La Hantise de la Maison Whaley

La famille WhaleyThe Haunting of Whaley House est un film d’horreur de Jose Prendes, qui raconte l’histoire d’un chasseur de fantôme amateur et de ses amis qui décident de visiter la Maison Whaley. Ce qu’ils vont y découvrir dépassera toutes leurs attentes. Le film ne restera probablement pas dans les anales, mais la Maison Whaley existe réellement, elle est située dans le quartier de la vieille ville, à San Diego, où elle est particulièrement réputée pour ses fantômes.

L’Histoire

Thomas Whaley s’était installé en Californie en 1849, pendant la ruée vers l’or. Il avait quitté New York le 1er janvier 1849 et il était arrivé 204 jours plus tard à San Francisco. Là, il avait ouvert un magasin sur Montgomery Street avec George Wardle, un associé d’affaires, y proposant le matériel et les boiseries que fabriquait sa famille à New-York.
Le jeune homme était issu d’une famille irlando-écossaisse, qui avait immigré dans le Massachusetts en 1722, il avait fait des études à l’Institut de Washington et son sens des affaires faisait merveille car bientôt, il put ouvrir son propre magasin rue Montgomery et de faire bâtir une maison de deux étages près de la baie. En mai 1851, après qu’un incendie criminel ait détruit ses bâtiments de la rue Montgomery, il déménagea dans le vieux quartier de San Diego sur les conseils de Lewis Franklin, un commerçant qui possédait des boutiques à San Francisco et dans le vieux quartier. Là, il réussit à amasser assez d’argent pour retourner à New York et épouser son amour d’enfance, Anna Eloise Delaunay, fille de parents français, le 14 mai 1853.

Le couple retourna ensuite à San Diego et Thomas Whaley s’engagea dans divers partenariats dont la plupart ne durèrent pas un an. Puis en septembre 1855, il acheta une propriété à l’angle de l’avenue San Diego et de Harney Street afin d’y faire construire une maison pour sa famille. Ce terrain était celui où avait été exécuté James Robinson, surnommé  » Yankee Jim « , quelques années plus tôt, en août 1852.

Yankee Jim

Yankee Jim

Depuis qu’il était enfant, Yankee Jim voulait être pirate. Il s’était essayé de nombreuses autres activités illégales, mais aucune ne lui avait réussi. Comme il n’y avait pas de pirate à San Diego en 1852, aussi avait-t-il décidé de lancer sa carrière. Malheureusement, son premier acte de piraterie avait été de voler une barque, The Plautus, ce qui lui avait valu un sérieux coup sur la tête et une accusation pour tentative de vol. Un jury indifférent l’avait rapidement reconnu coupable et il avait été pendu à l’arrière d’un wagon. Mais pour une étrange raison, la corde de la potence était trop longue et, au lieu de mourir sur le coup, Yankee Jim avait agonisé pendant 45 minutes avant d’être déclaré mort. Le bourreau était apparemment son parrain, le shérif William Crosswaithe.

Le journal local, faisant preuve d’un bon gout certain, avait rapporté que le condamné avait gardé ses pieds sur le wagon le plus longtemps possible, puis qu’il s’était balancé comme un pendule jusqu’à ce qu’il soit étranglé à mort.

Thomas Whaley avait assisté à cette exécution, mais ce spectacle ne l’avait apparemment pas dissuadé d’acheter le terrain. Il y fit tout d’abord bâtir une grande grange avec des briques fabriquées dans sa briqueterie de la rue de Condé puis, en septembre 1856, la construction de la maison de style néo-grec qu’il avait imaginée commença. Durant les travaux, Thomas signala avoir vu et entendu des fantômes, mais comme il n’était guère superstitieux, ces apparitions le laissèrent indifférent. Les travaux furent terminés l’année suivante et le San Diego Herald rapporta alors que la maison Whaley était la plus jolie des nouvelles maisons de Californie du Sud. Mais peu de temps après que le couple et leur premier enfant aient aménagé, des bruits de pas lourds se déplaçant dans toute la maison se firent entendre. Whaley disait qu’ils sonnaient comme ceux qu’auraient fait les bottes d’un grand homme et très rapidement, il en vint à la conclusion que Yankee Jim Robinson hantait lieux.

En août 1857, Thomas Whaley choisit d’établir son magasin général dans sa nouvelle résidence, acceptant seulement les clients qui pouvaient payer en espèces, mais cela ne dura qu’un temps. Le magasin se trouvait trop loin de la communauté pour être rentable, aussi décida-t-il de le transférer dans un bâtiment rue de la Plaza. En 1958, Thomas et Anna Whaley avaient trois enfants: Francis Hinton (en hommage à l’un de ses associés), Thomas, qui mourut cette année-là à 18 mois, et Anna Amelia, leur fille ainée. Au mois d’août 1958, un nouvel incendie détruisit le magasin de la Plaza et Thomas Whaley, qui se trouvait déjà affecté par la perte de son fils, décida de déménager à San Francisco.

La Maison Whaley en 1865

La Maison Whaley en 1865

A San Francisco, Thomas Whaley travailla comme commissaire magasinier de l’armée américaine et trois autres enfants, George Hays Ringgold (du nom de l’un de ses partenaires), Violet Eloise, et Corinne Lillian, naquirent de son mariage avec Anna. En 1867, il se rendit en Alaska pour aider à la prise de contrôle, contribuant à établir une base américaine à Sitka, y ouvrant des magasins et servant de conseiller municipal. Durant cette période, Anna et leurs enfants restèrent à San Francisco.

Après un tremblement de terre majeur en mai 1868, les Whaley et leurs cinq enfants retournèrent habiter la maison de briques de San Diego, où Whaley et Crosthwaite avaient ouvert un magasin général.

D’octobre 1868 à janvier 1869, une troupe de théâtre occupa l’une chambre des chambres de l’étage, puis en août 1869 le palais de justice de San Diego s’installa la grange, louant trois chambre de l’étage pour y stocker ses documents. En mars 1871, le palais de justice se déplaça au Horton’s Hall et la ville refusa de lui verser une compensation pour l’occupation des locaux. Il s’en suivit une histoire dont il ne se remit jamais. Peu après, Whaley décida de réunir l’ancienne grange à la résidence, changeant les portes, les fenêtres, et modifiant le portique avant.

Thomas Whaley 1880

Thomas Whaley 1880

De 1874 à 1879, Thomas retourna à New York, soi-disant pour régler la succession de son père, qui était mort en 1832, puis il se rendit à San Francisco pour chercher un emploi, en vain. Durant cette période, la famille Whaley vécut à San Diego dans des conditions terriblement précaires, dépendant totalement du soutien du jeune Francis Whaley.

Le 5 janvier 1882, Violet et Anna Amelia Whaley se marièrent dans le vieux San Diego, probablement dans la maison familiale. Anna épousa son cousin germain, John T. Whaley, et Violet se maria avec George T. Bertolaccio, qui s’avéra rapidement insupportable. Après un divorce en 1884, que Violet vécut comme une véritable humiliation, la jeune femme connut une grosse dépression, qui fut surveillée par un médecin local et elle finit par mettre fin à ses jours le 18 août 1885, se tirant elle-même une balle en plein cœur.

Violet et sa sœur Lillian

Violet et sa sœur Lillian

Après cet événement tragique, Thomas, qui ne voulait plus habiter la Maison Whaley, fit construire une maison de plain-pied au 933 State Street, au centre ville de San Diego, et s’y installa avec sa famille. Il profita ensuite du boom de l’immobilier pour ouvrir une agence avec divers partenaires et prit sa retraite en 1888 pour raison de santé. Il mourut à State Street le 14 décembre 1890.

La maison Whaley de l’avenue San Diego resta vacante quelques années avant de tomber en ruines. Puis, en 1909, Francis Whaley retourna habiter la vieille maison de briques et il entreprit la restauration de l’édifice, améliorant grandement son apparence. Profitant de l’arrivée des chemins de fer, il fit alors de la maison une attraction touristique, mettant en avant son histoire et distrayant les visiteurs de sa guitare. Anna, la veuve de Thomas, Lillian, alors assistance à la Bibliothèque Municipale, et George, musicien, vécurent dans la vieille demeure jusqu’en 1912. Le 24 février 1913, Anna décéda dans la maison, suivi de Francis, le 19 novembre 1914. Lillian continua à habiter les lieux jusqu’à sa mort, en 1953, convaincue que le fantôme de  » Yankee Jim  » hantait la vieille maison. Comme Lillian était restée seule durant toute la première moitié du XXe siècle, elle n’avait pu entretenir comme elle l’aurait du et la maison était une nouvelle fois dans un état de délabrement épouvantable.

La Hantise

En 1956, la Maison Whaley fut mise en vente et des plans de démolition pour y construire une station essence furent alors proposés mais en juin, Jim Reading, soutenu par un groupe de citoyens, convainquit la ville de San Diego d’acheter et de restaurer la maison. En mai 1960, l’ancienne demeure ouvrit ses portes au public en tant que musée et depuis novembre 2000 elle est exploitée par une organisation de sauvegarde du patrimoine, la SOHO, qui travaille pour la ville et qui tente de redonner aux bâtiments leur aspect d’autrefois. Peu après l’ouverture du musée, en 1962, un homme signala qu’un fantôme harcelait sa famille depuis leur visite de la Maison Waley, 60 ans plus tôt et que sa mère était particulièrement agacée par le bruit qu’il faisait en marchant et la façon qu’il avait de déverrouiller les fenêtres avant de s’envoler.

Depuis, de nombreux livres et programmes de télévision ont rapporté les hantises présumées de la Maison Waley. Les phénomènes seraient plus fréquents à certaines périodes, particulièrement durant les vacances de Thanksgiving et pour le jour de l’An mais ils se manifesteraient à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

Les lumières s’allumeraient et s’éteindraient d’elles-mêmes, sans que rien puisse l’expliquer. Parfois, les rideaux se gonfleraient ou onduleraient comme sous l’effet d’un souffle et un rocking-chair se balancerait tout seul. De la salle de musique s’élèveraient des rires et de vieilles chansons et certains des cristaux d’une lampe posée sur une table de cette pièce oscilleraient parfois, alors que les autres resteraient immobiles. Dans les chambres, les draps et les oreillers des lits donneraient parfois l’impression que quelqu’un vient d’y dormir alors que des panneaux de verre bloquent les portes, empêchant les visiteurs d’entrer dans ces pièces. Les fenêtres du rez de chaussée auraient été scellées pour les empêcher de s’ouvrir d’elles-mêmes et parfois, la nuit, une silhouette se montrerait à celles de l’étage. Dans la maison se trouvent plusieurs miroirs, et un visiteur aurait vu un visage ou une silhouette dans chacun d’entre eux.

La Salle de Musique et la Lampe

La Salle de Musique et la Lampe

Des bruits de pas résonneraient souvent dans la maison et en passant sous l’arche entre le salon et la salle de musique les gens sentiraient parfois une étrange constriction autour de leur gorge. Ce serait là où aurait été pendu Jim Robinson, avant que la maison ne soit construite. Selon l’une des employée de la maison:  » Je pense qu’il a un certain sens de l’humour. Parfois, nous recevons des visiteurs qui montent ou descendent les escalier, et qui se retrouvent avec une marque rouge sur le cou. Il ne leur fait pas mal, et la plupart des gens ne le remarquent même pas jusqu’à ce que quelqu’un d’autre le souligne… Une jeune fille a couru hors de la maison paniquée après que son petit ami lui ai fait remarquer la mince ligne rouge.  »

A l’étage, là où se trouvait autrefois la chambre du petit Thomas Whaley, des cris de bébé se feraient parfois entendre et le fantôme d’un petit chien semblerait aller et venir de cette pièce, où se promener dans la cour. Un parapsychologue aurait aperçu un fantôme de chien ressemblant à un fox-terrier courir dans le couloir, les oreilles battant au vent, et entrer dans la salle à manger, ce qui pourrait correspondre à la description de Dolly Varden, le fox-terrier que possédaient les Whaley quand ils occupaient la maison.

De nombreux visiteurs auraient rencontré Thomas Whaley lui-même et il ne serait pas rare d’entendre son rire résonner dans la maison ou l’odeur de cigare envahir l’atmosphère. June Reading, ancien conservateur du musée, déclarait:  » Nous avons eu une petite fille de 5 ou 6 ans peut-être qui faisait signe de la main à un homme qu’elle disait voir dans le salon. Nous ne pouvions pas le voir. Mais la sensibilité des enfants est souvent supérieure à celle des adultes.  »
Néanmoins, de nombreux adultes auraient également aperçu M. Whaley, généralement à l’étage supérieur, en haut des escaliers. L’une des témoins expliquait qu’il était vêtu d’un pantalon et d’une redingote mais qu’elle n’avait pas pu voir son visage, qui n’était pas tourné vers elle. Elle avait pu l’observer quelques instant et brusquement, il s’était évanoui.

Le spectre d’Anna Whaley se montrerait également, généralement dans les pièces du bas ou dans le jardin. En 1964, l’esprit de Mme Whaley serait apparu à Regis Philbin, une personnalité de la télévision:  » Tout d’un coup, j’ai remarqué quelque chose sur le mur. C’était quelque chose de blanc, vaporeux, qui ressemblait à l’apparition de quelque chose. J’étais tellement excité que je n’ai pas pu me retenir! J’ai appuyé sur le flash mais il n’y avait plus rien, juste un portrait d’Anna Whaley, la maitresse de maison morte depuis longtemps.  »

Une lourde chaine se balancerait parfois dans la salle d’audience, où apparaitraient souvent des lumières étranges, des brouillards ou des orbes et certains visiteurs y aurait vu une femme, que l’on pense être Anna. Un témoin rapportait:  » J’ai vu une petite silhouette de femme au teint basané. Elle était vêtue d’une longue jupe qui touche le sol. Cette jupe semblait être un calicot ou du vichy à petits motifs. Elle portait une sorte de chapeau sur la tête, ses cheveux et ses yeux étaient noirs et elle avait des cercles d’or dans ses oreilles percées. Elle semblait rester dans cette salle, elle vit ici, je crois.  » Parfois, l’odeur de son parfum à la lavande, qui était son préféré, embaumerait les lieux pour disparaitre aussitôt.

La Salle d'Audience et l'EscalierD’autres fantômes résideraient également dans la maison, dont celui d’une jeune femme amérindienne qui aurait été une servante des Whaley. Elle hanterait la salle d’audience. Un autre apparition fréquemment signalée par les visiteurs serait celle d’une petite fille, qui se montrerait dans la salle à manger. Cet esprit serait celui de Marion Reynolds, la petite-fille de Thomas Whaley, qui serait morte en 1913 à l’âge de deux ans, d’un empoisonnement accidentel. Elle serait un esprit amical très doux, mais elle se manifesterait uniquement aux personnes de sexe féminin. De nombreuses femmes affirment avoir senti sa petite main tirailler leurs vêtements dans la salle à manger, ou leur attraper leur jambe ou leur main, comme le ferait un petit enfant qui cherche de l’affection.

Suivant les traces de Sir Arthur Conan Doyle, qui, intrigué par les rumeurs de hantise, avait visité la maison dans les années 1920, chaque jour, des visiteurs du monde entier se présentent à la Maison Whaley, espérant être témoins de quelque manifestation éthérée, mais rares seraient les élus.

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