La Maison aux Visages

Visages de BélmezAu début des années 1970, un petit village du sud de l’Espagne devint brusquement le théâtre d’un étrange phénomène: des visages se dessinaient spontanément dans la cuisine d’une petite maison. Une enquête fut alors lancée, les dessins furent analysés par une multitude de laboratoires à travers le monde mais personne ne parvint jamais à déterminer avec certitude leur origine.

María

María

Le 23 août 1971, le petit village de Bélmez de Moraleda, dans le sud de l’Espagne, était accablé par la chaleur de l’été mais les murs épais des maisons permettaient néanmoins de garder une certaine fraicheur. Ce jour-là, María Gómez Pereira, 52 ans, préparait le repas dans la cuisine quand soudain elle remarqua sur le sol en ciment une étrange tâche près de la cheminée. Intriguée, elle l’examina pendant un moment, puis elle la montra à son mari, Juan, et à leur fils, Miguel, qui y virent une sorte de visage vaguement esquissé. Sur le coup, Maria ne lui accorda pas plus d’importance, mais comme le soir tombait et que l’obscurité assombrissait la cuisine, soudain elle découvrit que la forme indistincte s’était transformée en un visage d’homme clairement dessiné. Tout d’abord elle pensa que ses voisins, ou peut-être même ses enfants, lui jouaient quelque tour mais l’observant plus attentivement soudain elle sentit son regard sinistre la fixer et prenant peur, elle sortit de la maison en criant.

Alarmés par ses cris, ses plus proches voisins sortirent de chez eux et se rassemblèrent autour d’elle. Aussitôt, María leur expliqua d’une voix tremblante que le visage d’un homme s’était inexplicablement dessiné sur le sol de sa cuisine et quelques minutes plus tard le petit groupe pénétrait dans la maison située au 5 de la rue Rodriguez Acosta. Une fois dans la cuisine, ils s’aperçurent qu’elle n’avait pas menti. Près de la cheminée, se devinait le visage d’un homme qui ressemblait de manière stupéfiante à la Sainte Face qui se trouvait non loin de là dans l’église de Jaén. María, aidée de certaines de ses voisines, tenta alors d’effacer la troublante esquisse mais ni les produits ménagers ni l’alcool ne purent en venir à bout.

Au cours des jours qui suivirent, tous les villageois se précipitèrent chez María dans l’espoir d’apercevoir le mystérieux visage. Lassé de toute cette agitation, Miguel décida alors, d’un commun accord avec ses parents que l’apparition angoissait, de régler le problème. Armé d’une pioche, il détruisit le plancher à l’endroit où se trouvait le dessin puis aidé de son père, il remplit le trou d’un nouveau ciment et la maison retrouva son calme. Malheureusement, l’accalmie fut de courte durée car une semaine plus tard, le 8 septembre, un nouveau visage, semblable au premier, apparaissait au même endroit. La rumeur se répandit alors dans la région que le même visage s’était redessiné sur le sol et de nombreux curieux se présentèrent au village, espérant avoir la chance d’apercevoir l’apparition. Perturbée par ce phénomène, la famille Pereira aurait voulu que ce dessin soit immédiatement détruit mais le maire s’y opposa, demandant à ce qu’il soit prélevé afin d’être étudié. Sebastián Fuentes, maçon de son état, fut chargé de cette tâche et, après avoir découpé l’image, il la déposa dans une niche fermée par une plaque de verre. Les premières analyses en conclurent que le visage avait été peint sur le ciment et pour de nombreux habitants du village, il n’y eut plus de doute: ce mystérieux dessin était l’œuvre de Satan. Quand aux autres, ils pensaient, sans oser l’affirmer, que cette apparition ne pouvait être qu’une énorme farce.

Le second visage et la Sainte Face

Le second visage et la Sainte Face

Si l’histoire était connue dans la région, elle n’en avait pas encore franchi les frontières mais le 15 septembre, un envoyé du journal de Jaén se rendit à Bélmez pour couvrir un banal conflit entre deux coopératives d’huile et s’intéressant aux rumeurs, il y découvrit l’histoire de sa vie. Après avoir photographié le visage, il rédigea un article révélant l’incroyable phénomène et peu de temps après, un éditorial de Grenade se penchait sur l’affaire, suivi par Pueblo, le journal le plus vendu en Espagne dans les années soixante-dix.

A ce moment-là, un nouveau dessin, diamétralement opposé au premier, fit son apparition sur le plancher de la cuisine. Il semblait représenter un enfant, ou même un fœtus, regardant fixement de l’autre coté de sa réalité. Cette nouvelle image fit couler beaucoup d’encre et certains journaux, comme El Ideal, commencèrent à émettre quelques réserves quand à l’authenticité du phénomène. Le journal prétendit que les visages avaient été peints avec du nitrate et du chlorure d’argent mais les différentes expertises ultérieures démentirent ces affirmations.

Le Chauve de BélmezPuis, toujours au même endroit, se révéla le profil d’un homme chauve au regard particulièrement expressif. Par un curieux hasard, les irrégularités du ciment lui dessinaient mille ridules rendant son visage plus réaliste encore. Sous son visage, étaient tracés quatre chiffres, qui signalaient, pensaient certains, la date de sa mort. Ce personnage, qui fut surnommé le Chauve en raison de sa calvitie, devint très vite le centre d’intérêt des curieux qui se présentaient, toujours plus nombreux, au numéro 5 de la rue Rodriguez Acosta.

Intrigués par les articles des journaux, ils arrivaient en voiture ou en bus, troublant la sérénité des habitants de ce petit village paisible qui n’avaient jamais rien vu de tel. Bélmez de Moraleda, qui comptait 2323 habitants, voyait défiler plus de cinq mille visiteurs par jour. Les bars et boutiques, qui se réjouissaient de cette manne inespérée, ouvraient maintenant tous les jours de la semaine et le conseil municipal, débordé, tentait de contrôler sans grand succès les nombreux incidents qui se produisaient dans les rues ou devant la maison de María.

Des médiums, des scientifiques, des prêtres et même la justice s’intéresseraient aux mystérieuses images qui s’étaient par ailleurs enrichies de deux nouveaux visages. Miguel, le fils de María et Juan Pereira, étant un artiste, les autorités avaient tout de suite pensé à un canular aussi, vers le milieu du mois de janvier 1972, plusieurs policiers de la brigade des enquêtes criminelles, qui dépendait de Madrid, vinrent officiellement enquêter dans la Maison aux Visages. Tout le monde ignorait alors que depuis presque un mois, des appareils photographiques et des caméras étaient installés dans une maison voisine, enregistrant tous les mouvements des membres de la famille. Les policiers les suspectant de dessiner eux-mêmes les étranges visages, ils obligèrent les Pereira à quitter la maison mais les dessins continuèrent à apparaitre en leur absence. Tout comme la surveillance vidéo, les différentes investigations ne donnèrent aucun résultat.

Au début du mois de février, le gouverneur civil de Jaén, Jo Ruiz de Gordoa, décida de consulter son ami German de Argumosa y Valdés, qui était un pionnier dans l’étude de cette science prometteuse appelée la parapsychologie, pour lui demander d’enquêter sur le cas. Le chercheur allait passer deux ans à étudier ce qu’il appelait un  » mystère gothique. »
Le 13 février, le Dr Argumosa et Hans Bender, un médecin allemand réputé pour ses recherches sur la parapsychologie, se rendirent sur place et ils furent rapidement témoins de la disparition de certains visages et de l’apparition de nouveaux. Leurs expressions semblaient changer suivant de mystérieux critères et de nombreuses curieux, parmi lesquels des journalistes, des ecclésiastiques, des notables, et des agents de la Guardia Civil, la police espagnole qui supervisaient l’enquête, se présentaient régulièrement pour assister aux différents phénomènes. Des échantillons des visages furent alors envoyés à l’Instituto de Ceramica y Vidrio (Institut de la Céramique et du Verre) mais aucune trace de peinture ou de colorant ne put être trouvée.

Les deux chercheurs firent à María un test au détecteur de mensonge et l’appareil corrobora ses propos quand à la formation et à l’apparition des visages. Bien évidemment, ce genre de procédé était loin d’être infaillible, mais il possédait néanmoins une certaine valeur. Les jours qui suivirent, les enquêteurs, qui avaient été rejoints par d’autres, réussirent à enregistrer une multitude de voix, étranges et sinistres, inaudibles pour une oreille humaine. Elles pleuraient, gémissaient, disaient des mots vides de sens, répondaient aux questions qui leur étaient posées ou se glissaient dans les conversations sans y être invitées. Certains de leurs cris déchiraient le cœur des deux hommes, les laissant frissonnants pendant de longues minutes. Au cours de cette expérience, Hans Bender affirma avoir été touché à la nuque à plusieurs reprises et il décrivit l’affaire ainsi:  » Il s’agit sans nul doute du phénomène paranormal le plus important de ce siècle.  »

German de Argumosa et Hans Bender

German de Argumosa et Hans Bender

Cependant, ces voix ne surprenaient guère les deux hommes car même si María n’avait jamais été témoin d’aucun phénomène paranormal, hormis l’apparition des visages bien entendu, le passé de la maison était plutôt troublant. En 1858, les grands-parents maternels de Juan Pereira, Ramón Sánchez, son épouse María Antonia Martinez et leur fille Ramona habitaient la maison de la rue Rodriguez Acosta. La petite fille, qui avait 9 ans à l’époque, avait été la première à entendre des gémissements s’élever du grenier. Ces lamentations étaient accompagnées de bruits de pas qui semblaient toujours effectuer le même itinéraire. Ce témoignage aurait pu ressembler à l’invention fantasque d’une enfant trop imaginative mais peu de temps après, des objets s’étaient mis à bondir et à danser comme par magie et plusieurs voisins avaient rapporté l’étrange apparition d’une silhouette fantomatique dans l’allée. Ces manifestations étaient connues de tous les habitants du village et pendant quelques années, la rumeur avait couru que la maison était hantée. Cette réputation s’était encore accentuée lorsque deux commerçants s’étaient entretués à coup de couteaux près de la porte d’entrée. Des années plus tard, Ramón Sanchez était mort dans la cuisine, et rendant son dernier souffle, il avait murmuré:  » Ceci doit être une âme d’un autre monde.  »

Une maison adjacente, située au numéro 3 de la même rue, était depuis longtemps en proie à d’étranges phénomènes. Parfois, des meubles bougeaient tout seuls, des objets se déplaçaient, des tableaux tombaient des murs, des bruits de pas résonnaient dans des pièces vides et des chuchotements troublaient l’obscurité. De plus, peu de temps avant l’apparition du premier visage dans la cuisine, l’église du village avait fait l’objet de rénovations, des cercueils avaient été exhumés de leurs tombes, et German de Argumosa se demandait si ces travaux n’avaient pas dérangé le repos éternel des résidents d’un ancien cimetière, qu’il pensait situé sous la maison de María.

Pour vérifier cette hypothèse, le chercheur demanda à Sebastian Fuentes, qui était maçon, de creuser sous la zone où étaient apparus la plupart des visages et le 18 février, les travaux commencèrent. Des centaines d’ossements furent ainsi découverts, profondément enfouis dans la terre, parmi lesquels deux squelettes sans tête. Les os furent alors exhumés, expertisés, et il apparut que certains dataient du XIIIe siècles. Les analyses révélèrent également que les squelettes décapités étaient ceux de deux adolescents ayant trouvé la mort plus de 170 ans auparavant. Suite à cette découverte, des historiens s’empressèrent de fouiller dans les dossiers de la municipalité et ils y découvrirent qu’à l’endroit où était située l’église de Beles, se trouvait autrefois une mosquée et un cimetière musulman, ce qui expliquait les plus anciens ossements.

Le trou avait été rebouché avec de la terre et une nouvelle couche de ciment avait été coulée dessus. Les ossements, quand à eux, avaient été enterrés dans un cimetière catholique, ce qui devait, pensait-on, apaiser les tourments des éventuels esprits, mais peu de temps après des visages recommencèrent à apparaitre, parfois sous les yeux stupéfaits des visiteurs. D’une manière extraordinaire, leurs expressions changeaient suivant le moment, et il semblait à certains qu’elles reflétaient les sentiments de María. Ces visages s’accompagnaient parfois d’une ébauche de corps, habillé ou nu, de bras ou de mains, et si la plupart se dessinaient dans la cuisine, d’autres se formaient occasionnellement dans le couloir. Les personnages étaient souvent contemplatifs, mais parfois ils semblaient jouer une scène dont la signification n’appartenait qu’à eux.

María et les Visages

María, désemparée face au Phénomène

Le numéro 5 de la rue Rodriguez Acosta était devenu le lieu de pèlerinage pour des milliers de personnes qui s’y rendaient chaque jour espérant un miracle. Antonio Molina, le prêtre de l’église du village, avait émis des doutes sur l’authenticité du phénomène, faisant de son mieux pour démontrer que toute l’histoire n’était qu’une grotesque mascarade élaborée par quelques villageois, en vain. Il suivait alors les ordres de son supérieur, l’évêque de Jaén, qui, agacé par toute cette histoire, souhaitait en finir.

Le 19 février, José Luis Jordan Pena, qui se disait à la tête d’une commission composée de spécialistes en tous genres, fut soi-disant envoyé par le ministère pour démasquer la fraude et ses protagonistes. Dans son rapport, il rapporta être rentré en contact avec le père Antonio Molina, à qui Maria avait avoué, prétendait-il, que toute l’histoire n’était qu’une vaste fumisterie. Il signalait également avoir analysé le second visage qui était apparu dans la cuisine, y avoir découvert des poils épais de pinceau, de la suie et du vinaigre. Mais étrangement, une enquête démontra par la suite que jamais il n’avait demandé à approcher le dessin, qui était enfermé derrière une vitre, et que la commission qu’il prétendait diriger n’avait même jamais existé.

Si le phénomène n’était pas du gout de José Luis Jordan Pena ni de celui de l’église, il n’était pas non plus de celui du gouvernement. A cette époque, Franco était à la tête de l’Espagne, qui était donc sous un régime dictatorial, l’église catholique était très proche du pouvoir en place et ce qui déplaisait à un, déplaisait forcément à l’autre. Le 21 février, l’histoire prit un tournant radical quand Julio Camarero, un jeune reporter, affirma dans un journal que toute l’histoire n’était qu’un immense canular. Des années plus tard, l’éditeur du journal en question expliqua que le ministre en personne l’avait appelé pour lui signifier que cette hystérie croissante déplaisait à certains dirigeants et qu’elle devait cesser immédiatement. Julio Camarero avait alors fouillé dans les diverses théories précédemment émises et il avait choisi celle des sels d’argent pour expliquer la mascarade. Par la suite, même si certains journaux continuèrent à défendre l’authenticité du phénomène, d’autres reprirent la thèse de l’escroquerie, et peu à peu, l’histoire tomba dans l’oubli.

Dessins de FemmesPour contrer ces allégations et écarter toute possibilité de supercherie, le professeur Argumosa demanda au maire, qui lui donna son autorisation, la permission de faire sceller la cuisine. Mais avant que les scellés ne soient posés, il divisa la pièce en sections, répertoria soigneusement les dessins et prit de nombreuses photographies de chaque section.  Don Antonio Palacios Luque, notaire de son état, posa les scellés sur ordre du maire et trois mois plus tard, quand il fit rouvrir la cuisine, il constata que les scellés étaient restés intacts. En rentrant dans la pièce, le Dr Argumosa s’aperçut que plusieurs des visages s’étaient déplacés que d’autres avaient changé d’expression et que de nouveaux étaient apparus. De nombreuses analyses chimiques furent alors effectuées pour tenter de découvrir une quelconque substance qui auraient servi à dessiner les visages, sans succès. Des photos furent prises, les visages furent passés aux rayons X, de nombreuses universités d’Europe et d’Argentine étudièrent des fragments de dessins sans que jamais aucune explication ne puisse être apportée. Lors de leurs investigations, German de Argumosa et Hans Bender qu’un ruisseau passait sous la maison, ce qui rendait le sol particulièrement humide, mais cette information ne les aida en rien.

Pablo Nuñez Moto, le chef de l’administration locale, avait été le premier à envoyer une lettre une maire, Manuel Rodriguez Rivas, menaçant les auteurs de cette présumée mascarade des pires représailles. Au mois d’août 1972, une imposante voiture noire entra sur la place du village et Tomas Garicano Goni, qui était alors ministre, demanda à être amené à l’hôtel de ville. Là, il ordonna au maire de faire cesser immédiatement cette affaire, mais ce dernier lui répondit qu’il ne pouvait pas couper les routes d’accès et demander à la Guardia Civil de ne laisser passer personne. Alors, menaçant, le ministre lui répondit:  » Je vais t’enterrer Rivas, je t’enterrerai.  »

La presse joua son rôle à la perfection et au bout de quelques mois, plus personne, ou presque, ne se souvenait de Bélmez. Pourtant, inlassablement, les visages continuaient à se dessiner dans la maison, dans l’indifférence générale. Au cours des 20 années qui suivirent, la plupart des gens pensèrent qu’une famille d’analphabètes avait réussi à se jouer des plus grands spécialistes en esquissant des personnages à l’aide d’eau et de vinaigre ou en utilisant de savants mélanges chimiques. La rumeur prétendait qu’ils avaient agi ainsi par intérêt financier mais il était pourtant de notoriété publique que famille Pereira n’avait pas gagné grand chose dans cette affaire. María faisait visiter sa cuisine, elle vendait des photographies des visages aux visiteurs, en demandant quelques centimes, à peine plus que le prix du papier, et, comme elle devait souvent laisser la pièce à la disposition des enquêteurs, une nouvelle cuisine lui avait été offerte.

Évolution des VisagesLes sceptiques ne croyaient pas tous en la culpabilité de la famille, mais leurs explications étaient tout aussi distrayantes. Pour certains, l’apparition des visages était due à l’humidité de la maison ou au dépôt accidentel de certaines substances, telles de la graisse par exemple, sur le ciment brut. Ces dépôts avaient provoqué l’apparition de taches sur le sol, et les membres de la famille Pareira avaient naïvement cru y voir des visages. Leur obsession avait influencé les villageois, qui avaient fini par se persuader qu’il s’agissait bien là de visages.
Bien évidemment, ils avançaient également une théorie quand aux changements d’expression des visages, affirmant que les tâches se modifiaient d’elles-mêmes suite à divers changements de température. Les voix enregistrées n’étaient, quand à elles, que des bruits de la rue ou celui du ruisseau sous la maison.

En 1994, le magazine Enigmas relançait l’histoire de la Maison aux Visages, qui connut une nouveau succès.En 1995, le CESIC, le Conseil Supérieur d’Enquêtes Scientifiques espagnol, rapporta qu’aucune trace de peinture ni d’éléments autrefois mis en cause au cours des différentes analyses n’étaient présents dans les échantillons qu’ils avaient prélevés sur les visages de Bélmez. La plupart des chercheurs, dont German de Argumosa, pensaient que ces dessins étaient inconsciemment créés par María, qui faisait preuve, sans le savoir, de talents télékinésiques mais d’autres soutenaient que le vieux cimetière situé sous la maison était à l’origine des manifestations qui continuaient à se produire, apparaissant et disparaissant lors de la même journée ou se transformant au fil des années.

Au matin du 3 février 2004, Maria Gomez Pereira perdait la vie, emportant avec elle le secret de la Maison aux Visages. Peu de temps après, la nièce de María affirma avoir découverts de nouveaux visages à quelques dizaines de mètres de là, dans la maison où était née sa tante, et la Société Espagnole de Recherches Parapsychologiques attesta de leur authenticité. Étrangement, ces dessins ne ressemblaient en rien aux précédents et ils étaient recouverts d’une fine couche d’huile d’olive. Quelques années plus tard, des journaux espagnols accusèrent l’association d’avoir peints ces nouveaux visages à la demande du maire, qui voulait, disaient-ils, ouvrir un musée dans cette maison, les héritiers de María demandant bien trop pour l’originelle. Cette histoire pathétique allait jeter le discrédit sur les nouveaux dessins comme sur les anciens. En 2007, le fils de María fut, une nouvelle fois, accusé d’avoir peint les visages. Il se serait servi de vieilles photos de famille pour parvenir à ces fins, et certains clichés en apportaient soi-disant la preuve formelle.

Faux visage de 2004 et "Preuve " de la Fraude

Faux visage de 2004 et  » Preuve Formelle  » de la Fraude

Depuis la mort de María, certains disent que les apparitions ont cessé, mais d’autres prétendent qu’elles continuent à se produire. Selon eux, certains visages se seraient estompés, d’autres continueraient à évoluer et de nouveaux auraient été signalés. Différents articles de journaux et de nombreux ouvrages ont été écrits sur la Maison aux Visages, chacun prétendant détenir la vérité absolue. Pourtant, il n’en est rien. Aujourd’hui encore, personne n’a jamais pu prouver que les apparitions étaient l’œuvre d’un mystificateur, et personne n’a pu démontrer leur authenticité.

Évolution du Rabbin

Source: Principalement Las Caras de Bélmez, Historia de une Conjura ( Les Visages de Bélmez, Histoire d’un Complot) de Lorenzo Fernández Bueno

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