Note de Walter

Ethel, la grand-mère de Shirley, continuait à penser que Donald n’était pas un fantôme, mais le Diable en personne. Elle ne l’aimait pas, et il se vengeait en essayant de la faire tomber dans les escaliers. Une nuit d’octobre 1956, des objets commencèrent à léviter, puis des chuchotements s’élevèrent dans les airs, et une voix se mit à parler en irlandais. Ethel reconnut aussitôt la voix de sa mère. « Mamie s’est effondrée parce que c’était la voix de sa mère », expliqua Shirley. « Elle lui a répondu et s’est rendue dans sa chambre. Quelques jours plus tard, elle a eu un accident vasculaire cérébral. Elle est décédée peu de temps après. »

Shirley tenant une Photo de Jeremy Spencer

Avec le temps, et l’aide inestimable d’Harold Chibbett, la famille s’habitua à la présence du fantôme, et phénomènes se firent moins violents. En 1964, Shirley s’installa à Latchmere Road avec ses parents, et Donald la suivit. Elle n’en pouvait plus. « Il a ruiné ma vie », raconta-t-elle ensuite. « Il m’a volé mon adolescence. Un jour, mon petit ami du moment est venu à la maison, et il a essayé de provoquer Donald en lui disant des choses comme, « Allez, Donald, montre-nous ce que tu sais faire ! », mais il s’est enfui après qu’un bol lui ait été renversé sur la tête. »

À une occasion, elle fit une promenade en voiture avec l’homme qui allait devenir son mari avant de retourner chez elle. Sa mère était assise devant des messages écrits par Donald. Ils décrivaient très précisément tout ce que sa fille et son futur beau-fils avaient fait ensemble. Shirley se maria en 1965. Deux ans plus tard, elle s’installa à Bognor Regis, dans le Sussex, avec son mari, Derek, et leur fils, David. Elle pensait trouver la paix, mais elle se trompait. « J’ai dû attendre vingt-et-un ans avant de pouvoir obtenir un semblant de la normalité. Et même alors, il s’est immiscé dans ma vie. Nous n’avions pas de téléphone, mais Donald laissait des messages me disant ce que mes parents faisaient à Londres, et il disait à mes parents ce que nous faisions dans le Sussex. Il écrivait des messages et les laissait un peu partout dans notre maison. C’était bizarre, mais pour moi c’était normal. »

Donald disparut définitivement au bout de douze ans, en 1968, après avoir écrit entre trois et quatre mille messages, avec un nombre stupéfiant de soixante par jour au plus fort de la hantise. À cette époque, Shirley était âgée de vingt-cinq ans, et elle vivait toujours dans le Sussex avec son mari et son fils. « Un jour, je suis allée à la cabine téléphonique, et j’ai appelé mon père. Il m’a dit : « Nous avons eu un message, Donald est parti. » Il a juste laissé un message à mes parents en disant : « Mon travail est terminé, au revoir. » Ma mère était en deuil, elle considérait Donald comme un fils, mais papa et moi étions ravis. C’est étonnant qu’aucun d’entre nous n’ait souffert de dépression nerveuse, mais nous étions une famille très forte, et je pense que c’est ce qui nous a permis de nous en sortir. »

Shirley reprit alors le cours de sa vie, sans Donald. « J’évitais d’y penser car je ne voulais pas qu’il revienne », avoua-t-elle. « J’avais tellement peur que cela arrive à mes deux enfants quand ils auraient quinze ans. » Elle espérait ne plus jamais en entendre parler, mais un jour, alors qu’elle visitait une foire artisanale, une médium l’approcha pour lui dire qu’elle était suivie par un petit garçon aux cheveux roux habillé d’un costume de satin bleu. À sa description, Shirley reconnut immédiatement Louis-Charles de France, tel qu’il était représenté sur la carte postale que lui avait offerte Harold Chibbett. Donald continuait-il à la suivre?

Des années plus tard, lors d’une séance de spiritisme avec sa fille Karen, elle reçut un message d’un esprit se présentant comme « l’esprit d’un enfant ». « Il a dit qu’il était désolé pour tout ce qu’il avait fait », rapporta-t-elle. À sa mort, Harold Chibbett lui légua toutes ses notes, et elle s’en servit pour écrire un livre relatant son expérience, The Poltergeist Prince of London. « C’est grâce à lui que j’ai tout cela aujourd’hui parce qu’il m’a laissé ses dossiers, comme un journal quotidien de ces douze années. »

Shirley de nos Jours

La maison du 63 Wycliffe Road a été détruite vers la fin des années 1960, et jamais reconstruite. Son numéro n’a pas été réattribué. Il a simplement disparu, comme Donald. Shirley vit actuellement dans le sud de l’Angleterre. Âgée de quatre-vingt-un ans, elle est mère de deux enfants, David, cinquante-cinq ans, et Karen, cinquante-trois ans, grand-mère de plusieurs petits-enfants, mais elle reste toujours traumatisée par son expérience. « Je suis contente qu’il soit parti, je ne voudrais plus jamais revivre ça. Même maintenant, je deviens un peu nerveuse dès que j’en parle, mais je le mets hors de mon esprit et je prétends que rien ne s’est jamais passé. Il m’a volé mon adolescence et mon jeune âge adulte, je ne peux pas lui pardonner cela. Mais, malgré ce qu’il nous a fait subir, c’est l’histoire de Donald. Il est venu pour une raison. Il est peut-être encore là-bas, mais je ne suis pas sure. »

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