Anna Kingsford, Assassin Psychique

Anna KingsfordLe Dr Anna Kingsford était une jeune femme remarquablement intelligente et particulièrement sensible qui se battait pour les droits des femmes et ceux des animaux mais selon son propre témoignage, elle était également une redoutable tueuse psychique, qui n’hésitait pas à assassiner ses opposants pour défendre ses positions.

Petite Décoration

Née Annie Bonus le 16 septembre 1846 à Londres, Anna était la plus jeune des douze enfants de John Bonus, un riche marchand londonien, et de son épouse Elizabeth. Trois de ses frères et sœurs étaient morts avant sa naissance, et comme Anna ressemblait à sa défunte sœur Ann, sa mère en avait conclu qu’elle en était la réincarnation et elle lui avait donné le même prénom. Anna était une enfant frêle, de santé fragile mais très précoce et follement imaginative. Elle pensait être une fée dans le monde des hommes, et elle passait de longues heures dans le jardin, y déposant de petits mots pour ses sœurs du Petit Peuple et parlant aux fleurs. Tout comme l’un de ses ancêtres, un cardinal italien qui versait dans l’occulte, elle semblait posséder certains talents psychiques qui lui permettaient de voir les esprits et de deviner le caractère, la destinée ou la mort imminente de ceux qu’elle rencontrait, mais elle apprit très jeune à garder le silence sur ses particularités.

Anna et sa Mère

Anna et sa Mère

Anna avait accès à la bibliothèque de son père et elle s’y réfugiait souvent pour lire certains ouvrages ou imaginer de petites pièces de théâtre pour ses poupées, qu’elle leur faisait jouer ensuite. A l’âge de neuf ans, elle écrivit son premier poème, et à treize ans, son premier roman, lequel fut publié quatre ans plus tard et lui rapporta deux guinées. Anna avait toujours aimé la chasse mais un jour elle eut une vision d’elle-même dans la peau du renard et soudain elle prit conscience de l’horreur de ce plaisir qu’elle pensait innocent. A dix-sept ans, elle fut envoyée à l’école de jeunes filles de Brighton afin d’y parfaire son éducation mais si elle excellait en littérature elle paraissait avoir quelques problèmes avec l’autorité, remettant en question le sérieux des cours et posant des questions dérangeantes lors des leçons d’éducation religieuse. En 1864, Anna retourna chez ses parents, à St Leonards-on-Sea, une petite ville près d’Astings, et l’année suivante son père mourut, laissant une grande fortune dont elle hérita en partie. Contrairement aux usages de l’époque, il avait spécifié dans son testament que les futurs époux de ses filles, au cas où elles se marieraient, n’auraient aucun droit sur leurs biens, aussi Anna était-elle assurée de bénéficier d’une rente annuelle durant toute sa vie, qui n’appartiendrait qu’à elle et dont elle pourrait disposer à sa convenance.

En 1866, Anna voulut s’essayer à la vie active, non par obligation, comme elle le souligna, mais pour s’occuper. Elle proposa alors ses services à un avoué local qui, s’amusant de la situation, lui désigna un bureau et lui proposa de recopier des documents. Cependant, comme il n’était pas convenable pour une jeune fille de bonne famille de travailler, l’homme courut prévenir sa mère, qui mit rapidement fin à l’expérience. Cette injustice suscita la colère d’Anna, qui refusait de se soumettre aux obligations de son époque, et dès l’année suivante elle s’engagea dans le féminisme, participant à une campagne visant à recueillir des signatures en faveur du droit à la propriété des femmes mariées, ce dont elle bénéficiait déjà de par la prévenance de son père. Durant cette période, elle fit la connaissance de la médium Florence J. Theobald, qui l’initia au spiritisme, visitant souvent sa maison et y organisant des séances.

Afin d’échapper aux assiduités de ses courtisans, le 31 décembre 1867 Anna épousa l’un de ses cousins, Algernon Kingsford, un jeune homme de vingt-deux ans qui se préparait à rentrer dans les ordres. Avant de s’engager, elle lui avait demandé une entière liberté et le jeune homme, qui brûlait d’amour pour elle, lui avait promis tout ce qu’elle voulait. Malheureusement, il était le fils d’un pasteur sans grande fortune et la mère d’Anna, considérant qu’il n’était pas un bon parti, lui avait refusé sa main. La jeune fille avait alors été envoyée en Suisse, mais elle s’était enfuie avec son prétendant, et bien que leur relation soit restée platonique, leur mariage était alors devenu une obligation. Des années plus tard, Anna relut les premières lettres qu’elle avait écrites à son futur mari, et prise de remords, elle songea:  » Quelle désagréable personne je devais être pour avoir écrit de telles choses à Algernon! Ces lettres sont pleines de déclarations affirmant que la principale motivation de mon mariage est d’être indépendante et libre. Je ne sais pas ce qui m’a pris.

Après un bref voyage à Brighton, Anna avait été victime d’une crise d’asthme si terrible durant sa nuit de noces qu’ils avaient du y mettre fin, les jeunes mariés s’installèrent à Lichfield, où Algernon suivait une formation, et ils décidèrent de vivre comme frère et sœur. En 1868, Anna donna naissance à une fille, Eadith. La santé déjà fragile de la jeune femme s’était grandement dégradée pendant sa grossesse, elle souffrait alors d’asthme, d’allergies diverses, d’épilepsie, de névralgies, de crises de panique et parfois, elle tombait brusquement en transe. Si Anna et Algernon ne formaient pas un couple des plus conventionnels, ils éprouvaient une grande affection l’une envers l’autre et se soutenaient mutuellement. Alors, comme la jeune femme toujours se lancer dans la vie active en dépit de ses problèmes de santé, il fut décidé que son mari se chargerait de l’intendance, de la gestion de la maison, de celle des domestiques et de la préparation des repas en plus de ses fonctions de prêtre.

En 1868, Anna écrivit un essai dans lequel elle demandait à ce que les femmes puissent s’émanciper pleinement et qu’elles prennent enfin la place qui leur était due dans la société. Elle critiquait l’éducation qui leur était donnée, les magazines féminins, qui ne parlaient que de travaux d’aiguilles, de cuisine, de mode et de romances insipides, et elle réclamait le droit de vote, la possibilité de faire du sport et l’accès à certaines professions qui leur étaient alors interdites. Cet ouvrage lui valut quelque attention et il lui permit de rencontrer de nombreuses femmes d’esprit qui partageaient ses convictions, dont Florence Miller, qui décrivit Mme Kingsford comme la plus belle femme qu’elle ait jamais vue.

Anna Kingsford

Anna Kingsford

En 1869, Agernon fut nommé pasteur à Atcham, un petit village près de Shrewsbury, mais le déménagement épuisa Anna et sa santé se détériora un peu plus encore. Fort heureusement, grâce à la fortune dont elle avait héritée, elle pouvait se permettre d’engager des domestiques et elle prit à son service une cuisinière, une nurse et un valet de chambre. L’année suivante, la jeune femme prétendit avoir reçu la visite de Marie-Madeleine pendant trois nuits d’affilée et suite à ces apparitions, elle se convertit au catholicisme, se faisant rebaptisée Anna Mary Magdalen Maria Johanna. En se convertissant Anna n’était plus tenue aux obligations qui incombaient habituellement à la femme d’un pasteur mais étrangement, si elle n’assistait plus aux services célébrés par son mari, elle ne se montrait pas beaucoup plus à l’église. Au cours de la même période, la jeune femme, qui avait toujours fait preuve d’une grande sensibilité, suivit l’exemple de son frère aîné et elle devint végétarienne.

Au fil des années, Anna n’avait jamais cessé d’écrire, ses livres et ses articles avaient toujours été publiés mais la jeune femme avait d’autres ambitions. En octobre 1872 elle fit l’acquisition du magazine The Lady’s Own Paper, un hebdomadaire féminin qui parlait de tout ce qu’elle détestait, et peu de temps après la rédactrice en chef annonça aux lectrices que grâce à l’arrivée de Mme Algernon Kingsford, dont les vues progressistes étaient déjà bien connues, le ton allait changer.

The Lady's Own Paper

Fidèle à ses principes, Anna refusa que certaines publicités soient présentes dans son magazine, plus particulièrement celles pour les corsets et le cuir, et les articles sur la mode, la couture, les potins etc.. , furent remplacés par d’autres qui parlaient des méfaits de l’alcoolisme ou des droits des femmes. Un jour, Frances Power Cobbe écrivit un plaidoyer contre la vivisection pour le journal et découvrant le triste sort des animaux sacrifiés au nom de la science, Anna en fut profondément bouleversée. Elle commença alors à militer contre la vivisection et jusqu’à la fin de sa vie elle n’eut de cesse de lutter contre cette abomination, écrivant des articles, organisant des pétitions et demandant son interdiction aux autorités gouvernementales et religieuses. Malheureusement, la modernité de ses idées n’était pas du goût de toutes et de nombreuses lectrices indignées envoyèrent un courrier au magazine, qui fut ruiné en quatre numéros et dut fermer ses portes. Anna, qui avait perdu plusieurs centaines de livres dans l’aventure, dut alors se rendre à l’évidence: la plupart des femmes n’étaient pas prêtres à entendre son message.

En 1873, lors d’une conférence, Anna fit la connaissance d’Edward Maitland, un écrivain de cinquante-quatre ans dont un des livres, un récit mystique dans une Afrique utopique, avait attiré son attention et qui partageait certaines de ses idées, dédaignant le matériel et lui préférant le spirituel. Une grande amitié se développa alors entre Edward et les Kingsford, qui le recevaient souvent chez eux, dans leur maison d’Atcham. L’année suivante, Anna décida de suivre des études de médecine afin de vérifier par elle-même s’il était vraiment nécessaire, comme l’affirmaient les médecins, de pratiquer la vivisection pour faire avancer la science. Malheureusement, comme il était impossible à une femme de suivre des études de médecine au Royaume-Uni, elle se rendit en France en compagnie d’Edward Maitland, à qui Algernon avait demandé de servir de chaperon, et elle s’inscrivit à la faculté de médecine de Paris. La jeune femme retourna ensuite à Londres et pendant un an elle suivit des cours dans un établissement privé afin de se préparer à ses études. En 1875, Anna, son mari et sa fille déménagèrent à Paris et ils s’installèrent rue de Vaugirard.

Edward Maitland

Edward Maitland

Anna croyait déjà en l’immortalité de l’âme, en la réincarnation et au karma et 1876, elle devint convaincue que dans certains de ses rêves, qu’elle soit éveillée ou endormie, lui parvenaient des informations qui se trouvaient hors de portée du commun des mortels. Elle pensait être une vieille âme, qui avait été initiée à des mystères lors de cultes anciens et qui avait conservé son savoir lors de ses incarnations suivantes. D’après elle, les renseignements qu’elle recevait lui venaient d’une sorte de conscience intérieure, une lumière divine que tout homme avait en lui. Grâce à la grande expérience qu’elle avait acquise au fil siècles, il lui arrivait de rencontrer cette partie d’elle-même, en rêve ou bien éveillée, et parfois des choses importantes lui étaient révélées, qu’elle appelait ses Illuminations. Selon cette conscience intérieure:  » Il n’y a pas d’illumination qui vienne de l’extérieur; le secret des choses est révélé de l’intérieur. Ne crois que je te dise ce que tu ne sais pas: si tu ne le savais pas, il ne pourrait pas t’être donné.  »

Anna voulait réussir à obtenir son diplôme sans assister à une seule séance de vivisection et sans y avoir recours elle-même mais cette résolution se révélait particulièrement difficile à tenir et elle l’obligeait à changer sans cesse de cour. Un jour, elle finit par oser poser la question qui lui brûlait les lèvres et son impertinence lui fut pardonnée parce qu’elle était une jolie femme, à qui tout était forcément excusable. Le professeur reconnut aisément que la vivisection n’était pas une nécessité mais il souligna qu’elle aidait la science à se débarrasser des barrières morales et religieuses qui l’empêchaient de progresser, ce qui la justifiait pleinement. Si cet aveu était une victoire, elle n’en était qu’une demi car elle sous-entendait que les choses n’étaient pas prêtes de changer. Anna continua donc à fuir les cours, refusant toujours d’assister aux terribles spectacles qui se déroulaient tous les jours sous les yeux indifférents des étudiants. Cependant, si elle s’efforçait de ne rien voir, elle entendait:

 » J’ai trouvé mon Enfer ici, à la Faculté de Médecine de Paris. Un Enfer plus réel et plus abominable que tous ceux que j’avais trouvés partout ailleurs, et qui comblerait tous les rêves des moines médiévaux. L’idée qu’il en était ainsi m’est venue un jour que j’étais assise dans le Musée de l’école avec ma tête dans les mains, essayant vainement de chasser de mes oreilles les pitoyables cris et les pleurs qui flottaient incessamment vers moi depuis l’escalier privé… A un certain moment, alors qu’un cri plus déchirant que les autres me parvenait, la sueur a recouvert sur mon front et les paumes de mes mains, et j’ai prié: Oh mon Dieu, faites-moi sortir de cet enfer; ne me laissez pas souffrir dans cet horrible endroit…  »

Anna aurait voulu tout abandonner, mais elle elle se sentait le devoir moral de continuer. Deux ans plus tard, elle fut autorisée à poursuivre ses études à Londres, mais une fois son internat terminé elle retourna à Paris et s’installa rue Boissière avec sa fille et sa gouvernante.

Claude Bernard était l’un des professeurs d’Anna, mais il était également un scientifique, et ses opinions sur la vivisection étaient connues de tous. Sa femme, Marie-Françoise Bernard, avait été tellement horrifiée par la façon dont il menait ses recherches qu’elle avait fini par divorcer pour monter un groupe de lutte contre la vivisection.  » Le physiologiste n’est pas un homme ordinaire, affirmait-il. Il est un scientifique possédé et absorbé par l’idée scientifique qu’il poursuit. Il n’entend pas les cris des animaux, il ne voit pas leur sang qui coule. Il ne voit rien, mais son idée…  »

Un jour du mois de décembre, alors qu’elle écoutait le Dr Claude Bernard raconter comment il avait lentement fait cuire des animaux vivants afin d’étudier la chaleur de leur corps, Anna bondit de son siège et elle s’écria:  » Assassin!  » Après un bref échange verbal, la jeune femme sortit de la salle, animée d’une rage folle. A ses yeux, cet homme n’était qu’un tortionnaire, le bourreau d’animaux sans défense dont l’âme était pourtant aussi précieuse que la notre. Elle ruminait, souhaitant sa mort de toutes ses forces, quand soudain elle se sentit devenir comme de la foudre spirituelle et brusquement elle s’évanouit. Peu de temps après, le Dr Bernard tomba très malade, d’une maladie que personne ne put identifier, et six semaines plus tard, il était mort. En apprenant la nouvelle Anna en fut enchantée, et elle s’empressa de l’annoncer à son ami Edward Maitland:  » Malheur aux tortionnaires… Je vais rendre ça dangereux, et même mortel d’être un vivisecteur. C’est le seul argument qui peut les toucher. En attendant, Dieu merci, le chef de la bande est mort.  »

Claude Bernard

Claude Bernard

Le 22 juillet 1880, Anna obtint son diplôme, elle finit deuxième de sa promotion en soutenant une thèse sur le bien-être animal, affirmant que seul le végétarisme permettait d’unir le corps et l’âme. De retour à Londres, la British Medical Association interdisant aux femmes de devenir membre de l’ordre, Anna ouvrit un cabinet médical privé et elle connut un grand succès, se montrant particulièrement efficace dans le traitement des hystériques. Elle donnait également de nombreuses conférences, parlant de médecine, du végétarisme et de la vivisection, aussi bien au Royaume-Uni que sur le continent, et sa renommée était florissante.

Au fil des années, Anna avait évolué et si elle ne renonçait aucunement à son engagement féministe, elle s’éloignait du mouvement alors qu’elle s’engageait dans le mysticisme. Elle reprochait aux militantes de se montrer hostiles envers les hommes et de rejeter leur féminité, ce qui les poussait à rester vieilles filles. Pour elle, toutes  les âmes étaient égales, et comme elles se réincarnaient successivement dans un sexe ou l’autre, il fallait respecter l’équilibre des aspects masculins et féminins de chaque individu. Avec Edward Maitland, dont elle était toujours restée proche, la jeune femme recevait de grands spirites londoniens, qui se faisaient un plaisir de lui prouver l’immortalité de l’âme, et elle organisait des réunions privées pour les membres de la Britsh Theosophical Society, un mouvement dont elle faisait partie et dont elle devint brièvement présidente, leur décrivant ses Illuminations et discutant théosophie.

En 1884, elle commença à écrire pour le magazine Lady’s Pictorial, répondant aux questions des lectrices et leur conseillant souvent le végétarisme. Deux ans plus tard, son attention se porta sur le Dr Paul Bert, qu’elle appelait l’homme le plus célèbre de la communauté des vivisecteurs, et qui était tristement connu de tous ceux qui avaient le malheur de vivre près de son laboratoire, où il abandonnait parfois les animaux, à demi disséqués, mais toujours vivants. Certains prétendaient même que certaines nuits leurs cris d’agonie gardaient en éveil tout le quartier.

Alors brusquement, la santé du Dr Bert commença à décliner, et au mois de novembre 1886, il mourut. Anna s’en attribua la gloire, et elle écrivit à son ami de toujours, euphorique:  » J’ai tué Paul Bert comme j’avais tué Claude Bernard; comme je vais tuer Louis Pasteur et après lui toute la tribu des vivisecteurs… c’est un pouvoir magnifique, qui transcende toutes les vulgaires méthodes habituellement utilisées pour imposer la justice aux tyrans.  »

Paul Bert et Louis Pasteur

Paul Bert et Louis Pasteur

Edward était persuadé que la jeune femme avait réellement assassiné les deux hommes grâce à son pouvoir psychique, et qu’elle avait à chaque fois bénéficié d’une Divine Impulsion qui lui avait été conférée par Les Dieux. Anna avait avoué à Edward que ses attaques contre les médecins lui prenaient toutes ses forces, mais elle pensait que le résultat valait bien ce sacrifice. Il comprenait son geste, louait son abnégation, et la soutenait dans son combat, argumentant:  » L’humanité est enrichie par la perte de ceux qui la brutalisent et l’avilissent.  »

Anna tenta ensuite de s’en prendre à Louis Pasteur, mais malheureusement pour elle, l’utilisation des forces destructrices de son esprit l’avait affaiblie, et cette dernière tentative lui fut fatale. Le 17 novembre 1886, elle avait décidé d’aller se confronter directement à lui dans son laboratoire parisien mais sur le chemin elle se retrouva prise dans une tempête qui la laissa glacée et complétement trempée. La jeune femme, qui avait toujours été de santé fragile, développa alors une pneumonie et peu de temps après, elle se mit à cracher du sang.

Elle descendit sur le bord de la méditerranée en compagnie d’Algernon, pensant que le climat lui serait bénéfique, mais ce fut en vain. La maladie avait du drainer la puissance de ses pouvoirs car en février 1887, le Dr Pasteur fut victime d’une hémiplégie, qui le laissa convalescent pendant de longues semaines mais dont il finit par guérir. Au cours du même mois, Anna déclara la tuberculose, puis elle perdit son poumon gauche et les médecins déclarèrent qu’elle n’en avait plus que pour quelques mois. Durant tout ce temps, elle continua à travailler, écrivant des articles pour des magazines et rencontrant des membres de la haute société britannique. Au printemps 1887, Algernon retourna en Angleterre et Anna fit un voyage de quelques mois en Italie avant de le rejoindre à Londres, sans qu’aucune amélioration n’ait été constatée.  » Mourir est un processus très lent,  » écrivit-elle dans son journal.

Anna Kingford s’éteignit le 22 février 1888. Son ami Sir Richard Burton écrivit qu’elle avait passé ses derniers mois l’âme et l’esprit en souffrance, tourmentée par les images et les bruits des vivisections parisiennes.

Tombe Anna Kingsford

Tombe Anna Kingsford

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