La Possession de Mary Lurancy Vennum

The Watseka WonderAu XIXe siècle, Mary Lurancy Vennum, une jeune fille de 13 ans, affirma qu’elle était possédée par l’esprit de Mary Roff, une adolescente qui avait perdu la vie une quinzaine d’années auparavant. En 1879, le Dr Stevens, qui s’était occupé de Lurancy durant sa possession, rapporta son histoire dans un livre, The Watseka Wonder (La Merveille de Watseka). La  » possession spirituelle  » de Mary Lurancy Vennum est le premier cas documenté d’Amérique, et l’affaire est connue, par extension, sous le nom The Watseka Wonder.

Mary Roff

Mary RoffMary Roff, fille d’Ann et Asa Roff, était née dans l’Indiana, le 8 octobre 1846. Depuis l’âge de six mois, la fillette faisait de fréquentes et violentes crises d’épilepsie qui affectaient son moral. Elle avait des périodes de tranquillité, durant lesquelles elle était en bonne santé et elle ressemblait à une petite fille comme toutes les autres, puis brusquement les crises revenaient et la fillette déprimait. Durant de ces périodes, elle jouait de la musique, des airs à l’image de son de son humeur, et elle chantait souvent de tristes mélodies, telles que We are Coming, Sister Mary, qui était sa chanson préférée.
Espérant lui trouver un traitement, ou du moins un soulagement, Ann et Asa Roff avaient consulté de nombreux spécialistes dans différentes villes mais toutes leurs tentatives avaient été vaines. Alors, en 1859, ils s’étaient finalement installés dans la petite ville de Watseka, à 70 km au sud de Chicago, une ville où ils allaient rester durant de longues années.
Mais alors qu’elle était âgée de quinze ans, la violence des crises de Mary augmenta brusquement et ses parents constatèrent avec inquiétude que son moral s’en trouvait sérieusement affecté. Avant chacune de ces périodes, la jeune fille plongeait dans une sombre mélancolie et rien ne semblait pouvoir l’en faire sortir. Les Dr Jesse Bennett, Franklin Baldes et NS Davis, les médecins qui s’occupaient habituellement de la santé de Mary, et d’autres éminents spécialistes l’examinèrent à nouveau et ils décidèrent de l’envoyer en cure à Peoria. La jeune fille y suivit un traitement par les eaux durant dix-huit mois, malheureusement sans grand succès.

Au cours de l’été 1864, Mary, qui cherchait à soulager sa peine, commença à se taillader pour se faire saigner. Quand ses parents lui demandèrent pourquoi elle agissait ainsi, elle leur répondit qu’en faisant ça elle  » soulageait la douleur de sa tête  » et ils s’empressèrent d’appeler les médecins qui la suivaient. En apprenant que la perte de sang atténuait ses troubles, les Dr Fowler, Secrest et Pittwood, qui s’étaient rendus à son chevet, décidèrent de lui appliquer des sangsues. Le soulagement fut tel que Mary se prit d’affection pour elles, et commença à les traiter comme de petits animaux familiers. La jeune fille les mettait sur ses tempes d’elle-même et les gardait jusqu’au moment où elle se sentait mieux.
Malgré tout, son état de santé ne s’améliorait pas et Mary désespérait. Le samedi 16 juillet 1864, une grande lassitude s’étant emparée d’elle, Mary prit un couteau et elle se dirigea vers l’arrière-cour de la maison. Là, elle se trancha profondément les veines du poignet, espérant ne plus jamais se réveiller. Lorsque le saignement devint excessif, la jeune fille s’évanouit. Il était alors neuf heures du matin. Un peu plus tard, ses parents la découvrirent et ils appelèrent immédiatement un médecin. Mary resta inconsciente jusqu’à deux heures de l’après-midi et quand elle reprit connaissance, elle semblait avoir perdu l’esprit. La jeune fille paraissait folle furieuse et se comportait de la plus violente des manières. Elle allait rester dans cet état durant cinq jours et cinq nuits. Bien qu’elle ait pratiquement pratiquement tout son sang, sa fureur était telle qu’il fallut cinq hommes valides pour la maintenir sur son lit.

Puis son agitation retomba brusquement et Mary dormit quinze heures d’affilé. Lorsqu’elle se réveilla, la jeune fille découvrit que ses yeux avaient été bandés afin d’éviter qu’elle ne se blesse accidentellement durant sa violente crise. Ignorant le tissu qui recouvrait encore ses paupières, Mary saisit L’Encyclopédie du Dr Trail puis elle suivit la colonne de son index jusqu’au mot sang et commença à lire le sujet avec aisance. Pour une obscure raison, elle voyait maintenant tout aussi clairement que ses yeux soient bandés ou qu’ils ne le soient pas. Elle allait garder cette capacité jusqu’à la fin de ses jours.

Mary se prêtait à toutes les expériences et de nombreuses personnes furent témoins de ce phénomène parmi lesquelles sa famille, ses amis, AJ Smith, le rédacteur en chef du journal le Danville Times et le révérend JH Rhea.
Un jour, après lui avoir fortement bandé les yeux, ils lui demandèrent de lire une lettre scellée qui se trouvait dans la poche du journaliste, ce qu’elle fit sans l’ombre d’une hésitation. Ils lui présentèrent ensuite une boite remplie de lettres écrites par ses amis et Mary s’assit tranquillement puis elle se mit à parcourir les lettres à haute voix, sans jamais se tromper sur leur contenu. Certains spectateurs avaient glissé quelques courriers personnels dans la boite mais la jeune fille ne se laissait pas abuser. Quand elle retrouvait une de leurs lettres, elle la mettait simplement de côté, sans la lire. A la suite de cette démonstration, le rédacteur en chef du journal, impressionné, fit paraitre un long article sur les capacités paranormales de Mary dans les colonnes du Danville Times.

Mais le nouveau talent dont elle faisait preuve n’empêchait pas la maladie de progresser. L’intensité de ses crises continuait à augmenter aussi les autorités médicales conseillèrent-elles aux parents de Mary de placer leur fille dans un asile, mais ils ne purent s’y résoudre.
Le 5 juillet 1865 Ann et Asa allèrent passer trois jours à Peoria, chez des amis. Ce jour-là, après un copieux petit déjeuner, Mary était allée s’allonger sur son lit pour se reposer quand soudain, on l’entendit crier. Quelques instants plus tard, elle perdait la vie.

Mary Lurancy Vennum

LurancyThomas J. Vennum et Lurinda J. Smith s’étaient mariés le 2 décembre 1855 et leur petite fille, Mary Lurancy Vennum, était née le 16 avril 1864, dans la ville de Milford, qui se trouvait à quelques kilomètres au sud de Watseka. La famille avait déménagé dans l’Iowa le 12 juillet 1864, puis elle était revenue s’installer à proximité de Watseka en octobre 1865.

Marie Lurancy Vennum, que ses proches surnommaient affectueusement Rancy, avait connu une enfance des plus banales et elle n’avait jamais été malade, excepté un bref épisode de rougeole en 1873, mais peu avant les premiers incidents, elle tint à sa famille des propos étranges:  » Il y avait des personnes dans ma chambre la nuit dernière, ils m’ont appelée, Rancy, Rancy! et je sentais leur souffle sur mon visage.  »
La nuit suivante, la jeune fille se leva de son lit et se rendit dans la chambre de ses parents, leur expliquant qu’elle n’arrivait pas à dormir. A chaque fois qu’elle essayait, des personnes apparaissaient et l’appelaient: Rancy, Rancy!
En entendant son histoire, sa mère décida de dormir avec elle, et la jeune fille, rassurée, plongea dans un profond sommeil pour le reste de la nuit.

Quelques jours plus tard, le 11 juillet 1877, Lurancy passa tout l’après-midi à coudre un tapis, ne posant son ouvrage qu’à dix-huit heures, lorsque sa mère l’appela pour souper. La jeune fille venait tout juste de se lever quand soudain elle lui dit:  » Maman, je me sens mal, je me sens bizarre.  » Puis, plaçant sa main sur son sein gauche, elle s’effondra brusquement sur le sol, comme morte, et tous les muscles de son corps se tétanisèrent brusquement. Lurancy resta dans cet état durant cinq heures et quand elle reprit conscience elle expliqua qu’elle se sentait  » très étrange « . Le lendemain, après une nuit paisible, la jeune fille fut victime d’une nouvelle crise. Tout comme le jour précédent elle s’effondra sur le sol, le corps rigide, mais cette fois, elle se mit à parler à haute voix, décrivant des choses qu’elle seule semblait voir. Elle disait qu’elle apercevait des esprits et elle appelait par leurs noms ceux qu’elle reconnaissait. Parmi eux, se trouvaient sa sœur et son frère Bertie, qui était mort alors que Lurancy était âgée de trois ans. Lorsque la jeune fille les aperçut, elle s’écria:  » Oh ma mère! Vous ne voyez pas la petite Laura et Bertie. Ils sont si beaux!  »

Alors que l’été s’écoulait, les transes de Lurancy devenaient de plus en plus fréquentes. Lorsqu’elle sombrait dans l’inconscience, la jeune fille décrivait le ciel et les esprits, ou les anges, comme elle les appelait. Puis en septembre, ses crises cessèrent brusquement et toute sa famille s’en trouva grandement soulagé.
Malheureusement cette accalmie fut de courte durée car le 27 novembre 1877 et les deux semaines qui suivirent Lurancy fut en proie, cinq à six fois par jour, à d’insoutenables douleurs à l’estomac. Lorsque la douleur atteignait son paroxysme, la jeune fille se repliait tellement sur elle-même que sa tête touchait ses pieds. Le 11 décembre, alors qu’elle subissait l’une de ces attaques, Lurancy perdit brusquement connaissance et elle sombra dans une transe paisible au cours de laquelle elle décrivit, comme elle le faisait quelques mois auparavant, le ciel et ses esprits, qu’elle appelait toujours les anges. A partir de ce moment là, et jusqu’au 1er février 1878, Lurancy fut régulièrement victime de crises, qui devinrent de plus en plus fortes. Lors de ces crises, qu’elle subissait de trois à huit fois par jour et qui pouvaient durer d’une à huit heures, la jeune fille perdait conscience, ses pulsations cardiaques étaient faibles, elle respirait lentement, sa température corporelle baissait et elle tombait parfois dans cet état extatique au cours duquel elle prétendait être au ciel. Durant toute cette période et jusqu’au milieu du mois de janvier 1878, Lurancy fut confiée aux bons soins du Dr LN Pittwood en été et du Dr Jewett en hiver. Ils étaient d’éminents médecins allopathes, et ils résidaient tous deux à Watseka.

Pour tous ses proches, à l’exception de ses parents et de quelques observateurs compatissants, la place de Lurancy était à l’asile. Mlle Allison, Mlle Jolly, tout comme ses autres amies, pensaient qu’elle était folle aussi le révérend BM Baker, le pasteur méthodiste qui était en charge à Watseka, se résolut-il à écrire à l’asile d’aliénés pour demander si la jeune fille pouvait y être reçue.

Les familles Roff et Vennum habitaient les limites opposées de la ville et elles ne se connaissaient pas vraiment. Mme Roff n’avait parlé à Mme Vennum qu’à une seule occasion, leur conversation n’avait duré que quelques minute et elles ne s’étaient jamais recontactées par la suite. Quand à leurs maris, ils ne s’étaient jamais adressé la parole.
En cette fin du 19e siècle, le mouvent spiritualiste était à son apogée et les événements qui entouraient Lurancy attiraient de nombreux visiteurs et tout autant de médiums curieux de voir la jeune fille en transe. Mr et Mme Roff, les parents de Mary, avaient bien évidemment entendu parler de Lurancy et ses problèmes leur rappelait curieusement les crises dont avait été victime leur propre fille. Ils décidèrent alors de rencontrer les parents de la jeune fille et, pensant qu’il pourrait peut-être les aider, ils leur conseillèrent de consulter le Dr E. Winchester Stevens de Janesville, dans le Wisconsin, un médecin féru de spiritisme.

Dr StevensLorsque le Dr Stevens se présenta à Lurancy pour la première fois, il était accompagné de Mr Roff. La jeune femme assise sur une chaise près du poêle, elle avait ses coudes posés sur ses genoux, ses mains sous son menton, ses pieds recroquevillés sur sa chaise et ses yeux semblaient étrangement fixes. Quand ils pénétrèrent dans la pièce, il y eut un long silence qui fut rompu lorsque le Dr Stevens tenta de déplacer une chaise pour s’asseoir près de Lurancy. D’une manière fort agressive, la jeune fille lui ordonna alors de ne pas l’approcher. Depuis quelques temps, lors de ses transes, il arrivait à Lurancy d’être possédée par de mauvais esprits qui parlaient à travers elle. Quand elle était sous leur influence, elle se montrait désagréable, elle refusait d’être touchée et rebaptisait ses parents de surnoms vulgaires, généralement Old Black Dick et Old Granny.

Les propos que tenait de la jeune fille étaient incohérents mais le Dr Stevens ayant probablement une certaine habitude de ce genre de problèmes, il réussit néanmoins à l’hypnotiser, ce qui sembla la soulager. Après avoir repris ses esprits, Lurancy lui expliqua qu’elle se retrouvait parfois sous l’emprise d’esprits maléfiques et le Dr Stevens l’encouragea alors à essayer de les contrôler. Il lui arrivait également de parler avec différentes voix, dont celle d’une vieille femme, Katrina Hogan et celle d’un jeune homme, Willie Canning. Quand elle revenait à elle, la jeune fille se rappelait les noms des personnes qui avaient possédé son corps et elle pouvait les citer. L’une d’entre elle souhaitait d’ailleurs se présenter au Dr Stevens et à Mr Roff et son nom était Mary Roff.
En entendant ces mots, le père de Mary, qui était bien évidemment le principal intéressé, décida d’écouter ce que l’esprit avait à lui dire et Lurancy se mit alors à décrire avec une multitude de détails précis l’intérieur de la maison des Roff, stupéfiant l’assistance.

En ce mois de février 1878, la possession spirituelle de Lurancy, comme l’appelèrent certains, venait de commencer. Le comportement de la jeune fille avait changé et ce changement était extraordinaire. Loin de se montrer maussade ou agressive, elle était maintenant devenue douce, passive et polie. La situation était néanmoins délicate car Lurancy ne semblait plus reconnaitre sa propre famille et demandait sans cesse à être ramenée  » à la maison « . En apprenant cela, Mme Roff et sa fille Minerva, la sœur de Mary, décidèrent de la rencontrer.
Ce jour-là, Lurancy regardait par la fenêtre et quand elle les aperçut dans la rue immédiatement elle s’écria:  » Ma mère et ma sœur Nervie arrivent! « .  Nervie était le surnom que donnait Mary à sa sœur lorsqu’elle était encore enfant. Lorsqu’elles pénétrèrent dans la maison, Lurancy embrassa les deux femmes chaleureusement puis elle fondit en larmes tant elle était heureuse. Néanmoins, après cette visite, la jeune fille devint de plus en plus triste. Elle ne pensait plus qu’à retourner chez elle, et chez elle, c’était chez les Roff. Les parents de Lurancy, inquiets pour la santé de leur fille, consentirent alors à ce qu’elle parte vivre quelques temps dans la maison des Roff, espérant qu’un tel changement pourrait améliorer son état. Quand ils lui demandèrent combien de  temps elle pensait y rester, la jeune fille leur répondit que les anges lui permettaient de rester jusqu’au mois de mai.

Lurancy n’était jamais rentrée dans cette maison auparavant mais elle semblait tout savoir sur elle et sur ses occupants. Elle racontait quotidiennement des anecdotes sur la vie de Mary, elle reconnaissait les membres de sa famille, ses amis, ses vêtements préférés et ses affaires.
Un jour, les parents de Mary testèrent Lurancy en lui montrant une robe de velours que leur fille avait l’habitude de porter, et Lurancy l’a reconnue immédiatement: c’était sa robe préférée.
Quand Mme Roff lui demanda si elle se rappelait de leur voyage au Texas en 1857, Mary avait alors onze ans, Lurancy lui répondit rapidement qu’elle s’en souvenait fort bien. Elle se rappelait surtout des Indiens qui jouaient près de la rivière Red River avec les jeunes filles de la famille Reeder, qui faisait partie de leur groupe durant le trajet.
Durant quinze semaines, Lurancy vécut comme l’aurait fait Mary, parmi sa famille et ses amis, et tout ce qu’elle put dire ou faire acheva de convaincre ses proches qu’elle était bien la vraie Mary Roff.
Lurancy semblait heureuse de sa nouvelle vie. Elle accompagnait souvent Mme Roff lorsqu’elle allait en ville, se comportant comme une jeune fille normale et bien élevée. Son séjour lui était bénéfique, aussi bien physiquement que psychologiquement, mais Lurancy semblait avoir tout oublié de son propre passé et quand ses amis se présentaient à elle, la jeune fille ne les reconnaissait même pas. Lorsque ses véritables parents et ses frères vinrent lui rendre visite, Lurancy les traita comme des étrangers. Toutefois, après plusieurs visites, elle se mit à les apprécier et développa quelque amitié pour eux.

Parfois, Lurancy rentrait en transe et elle  » allait au ciel « . Il semblait alors que son esprit reprenait possession de son corps car son ancienne personnalité revenait partiellement durant quelques minutes.
Le Dr Stevens posait souvent des questions à Mary sur son ancienne vie. Un jour où la jeune fille lui racontait comment elle s’était entaillé le poignet lors de sa tentative de suicide, le médecin demanda à voir la cicatrice sur son bras et Lurancy commença à relever sa manche pour la lui montrer. Puis, prenant soudain conscience de sa méprise, elle s’arrêta et lui répondit:  » Oh, ça n’est pas ce bras, il est enterré.  » Elle lui décrivit ensuite le l’endroit où elle avait été ensevelie et le déroulement de son propre enterrement, qu’elle avait suivi.
Quand Lurancy  » allait au ciel « , elle rapportait souvent y avoir vu la fille du Dr Stevens, Emma Angelia Stevens, morte en mars 1849, et elle rajoutait qu’elle était heureuse. Elle la décrivait physiquement, donnant des détails d’une précision incroyable, comme la cicatrice en forme de X qu’elle avait sur sa joue. La jeune fille connaissait également les moindres recoins de la maison que le Dr Stevens occupait à Janesville, dans le Wisconsin, alors qu’elle n’y était jamais allée, et elle pouvait citer les noms et les âges de ses enfants sans se tromper.

Lorsque le Dr Stevens demanda à l’esprit de Mary où se trouvait la vraie Lurancy Vennum pendant qu’elle occupait son corps, Mary lui répondit que Lurancy n’était pas là, mais qu’elle reviendrait lorsque sa santé serait rétablie, aussi bien physiquement que mentalement. Lorsque Lurancy serait prête, alors Mary devrait partir.
Le 7 mai 1878, Mary expliqua à ses parents qu’elle allait bientôt devoir les quitter. Lurancy allait de mieux en mieux et elle serait bientôt de retour. Le 21 mai, après quatorze semaines de possession, respectant ainsi la prophétie qu’elle avait faite lors de sa première manifestation, Mary dit au revoir à tout le monde puis Lurancy recouvra son corps et demanda à Mme Roff de la ramener chez elle.
Quand elle retrouva ses parents et ses frères, Lurancy les embrassa, les serra dans ses bras, et des larmes de bonheur coulèrent sur ses joues. Elle était de nouveau parmi les siens et elle était heureuse. La jeune fille expliqua à sa famille que ces quinze dernières semaines avaient ressemblé à un rêve pour elle. De retour dans sa maison, Lurancy redevint celle qu’elle avait toujours été, en mieux. Selon sa propre mère, elle lui était revenue  » parfaitement bien et naturelle… Lurancy est plus intelligente, plus travailleuse, plus féminine et plus polie qu’avant.  »
Ses parents attribuèrent au Dr Stevens et à Mr et Mme Roff le crédit de sa guérison complète. Ils pensaient que si Lurancy était restée chez elle, elle en serait morte ou elle aurait été envoyée dans un asile d’aliénée. Sa mère ajoutait alors:  » Plusieurs membres de notre famille, ainsi que nous-mêmes, croyons maintenant qu’elle a été guérie par la puissance de l’esprit et que Mary Roff la contrôlait.  »
En juillet 1878, le Dr Stevens déclara que Lurancy était en parfaite santé, aussi bien physiquement que mentalement. Plus tard, la jeune femme lui écrivit une lettre, le remerciant de sa patience et de son aide.

En janvier 1882, Lurancy était devenue une jeune femme séduisante et elle épousa George Binning, un homme né à New York de parents anglais, près de Watseka. Ils déménagèrent à Rawlins, au Kansas en 1884, où elle devint la mère de onze enfants. Elle s’éteignit à Los Angeles, le 30 aout 1952. 

La vie de Lurancy

Les parents de Lurancy en 1895, Lurancy en 1883, Lurancy et sa fille Dautha début des années 20

Lurancy et sa famille

Lurancy, son mari George et leur famille en 1905 au Texas

En 2009, Christopher Saint Booth et Philip Adrian Booth réalisèrent un film-documentaire retraçant toute l’histoire, The Posseded.

Source: The Watseka Wonder du Dr Stevens

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