Death Tunnel : Le Sanatorium de Waverley Hills

Pour son film Death Tunnel (Le Tunnel de la Mort), Philip Adrian Booth s’est inspiré des légendes du Sanatorium de Waver Hills, réputé pour être l’un des hôpitaux les plus hantés de l’est des États-Unis. Si une grande partie de sa réputation lui vient de son passé particulièrement sordide, les nombreux curieux qui le visitent rapportent régulièrement avoir été témoins de manifestations paranormales, étayant un peu plus la rumeur.

L’Histoire du Waverly Hills

En 1883, le major Thomas H. Hays acheta un terrain situé sur une colline au sud-ouest de la ville de Louisville, dans le Kentucky, afin d’y construire sa demeure familiale. Comme la maison se trouvait loin de toutes les écoles existantes, Mr Hays décida d’ouvrir une école afin que ses filles puissent bénéficier d’une scolarité normale. Il fit alors bâtir un nouvel édifice, constitué d’une seule et grande salle, et il embaucha Lizzie Lee Harris comme professeur. En raison de ses penchants pour le roman Waverley de Walter Scott, Miss Harris baptisa la nouvelle école Warverley School. Le major Hays, qui trouvait que le nom sonnait agréablement à l’oreille, s’en inspira et la propriété devint le Waverley Hill. On ne sait pas exactement quand Waverley perdit son « e » mais son orthographe allait varier de nombreuses fois au fil des ans.

Waverly Hills

Durant les années 1800, les États-Unis avaient été régulièrement en proie à une maladie mortelle que l’on appelait la mort blanche ou tuberculose. Il n’existait aucun remède contre ce fléau, qui décimait des familles et même des villes entières. Les patients atteints de tuberculose étaient isolés dans des bâtiments qui leur étaient destinés afin d’éviter tout risque de contagion et leur traitement consistait en de l’air frais, des aliments nutritifs et beaucoup de repos.

Au début du 20e siècle, une épidémie de tuberculose s’abattit sur le comté de Jefferson et la ville de Louisville, de par sa proximité des marécages, se retrouva sévèrement frappée. Pour pallier à l’urgence, un hôpital en bois de deux étages fut rapidement érigé sur l’ancienne propriété de Mr Hays et le 26 juillet 1910 le sanatorium ouvrait ses portes.

Malheureusement, les capacités de ce modeste hôpital, qui se composait d’un bâtiment central et deux pavillons pouvant accueillir 20 patients chacun, allaient très rapidement se révéler insuffisantes et dès le premier trimestre de l’année 1911, la ville décida d’attribuer un budget de 25000$ à la construction de nouveaux bâtiments spécifiquement destinés à recevoir les malades les plus affectés par la tuberculose pulmonaire. En attendant l’achèvement des locaux qui devaient les accueillir, le 31 aout 1912, tous les patients tuberculeux de l’hôpital de la ville furent temporairement déplacés dans des tentes sur le terrain de Waverly Hills. Au mois de décembre, les nouveaux bâtiments ouvraient leurs portes. Ils permettaient l’hébergement de 40 nouveaux patients, les cas plus sérieux, les malades les moins atteints occupant toujours la structure initiale. Deux ans plus tard, en 1914, un pavillon pensé pour 50 enfants fut inauguré, portant les capacités d’accueil de l’hôpital à 130 lits. Le pavillon des enfants n’était pas uniquement destiné à recevoir les jeunes malades mais également les enfants dont les parents hospitalisés ne pouvaient faire autrement.

Comme les structures en bois initiales demandaient des réparations constantes et que les tuberculeux étaient de plus en plus nombreux à se présenter, obligeant parfois l’établissement à les refouler par manque de place, il fut décidé de la construction d’un immeuble de cinq étages prévus pour plus de 400 patients. Les travaux commencèrent en mars 1924 et le nouvel hôpital, le Waverly Hills, ouvrit ses portes le 17 octobre 1926. Le sanatorium était une communauté autonome, une ville dans la ville. Outre ses salles de soins et d’examens, il possédait son propre code postal, son bureau de poste, son centre de traitement des eaux, ses fruits et légumes, ses élevages, sa boulangerie, son salon de coiffure, son dentiste, etc…

Des activités manuelles étaient régulièrement proposées aux pensionnaires, tout comme des promenades à cheval ou des projections de films.L’établissement était considéré comme le sanatorium le plus moderne des États-Unis et si le cadre pouvait sembler agréable, bien peu de patients en ressortaient vivants. Par mesure de sécurité, tous ceux qui travaillaient au Waverly Hills y résidaient en permanence, que ce soit les infirmières, les médecins ou les autres employés. Mais, comme l’on ignorait alors que la tuberculose se propageait par voie aérienne, les patients pouvaient recevoir des visites de leurs proches qui repartaient ensuite se mêler au monde extérieur sans se douter du risque encouru. Comme dans tous les sanatoriums, les malades étaient placés face à de grandes fenêtres ou sous des porches couverts qui servaient de solariums afin de bénéficier de l’air pur et du soleil qui aidaient à leur guérison. Si l’ensoleillement n’était pas suffisant, ils étaient alors exposés à de la lumière ultraviolette dans des  » salles de soleil  » afin de tenter d’arrêter la propagation des bactéries.

Si ces méthodes étaient douces, il en était de beaucoup plus agressives. Certaines étaient encore expérimentales et elles se révélaient atrocement douloureuses pour les patients que ce soit au moment de l’opération ou par la suite. Par exemple, afin de forcer leur développement pulmonaire, des ballons étaient chirurgicalement introduits dans leurs poumons puis remplis d’air. Parfois, en dernier recours, l’on retirait les muscles et les côtes de leurs cages thoraciques afin de permettre à leurs poumons de se gonfler un peu plus, ce qui devait leur amener plus d’oxygène. Bien évidemment, les résultats de ces expériences étaient souvent désastreux et, quand ils n’en mouraient pas, les malheureux qui en bénéficiaient se retrouvaient parfois recouverts de cicatrices ou mêmes défigurés.

Solarium et entrée du tunnel du Waverly Hills

Sous le bâtiment central avait été construit un passage qui reliait l’hôpital au bas de la colline. D’une longueur de 160 mètres, ce tunnel avait été prévu pour permettre aux fournisseurs de ravitailler rapidement le sanatorium grâce à un système de chariots montés sur des rails et tirés par des câbles motorisés. Mais par la suite, le souterrain se vit attribuer un tout autre usage. Afin d’épargner aux malades la vision omniprésente de la mort, il fut décidé d’évacuer en toute discrétion les corps des défunts en leur faisant emprunter ce passage. On les plaçait sur un chariot et, au bout du tunnel les attendaient les corbillards. Une légende prétend qu’au plus fort de l’épidémie, un corps était évacué chaque heure par ce moyen mais les spécialistes estiment que la réalité se situerait plutôt autour d’un tous les deux jours. De part sa macabre fonction, ce souterrain est devenu célèbre et il est aujourd’hui surnommé Le Tunnel de la Mort (Death Tunnel).

Le Waverly Hills possède également ses histoires de suicide. La rumeur prétend qu’en 1928, une infirmière en chef aurait été retrouvée morte, pendue au fil de l’ampoule de la chambre 502 dans laquelle elle travaillait à ce moment-là. Âgée de 29 ans, célibataire, la jeune femme aurait été enceinte du directeur de l’hôpital qui l’aurait repoussée et elle se serait suicidée de désespoir. En 1932, une infirmière qui travaillait dans la salle 502 se serait également suicidée en sautant du balcon qui menait à salle 502.

A la fin des années 1930, la tuberculose commença à régresser un peu partout dans le monde et, en 1943, de nouveaux médicaments permirent son éradication aux États-Unis. En 1961, les derniers pensionnaires du Waverly Hills furent envoyés au Hazelwood Sanatorium de Louisville et l’hôpital fut fermé. Certaines légendes affirment que 63 000 décès seraient survenus au Sanatorium de Waverly Hills au cours de ses 51 ans d’ouverture, mais, selon certains chercheurs, le chiffre de 8212 serait plus réaliste.

En 1962, l’établissement, qui s’appelait alors le Woodhaven Geriatrics Sanitarium, rouvrit ses portes. Il traitait le vieillissement des patients présentant divers problèmes de démence et de mobilité, ainsi que celui des handicapés mentaux gravement atteints. Les électrochocs étaient alors reconnus comme une méthode de soin efficace et il existait de nombreuses rumeurs sur les mauvais traitements que subissaient les patients. Les compressions budgétaires des années 60 et 70 conduisirent à des conditions particulièrement délicates et en 1982 l’État décida de fermer Woodhaven, pour cause de négligence envers les patients.

En 1983, J. Clifford Todd, le développeur de Simpsonville, acheta l’hôpital afin de le reconvertir en une prison de sécurité mais cette proposition déclencha un tel émoi chez les riverains qu’il dut la retirer. Todd et Thompson proposèrent alors de transformer l’hôpital en appartements, pensant que la Cour fiscale subventionnerait quelque peu le projet, mais leurs espoirs furent déçus et les deux hommes durent déclarer forfait.

En mars 1996, Robert Alberhasky se porta acquéreur de Waverly Hills et des terrains environnants. Des plans, s’inspirant de la célèbre statue du Christ de Rio de Janeiro, furent alors établis afin de construire la plus haute statue de Jésus au monde mais les dons se révélèrent tellement en deçà des attentes que l’ambitieux projet dut être abandonné en décembre 1997. Durant cette période, la majorité des bâtiments furent détruits et seul l’édifice central, qui était inscrit sur le registre des monuments historiques en danger, échappa au désastre.

La Hantise

En 2001, lorsque le Waverly Hills devint la propriété de Tina et Charlie Mattingly, le majestueux hôpital avait été ravagé par le temps et vandalisé. Il était réputé hanté et l’on murmurait même qu’il s’y tenait des rituels satanistes. Il allait falloir quatre ans pour restaurer les lieux. Depuis, le couple organise des visites, aussi bien de jour que de nuit, pour les enquêteurs du paranormal, les chasseurs de fantômes et tous les curieux qui en font la demande. Les bénéfices sont réinvestis dans la rénovation et l’entretien de la propriété et Tina et Charlie envisagent, à terme, d’ouvrir un hôtel et un centre de conférences mais les fonds nécessaires se révèlent, pour le moment, un obstacle.

Le Waverly Hills est devenu un mythe et des émissions de télévisions ont été consacrées aux nombreuses histoires qui l’entourent. Certaines affirment que l’esprit de la malheureuse suicidée hanterait toujours la chambre 502, mais l’histoire la plus célèbre est probablement celle de Timmy, un petit garçon de six ou sept ans qui errerait dans l’hôpital une balle de cuir à la main. Les visiteurs apportent souvent de petites balles avec eux pour l’inviter à jouer et parfois, il arrive que ces balles se déplacent toutes seules, laissant à penser que l’enfant répond à leur appel, ce que démentent formellement les plus sceptiques, soulignant l’inégalité du sol. D’autres témoignages rapportent les apparitions régulières d’une infirmière en colère, d’un homme bienveillant, d’une petite fille qui se promènerait dans le solarium du troisième étage, d’un corbillard qui se montrerait à l’arrière du bâtiment pour y déposer des cercueils et d’un homme en blouse blanche qui apparaitrait dans les anciennes cuisines d’où s’élèveraient alors des odeurs d’aliments en train de cuire.

Fantôme supposé de Mary Lee au Waverly Hills

Les nombreux visiteurs de l’ancien sanatorium font également état de portes qui s’ouvrent ou se ferment toutes seules, de lumières aux fenêtres, de bruits inhabituels, de chutes de température, d’ombres étranges, de mystérieuses empreintes et de voix désincarnées. Le Tunnel de la Mort semble l’épicentre de tous ces phénomènes paranormaux tant les manifestations y sont fréquents mais l’apparition la plus marquante du Waverly Hills est probablement cette femme aux poignées ensanglantés qui courrait dans le bâtiment en criant :  » Aidez-moi ! Quelqu’un pour me sauver ! « 

Je laisserai la conclusion à Charlie Mattingly dont le père travaillait au Waverly Hills autrefois. Il possède les dossiers de milliers de patients morts alors que l’hôpital était encore un sanatorium. Lorsqu’il devint le propriétaire des lieux, en 2001, il ne croyait pas aux fantômes. Mais maintenant, il doute :

 » Quand vous avez ce genre de morts, vous ne pouvez pas vous empêcher de penser qu’il pourrait y avoir un esprit qui traine et c’est tout simplement triste. C’est presque un événement quotidien ici, lorsque des gens viennent y passer la nuit. Ils disent tous qu’ils voient des apparitions, des fantômes, des ombres mouvantes, des choses comme ça. Quand vous êtes là, que vous voyez ce genre de choses et que les gens ne peuvent pas l’expliquer… Je veux dire, il y a certaines choses que nous pouvons expliquer, mais beaucoup que nous ne pouvons pas, alors vous commencez à vous demander s’il n’y a pas un esprit aux alentours. Cela pourrait être vrai. « 

Fantôme présumé de Timmy au Waverly Hills
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