Les Vampires de Dillsboro

Chauve-Souris Vampire

En 1788, peu après l’installation du Dr Alfort dans leur village, des habitants de Dillsboro, en Caroline du Nord, furent retrouvés assassinés. D’une étrange manière, leurs cadavres présentaient tous deux petits trous à la gorge, d’où du sang avait coulé.

Petite DécorationAu printemps 1788, une nouvelle famille, dont la rumeur disait qu’elle descendait de la royauté, vint s’installer à Dillsboro, un petit village dans les montagnes de Caroline du Nord. Après avoir acheté des terres près de la rivière, M. et Mme Alfort, car tel était leur nom, firent construire une magnifique demeure de style colonial et ils y aménagèrent avec leur fils de 15 ans. Puis, comme M. Alfort était docteur en médecine, il ouvrit un cabinet et une pharmacie à l’avant du bâtiment et tous les villageois se réjouirent de cet événement. Malheureusement, peu de temps après, deux hommes qui avaient consulté le Dr Alfort pour un problème de goutte moururent aussi subitement qu’inexplicablement et tous les regards se tournèrent vers le nouveau médecin.

Un vent de colère souffla alors sur le village, dont les habitants soupçonnaient le Dr Alfort d’avoir tué deux des membres respectés de la communauté par négligence ou pire encore, de les avoir volontairement assassinés. Cherchant à apaiser les esprits, le prêtre de l’église locale rappela à ses paroissiens que les lendemains n’étaient promis à personne et que tout le monde pouvait mourir d’un instant à l’autre si telle était la volonté divine. Suite à ce sermon, la paix revint à Dillsboro où il ne se produisit rien de notable pendant quelques mois puis une nuit d’automne, la femme du prêtre rentrait dans la chambre des enfants quand soudain elle aperçut une silhouette sombre qui planait au-dessus de sa fille. Épouvantée, elle se mit alors à crier mais il était déjà trop tard. Quand son mari arriva dans la pièce, l’ombre avait disparu et la fillette, qui était en parfaite santé la veille au soir, était déjà morte. Son corps ne présentait aucun signe de blessure mortelle, mais sa gorge était percée de deux étranges petits trous, d’où un peu de sang s’était échappé et qui avait coulé sur son oreiller.

Cette tragédie suscita une vive émotion dans toute la région et des rumeurs commencèrent à courir qu’un vampire, ou peut-être même plusieurs, se dissimulaient parmi la population. Au cours des jours qui suivirent, des hommes fouillèrent les alentours en vain mais une nuit certains rapportèrent avoir vu une énorme chauve-souris noire voler au-dessus d’eux, qui était si grande qu’elle ne pouvait pas être de ce monde. En apprenant qu’une telle créature rôdait près de Dillsboro, les gens commencèrent à fermer leurs portes et leurs fenêtres, ce qu’ils n’avaient pas l’habitude de faire, et quand le soleil se couchait ils s’entassaient tous dans la même pièce, craignant de laisser les enfants dormir seuls dans leur chambre.

Quelques jours plus tard, un jeune garçon arriva en courant au village et il frappa frénétiquement à la porte de ses grands-parents. L’enfant, qui semblait terrifié, expliqua à son grand-père qu’il se trouvait chez lui quand quelque chose avait attaqué ses parents, mais qu’il avait réussi à s’enfuir et à courir jusqu’à lui. Le vieil homme s’empressa de prévenir ses voisins et quelques hommes se proposèrent de l’accompagner jusqu’à la maison sur la colline, où vivait le garçon et sa famille. Une fois sur place, ils constatèrent que le père et la mère de l’enfant étaient morts, tout comme ses deux jeunes sœurs de 3 et 9 ans, et que d’étranges marques, semblables à des piqures, ornaient le cou des quatre cadavres. Les habitants des villages voisins furent alors prévenus qu’un nouveau drame venait de se produire et les jours suivants les collines et les vallées environnantes furent minutieusement fouillées, sans que rien ni personne ne soit découvert.

Au début de l’année 1789, aucun nouveau drame ne s’était produit et les habitants de Dillsboro commençaient à espérer que la maléfique créature qui les tourmentait était définitivement partie. Malheureusement, un soir de février un effroyable hurlement retentit, qui venait d’une maison qu’un jeune couple occupait à mi-chemin entre le village et les collines. Alertés par ce cri, certains de leurs voisins sortaient de chez eux quand soudain ils aperçurent une silhouette humanoïde sombre qui courait vers la propriété des Alfort. Ignorant cette étrange apparition, ils se précipitèrent vers la petite bâtisse où un silence inquiétant semblait maintenant régner. Quand ils en poussèrent la porte, ils découvrirent les corps des deux jeunes gens qui gisaient à même le sol. Sur leurs gorges se dessinaient les mêmes horribles traces de morsures que celles qui avaient pu être observées sur les autres cadavres.

Un groupe d’hommes se rassembla alors, qui décida d’aller interroger les Alfort. Ils martelèrent la porte de leurs poings, demandant à rentrer, mais le Dr Alfort refusa obstinément de leur ouvrir et, comme ils insistaient, il finit par leur proposer de monter la garde devant la maison, ce à quoi ils consentirent. Le lendemain matin, aux premières lueurs de l’aube, le shérif vint rejoindre les villageois qui se massaient devant la porte principale de la maison des Alfort et persuadé que le meurtrier du jeune couple se trouvait toujours à l’intérieur, il décida d’en forcer l’entrée. Le Dr Alfort tenta de raisonner les hommes qui s’engouffraient chez lui mais des mains le saisirent, qui l’entrainèrent à l’extérieur et l’attachèrent à un arbre.

L’intérieur de la maison était des plus ordinaires, si ce n’était les lits qui, malgré l’heure matinale et bien qu’ils aient été préparés, n’étaient occupés par personne et ne semblaient pas l’avoir été de la nuit. Après avoir visité le premier étage et le rez de chaussée sans rien découvrir, les hommes remarquèrent une lourde porte verrouillée qui s’ouvrait sur un escalier menant à la cave. Sur le sol de la petite pièce gisaient trois cercueils et dans l’un d’eux se trouvait Mme Alfort, entièrement vêtue de noir et bien vivante. Quand ils voulurent la forcer à sortir de la boite, soudain elle sembla devenir hystérique, et maudissant ses bourreaux elle se mit à siffler comme un chat. Quand au fils des Alfort, le jeune homme de 15 ans, il demeura introuvable.

Tout semblait parfaitement clair. En sortant de la maison, le shérif et le maire de Dillsboro expliquèrent à la foule qui les attendait devant la porte que les membres de la famille Alfort n’étaient pas des êtres humains mais de viles créatures qui se nourrissaient du sang des hommes pour se maintenir en vie. Alors, sans autre forme de procès, M. et Mme Alfort furent pendus à un arbre puis, pour plus de sureté, le shérif et ses hommes déposèrent les deux cadavres dans la belle demeure coloniale qui était autrefois la leur, et ils y mirent le feu. L’histoire raconte que suite à cette exécution, plus aucun décès étrange ne fut à déplorer dans la région. Quand au fils du Dr Alfort, jamais personne ne le revit.

Malgré son ancienneté cette incroyable histoire serait particulièrement bien documentée. Toutefois, si toutes les victimes furent retrouvées le cou marqué de piqures, rien ne prouve que les Alfort étaient vraiment responsables de leur mort.

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