La Légende de Molly Crows

Affiche Molly Crows

Molly Crows est un film britannique réalisé par Ray Wilkes en 2013 qui devrait bientôt sortir sur nos écrans. Il raconte l’histoire d’une femme alcoolique qui s’installe avec sa fille dans un petit village de la campagne anglaise. Face à l’hostilité ambiante, la fillette répondra violemment, aidée par l’esprit d’une sorcière torturée et assassinée dans la région des siècles auparavant.
Molly Crows est inspiré d’une histoire vraie qui flirte avec la légende, celle de Molly Leigh, une femme qui vécut au XVIIe siècle et que l’on surnommait la Sorcière de Burslem. Je vous propre de découvrir la triste légende de Molly Leigh.

Margareth Leigh, que l’on surnommait Molly, était née à Bursem vers 1685 mais malheureusement à sa naissance la fillette était déjà fort laide et l’un de ses yeux présentait une difformité.
En raison de ce physique ingrat, Molly Leigh fut rapidement rejetée par les habitants du village et dès sa plus tendre enfance les plus folles rumeurs coururent à son sujet. L’on disait que quelques heures à peine après sa naissance elle avait mangé une croûte de pain sec et qu’elle avait également refusé le lait de sa mère, préférant téter les animaux de la ferme. De plus, malgré son corps d’enfant, son esprit aurait été en tous points semblable à celui d’un adulte.
Malheureusement, en grandissant, sa laideur et ses déformations s’étaient encore accentuées. Molly était devenue une petite fille solitaire, celle que l’on évitait. Ses parents étaient morts alors qu’elle était toute jeune, ce qui renforçait cet isolement. Peut-être n’était-ce que des rumeurs, ou peut-être l’amertume l’avait-elle vraiment aigrie, mais Molly était décrite comme vicieuse et vindicative. Son seul compagnon était un vieux merle qui était réputé pour pouvoir reproduire le chant de n’importe quel oiseau.

La Maison de Molly Leigh

La Maison de Molly Leigh

Malgré son jeune âge, à la mort de ses parents, Molly avait du se résoudre à gagner sa vie. Sa maison, une grande bâtisse isolée dans la forêt, se trouvait à quelque distance de la ville, à Hamil Grange (alors connue sous le nom de Jack Field), et Molly se rendait régulièrement à Burslem afin d’y apporter le lait de ses vaches et diverses marchandises qu’elle vendait à la criée, son merle perché sur l’épaule. Mais la jeune fille n’était pas aimée et, très vite, les villageois l’avaient accusée de diluer ce lait. Si quelque chose d’inhabituel se produisait dans la ville, si une épidémie ou une quelconque affection survenait brusquement, si le lait tournait inexplicablement, alors Molly en était blâmée. Elle était également soupçonnée d’avoir lancé une banque d’épargne et l’on murmurait que les personnes qui lui avaient confiance en lui confiant leur argent n’avaient jamais reçu aucun intérêt. Et tous avaient pu constater que l’aubépine qui se trouvait devant sa maison, l’aubépine où son étrange merle se posait si souvent, n’avait jamais produit une fleur. Ce qui était tout de même singulier…

Parson Spencer, le révérend de l’église Saint-John de Burslem, avait remarqué que Molly ne se rendait jamais à l’église. Il lui avait ordonné de se présenter au saint-office, comme tout le monde se devait de le faire à l’époque, mais elle avait refusé. Pour le révérend, ce refus ne pouvait signifier qu’une seule chose: Molly Leigh était une sorcière.
Parson Spencer était connu pour passer énormément de temps à la taverne The turk’s Head. Un jour, alors qu’il s’y trouvait, comme à son habitude, le merle de Molly apparut et vint se percher sur l’enseigne de l’établissement. Immédiatement, la bière du pub tourna à l’aigre et tous les clients présents dans l’établissement se retrouvèrent affligés d’étranges rhumatismes. Furieux, Parson Spencer tira sur l’oiseau, qui prit son envol, mystérieusement indemne. Le révérend, soudain gagné de douleurs à l’estomac fulgurantes, dut garder le lit les semaines suivantes.
Molly Leigh mourut en 1748 et ce fut le révérend Spencer qui la mit en terre dans le petit cimetière de Saint-John. Si la présumée sorcière était bien morte, les habitants de Burslem ne se sentaient pas rassurés pour autant et, une fois encore, des rumeurs sur les méfaits de Molly se répandirent dans la ville. Selon eux, si le corps de Molly Leigh reposait maintenant dans sa tombe, son esprit semblait encore hanter les lieux. Et les agissements malfaisants de son merle semblaient leur en donner la preuve. En effet, l’oiseau chantait dès l’aurore, réveillant les villageois qui dormaient paisiblement, et lorsqu’ils sortaient, il les picorait de son bec et les harcelait.

L'église Saint-John

L’église Saint-John

Était-ce pour piller la maison de la défunte ou pour chasser l’oiseau qu’ils ne supportaient plus? Personne se savait vraiment pourquoi ces quelques villageois étaient allés visiter le petit cottage de Molly cette nuit-là. Mais, quoi qu’il en fût, après avoir bu quelques verres, ils s’étaient rendus chez elle et là, ce qu’ils avaient vu les avait épouvantés. Molly se tenait assise dans un fauteuil à bascule par devant le feu, et elle tricotait, son merle perché sur l’épaule. Tout en se balançant, elle murmurait inlassablement:  » Poids et mesure je n’ai jamais vendus, le lait et l’eau je n’ai jamais vendus « . Les visiteurs importuns ne lui avaient pas adressé la parole et ils étaient repartis plus vite qu’ils n’étaient venus.
Lorsque le révérend Parson Spencer apprit que l’esprit tourmenté de la sorcière errait toujours au fond des bois, il décida qu’il était de son devoir de lui apporter la paix. Alors, une nuit du mois d’avril, à minuit, il se rendit jusqu’au petit cimetière en compagnie de quelques prêtres et du merle de Molly, qu’il avait capturé et mis dans un sac.

Ils sortirent le cercueil de Molly de sa tombe et il placèrent son merle, encore en vie, à ses côtés. Après quoi ils refermèrent le cercueil, dont le couvercle fut solidement cloué, puis ils préparèrent une nouvelle tombe pour accueillir sa dépouille. Mais cette fois, au lieu d’être orientée d’est en ouest, comme toute sépulture chrétienne, sa tombe pointait vers le sud.
D’ailleurs, sa tombe, qui existe toujours et que l’on peut visiter au petit cimetière de Saint-John, est aisément reconnaissable grâce à ce détail: c’est la seule tombe qui n’est pas tournée dans le  » bon  » sens.
Le pasteur fit ensuite une prière pour son âme mais apparemment, ce ne fut pas suffisant. Sa tombe aurait été exorcisée trois fois, par trois exorcistes différents, car son esprit n’aurait jamais trouvé le repos. La légende affirme que deux des exorcistes périrent lors de leurs tentatives. Toutefois, certains pensent que toute cette histoire d’esprit n’était qu’un prétexte et que le révérend et ses compagnons désiraient mettre la main sur l’éventuelle fortune de Molly, qu’ils croyaient peut-être ensevelie avec elle.
A la suite de récentes fouilles, une copie du testament de Molly Leigh, la prétendue sorcière de Burslem, a été retrouvée. La copie comprend les détails de sa propriété de Burslem léguée à sa famille et son désir qu’une partie de l’argent de sa succession soit utilisé, chaque année, pour acheter quarante pains de demi-penny pour les  » pauvres habitants et veuves des hameaux de Sneyd et Burslem « .

Tombe de Molly Leigh au cimetière Saint-John

Tombe de Molly Leigh au cimetière Saint-John

Molly Leigh est devenue une légende depuis bien des années. Aujourd’hui encore, l’on raconte que si des enfants font trois fois le tour de la tombe en chantant:  » Molly Leigh, Molly Leigh, tu ne peux pas m’attraper  » ou alors  » Molly Leigh, Molly Leigh, chasse-moi autour de l’arbre à pommes « , ou encore  » Molly Leigh, Molly Leigh, chasse-moi par tous les trous que je peux voir « , alors l’esprit de Molly Leigh apparait.  Mais l’histoire ne dit pas ce qui se passe ensuite…

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