Le Fantôme du Cimetière de Greyfriars

Le Cimetière de GreyfriarsA Édimbourg, en Écosse, se trouve un charmant petit cimetière gothique, le cimetière de Greyfriars Kirkyard, qui est réputé être le cimetière le plus hanté du monde. Depuis longtemps déjà, des témoignages sur des manifestations étranges étaient rapportées mais en 1999, après le réveil accidentel de l’esprit malfaisant de George MacKenzie, le phénomène s’intensifia brusquement, faisant un nombre incroyable de victimes.

L’Histoire du Cimetière de Greyfriars

George MacKenzie

George MacKenzie

Le cimetière de Greyfriars tient son nom du monastère franciscain qui se trouvait autrefois sur le site. En 1561, constatant qu’il était impossible de continuer à inhumer les paroissiens dans l’église, par manque de place mais également à cause des  » odeurs et des inconvénients de l’été  » , le conseil de la ville décida d’éloigner le cimetière du centre d’Édimbourg, choisissant la cour de l’ancien monastère de Greyfriars comme nouveau lieu de sépulture.

Le 28 Février 1638, les covenantaires, qui étaient des presbytériens écossais, signèrent un pacte pour signifier leur opposition aux Stuart, leur contestant le droit de s’insinuer dans les affaires de l’Église. A cette époque, les monarques se pensaient rois par volonté divine et ils se croyaient également les chefs spirituels de l’Église d’Écosse, ce que contestaient les covenantaires, qui affirmaient que seul Jésus-Christ pouvait prétendre à ce titre.

Il s’en suivit une période de répression très sévère au cours de laquelle les prêtres qui sympathisaient avec les covenantaires furent contraints de quitter leurs paroisses. Beaucoup continuèrent néanmoins à prêcher à l’air libre, dans des granges ou dans des maisons, ce qui était considéré comme une infraction passible de mort. Les citoyens étaient également surveillés, et ceux qui ne fréquentaient pas les églises épiscopales pouvaient être sévèrement sanctionnés, soumis à la question et torturés. Il pouvait leur être demandé de déclarer fidélité au roi, et ceux qui s’y refusaient étaient parfois exécutés par les dragons, qui fouillaient les villages à la recherche des rebelles.

Le 22 juin 1679, après la défaite des partisans covenantaires à la bataille de Bothwell Brig, plus de 1200 prisonniers furent amenés à Édimbourg, parmi lesquels 400 furent enfermés dans section fortifiée au sud du cimetière de Greyfriars, qui est maintenant connue comme la Prison des covenantaires.

Grilles de la Prison

Grilles de la Prison

Ils y restèrent durant les cinq mois d’hiver, sans véritable abri, survivant grâce au peu de pain et à l’eau qui leur étaient distribués. Leurs conditions de vie étaient si terribles que quatre mois plus tard, il ne restait plus que 257 survivants. Certains furent déportés à l’étranger, pour y servir comme esclaves ou pour y être exécutés, d’autres furent libérés après avoir signé un serment d’allégeance au roi, et ceux qui étaient morts en prison furent enterrés dans le cimetière de Greyfriars, à l’endroit traditionnellement réservé aux criminels.

Sir George Mackenzie était le représentant de Charles II en Écosse, et il était responsable de ces persécutions, qui firent 18 000 victimes. Il était un mari et un père aimant, un avocat estimé, un auteur reconnu, mais durant cette période, il se montra si terriblement cruel qu’il fut surnommé Bloody Mackenzie (Mackenzie le Sanglant). La légende rapporte qu’il détestait tellement les covenantaires que rien ne le réjouissait plus que de voir leurs corps se balancer au bout d’une corde. En 1691, quand il mourut, George Mackenzie fut inhumé dans un petit mausolée de pierre, non loin de l’endroit où il avait laissé agoniser tant de rebelles.

Au début du 19e siècle, le cimetière fut victimes des pilleurs de tombes, qui fournissaient l’École de Médecine d’Edinburgh en cadavres à disséquer, et pour s’en protéger les familles firent installer des cages de fer pour protéger les sépultures. Les grilles de ces cages s’enfonçaient profondément dans la terre, dissuadant les voleurs de corps, qui se devaient d’agir rapidement, d’accomplir leur forfait. Au début des années 1840, alors que la photographie venait de naitre, le charme romantique du cimetière de Greyfriars inspira certains artistes de talent, comme David Octavius ​​Hill et Robert Adamson.

En 1758, John Gray, qui travaillait comme veilleur de nuit pour la police, mourut de la tuberculose et il fut enterré au cimetière de Grayfriars. Bobby, son petit chien, vint alors se coucher sur sa tombe et il y resta pendant les quatorze années qui suivirent.

Bobby Greyfriars

Bobby

En 1867, William Chambers, le maire de la ville, qui était également un administrateur de la Société Écossaise pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux, lui offrit un collier, qui fut ensuite exposé au Musée d’Édimbourg et qui s’y trouve toujours. A sa mort, le 14 janvier 1872, le chien fut enterré près de la grille du cimetière, non loin de la tombe de son maitre, et un an plus tard, Lady Burdetts-Coutts fit élever une statue et une fontaine en sa mémoire à l’extrémité du pont George IV. Plusieurs livres et films ont été inspirés par la vie de Bobby, parmi lesquels le roman Greyfriars Bobby d’Eleanor Atkinson, et les films Greyfriars Bobby et The Adventures of Greyfriars Bobby.

La Hantise de George MacKenzie

Le Mausolee de George MacKenzie

 » Quand l’âme de l’homme sera certainement en enfer, son corps reposera mensongèrement dans un tombeau toutefois couteux; à un moment ou un autre la porte doit s’ouvrir, alors le réprouvé sortira dans les vêtements abhorrés de la tombe.  » Edinburgh, Picturesque Note, 1879. Le poète écossais Robert Louis Stevenson avait ainsi prédit le sinistre destin de George MacKenzie, et il ne s’était pas trompé.

Une légende raconte qu’un bandit de grand chemin nommé John Hayes fuyait la justice et qu’il avait trouvé refuge dans la crypte du mausolée de MacKenzie. Pendant six mois l’homme se dissimula dans le tombeau, vivant du peu de nourriture qu’il trouvait ici et là. Finalement, quand la police réussit à le capturer, l’homme était devenu fou. Il affirmait que chaque nuit, les cercueils se déplaçaient dans la crypte et que Bloodie MacKenzie pouvait être entendu, grattant le bois de son cercueil.

Une nuit de décembre 1998, un vagabond errait dans les rue d’Édimbourg, bravant la tempête qui sévissait alors, lorsqu’il remarqua que les grilles du cimetière de Greyfriars étaient restées ouvertes. Luttant contre la pluie et le vent qui s’acharnaient sur lui, l’homme erra un moment dans les allées du cimetière, puis avisant un mausolée qui lui semblait plus apte à le protéger que les autres, il décida de s’y réfugier. Le tombeau était plongé dans la pénombre mais l’homme ne se sentait nullement effrayé. Peut-être s’imaginait-il que quelque trésor était enfoui sous la terre, ou peut-être cherchait-il juste à tromper l’ennui, mais remarquant une grille de fer encastrée dans le sol, il l’ouvrit sans difficulté. Un petit escalier s’ouvrait devant lui, qui se perdait dans les les ténèbres, et sans hésiter, l’homme suivit les quelques marches qui le constituaient. Quatre cercueils de bois gisaient sur le sol d’une petite pièce et brusquement fébrile, il s’avança le plus proche. Il s’efforçait de l’ouvrir, brisant le bois dans sa hâte, quand soudain, le plancher s’ouvrit sous ses pieds, le projetant dans un trou depuis longtemps oublié. A l’intérieur, des cadavres s’entassaient pêle-mêle, dont il ne restait que des os, des touffes de cheveux et de rares lambeaux de vêtements. Le vagabond venait de découvrir une fosse commune, où avaient été enterrées des victimes de la peste trois cent ans auparavant. Épouvanté, l’homme se mit à hurler et se débattant follement, il réussit à s’extirper du trou où il était tombé. Il ressortit précipitamment de la crypte, se blessant cruellement contre la porte d’entrée dans sa fuite, ce qui ne l’arrêta en rien. Alerté par les cris, le gardien de nuit, qui faisait sa ronde en compagnie de son chien, remontait l’allée vers le mausolée quand soudain, une créature au visage ensanglanté surgit devant lui. Une brusque panique submergea alors le gardien qui s’enfuit à son tour, terrifié. Le lendemain matin, il signala l’incident, mais jamais personne ne retrouva le vagabond, ou n’entendit parler de lui.

Phénomènes Étranges Greyfriars

Phénomènes Étranges au Cimetière de GreyFriars

Depuis longtemps déjà la rumeur rapportait qu’à la nuit tombée, des silhouettes pâles, des oiseaux éthérés et des enfants fantomatiques se glissaient, silencieux et fugitifs, entre les tombes du cimetière de Greyfriars, mais en pénétrant dans la crypte, l’homme avait réveillé quelque chose de terrible, quelque chose de foncièrement mauvais qui brûlait de se faire connaitre. Deux jours plus tard, une femme regardait à travers la grille de fer qui scellait à nouveau l’entrée du tombeau quand soudain, une force invisible, qui était semblable à un souffle glacé, la força à reculer. Peu de temps après, un membre du personnel se plaignit d’être toujours observé quand il passait devant le Mausolée Noir, comme il le surnommait, un garçon rapporta avoir entendu des bruits de respiration profonde en provenance de la crypte, puis une autre femme fut découverte, étendue sur le sol, près de la tombe. Son cou était marqué d’étranges contusions. Quand elle reprit ses esprits, elle affirma que des mains invisibles avaient tenté de l’étrangler. Un jeune homme, qui portait des blessures similaires, fut ensuite retrouvé inanimé juste en face du mausolée et le problème devint une évidence.

Le conseil municipal d’Édimbourg décida alors de sceller la porte du mausolée d’une lourde chaine, interdisant à quiconque d’y rentrer, ce qui ne fit en rien cesser le phénomène. Peu de temps après, comme la presse se faisait l’écho des différents phénomènes, Jan-Andrew Henderson, un écrivain local, demanda la permission d’organiser des visites guidées du tombeau, et son idée fut approuvée. Des visites nocturnes furent alors proposées par la société la Black Art Entrainement, dont il était le dirigeant, et la liste des victimes devint plus impressionnante encore. La plupart des incidents se déroulaient toujours au même endroit, entre le mausolée de MacKenzie et l’ancienne prison des covenantaires, et ils se distinguaient non seulement par leur fréquence, mais également par leur gravité et par le nombre de personnes qui y assistaient. Certains des visiteurs, dont les corps pouvaient témoigner de leurs dires, étaient lacérés, battus, mordus ou griffés. D’autres parlaient de nausées, d’engourdissements, d’odeurs épouvantables, de lumières étranges, de courants d’air glacés, de coups dans les murs ou sous le sol de la crypte, que tout le monde entendait, et parfois ils perdaient connaissance, se réveillant même en d’autres endroits du cimetière. L’activité du fantôme ne se limitait pas au mausolée. Des sépultures étaient brisées aux environs du tombeau, des animaux morts étaient retrouvés juste en face de la crypte, et quatre des maisons qui bordaient le cimetière étaient victimes de phénomènes de poltergeist.

Le phénomène avait pris une telle ampleur, quarante-neuf personnes avaient affirmé avoir connu des expériences paranormales en visitant la prison des covenantaires au cours des huit mois précédents, qu’en novembre 1999, Colin Grant, un prêtre qui avait des dons de médium, décida d’effectuer un exorcisme dans le cimetière de Greyfriars. Il contacta Clair Gardner, un reporter dont le journal avait rapporté quelques unes des attaques, et après lui avoir expliqué qu’il était possible de régler le problème grâce à un rituel, il lui proposa de le suivre.

 » Colin s’est avancé et je suis resté en arrière. Il s’est retourné vers moi et m’a dit qu’il pensait que l’esprit était trop fort pour lui, et qu’il pouvait le tuer. Comme nous marchions autour de la zone de la prison, Colin a décrit ce qu’il pouvait voir. Il a dit qu’il voyait des bébés morts couchés sur le côté de l’immeuble, et qu’il y avait un homme pendu aux chevrons. Il y avait aussi certaines mères et leurs enfants qui nous suppliaient. Il a dit qu’il y avait une tragique mer d’âmes. Colin a fait le tour en récitant des passages de la Bible et en saupoudrant de l’eau bénite. Il a dit qu’il voulait essayer de libérer tous les esprits, mais à la fin il ne pouvait pas car ils étaient tout simplement trop nombreux. Après avoir effectué l’exorcisme, il était épuisé et s’appuyait sur moi pour que je le soutienne. Il a dit qu’il était complétement vidé et de nouveau, il s’est retourné et m’a dit qu’il pensait que ça allait le tuer. Il a également refusé de s’approcher de la tombe de MacKenzie, car ça aurait été trop pour lui.  »

Colin Grant avait senti des forces si accablantes qu’il avait préféré renoncer mais hasard ou conséquence, quelques semaines plus tard, le prêtre mourut d’une crise cardiaque alors qu’il participait une séance de spiritisme. Un an après, son fils se risqua lui-aussi à exorciser le cimetière de Greyfriars, sans plus succès. Loin de décourager l’esprit maléfique, ces tentatives d’exorcismes semblaient avoir attisé sa fureur et il continuait à se déchainer, se montrant plus dangereux et plus violent encore. Il brisait des doigts, étranglait, griffait, tirait les cheveux, brûlait les uns, piquait les autres, ou donnait des coups de pieds, suivant son humeur.

Blessures Attribuées à l'Esprit de MacKenzie

Blessures Attribuées à l’Esprit de MacKenzie

Mais ses manifestations ne se limitaient pas aux attaques. Souvent, en sa présence, les caméras et les appareils photos connaissaient des dysfonctionnements, et parfois des odeurs de sels ou de souffre étaient signalées, ainsi que des rires inexplicables, des grognements, et des sons étranges qui semblaient émaner de sous la terre. Un jour, un guide qui faisait visiter le cimetière rapporta:  » Nous n’étions pas encore rentré dans le Mausolée Noir quand nous avons commencé à entendre des coups frappés qui venaient d’en-dessous de nous, qui ne cessaient de croire et semblaient se déplacer le long des murs.  »

Certains affirmèrent que le fantôme les avait suivis jusqu’à chez eux, les tourmentant durant quelques heures ou quelques semaines, allumant et éteignant les lumières, perturbant les appareils électriques, ou les agressant physiquement. Parfois, les traces des attaques spectrales disparaitraient immédiatement, mais d’autres duraient pendant des mois, ou laissaient des cicatrices indélébiles. Un homme, un ancien policier qui préférait rester anonyme, décrivit ainsi son expérience:  » Après la tournée, j’ai décidé de retourner à notre chambre d’hôtel. Je feuilletais The Ghost That Haunted Itself, un livre de Jan-Andrew Handerson sur le Poltergeist de MacKenzie, quand soudain j’ai senti une forte brûlure sur le côté droit de mon cou. Il y avait au moins cinq éraflures profondes, juste sous la pomme d’Adam. En rentrant chez moi, le lendemain matin, je suis allé directement à la maison de mère et je lui prêté le livre, que je ne voulais pas garder chez moi. Hier, je l’ai ai téléphoné pour lui demander ce qu’elle en pensait et incroyablement, elle venait juste de remarquer cinq grandes griffures en travers de sa gorge, qui étaient identiques aux miennes. Je ne suis pas le genre de personne à avoir facilement peur, mais maintenant, je vous jure que j’ai très peur. Le phénomène que vous avez dans la prison du cimetière est réel.  »

Depuis qu’elle faisait visiter le site, la Black Art Entrainement tenait des registres et gardait des photographies des agressions dont étaient victimes les visiteurs. En 2003, un violent incendie, dont les enquêteurs de l’assurance ne purent expliquer l’origine, balaya les bureaux de la société et la maison de son directeur, qui donnaient sur le cimetière, épargnant les propriétés avoisinantes. Des années de témoignages, de lettres, de photographies et d’enregistrements se perdirent alors dans les flammes. A cette époque, l’auteur venait juste sortir son livre, et la coïncidence était troublante. Selon Jan-Andrew Henderson:  » Je suis une personne très scientifique, et je ne sais pas si je crois aux fantômes ou non mais je n’ai pas d’autre explication pour toutes les personnes qui ne sont effondrées, qui ont eu leurs doigts cassées ou autres. J’ai même reçu les appels de deux personnes qui disent que leur partenaire a été interné, et qui en rejettent le blâme sur le fantôme.  »

En 2006, le journal The Scotsman écrivit que depuis le réveil de l’esprit, il y avait eu 450 attaques documentées, que 140 personnes étaient tombées sur le sol, inconscientes. De nos jours, le fantôme de MacKenzie continue à hanter son mausolée et la prison des covenantaires, se montrant plus ou moins actif selon les périodes. Des visites nocturnes sont toujours organisées, et les photos de certains des phénomènes et des blessures subies par les victimes de l’esprit maléfique viennent régulièrement enrichir The City of The Dead, le site de la société organisatrice .

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