Le Diable, Possession et Exorcisme

La Femme et l'IncubeSi le Diable et ses hordes démoniaques ne semblent plus parcourir le monde avec la même ferveur qu’autrefois, il leur arrive toujours de s’emparer du corps d’un homme, généralement sans son consentement. Le malheureux, qui se retrouve dans l’incapacité de contrôler ses actes, devient alors le jouet des forces maléfiques, qui peuvent le manipuler à leur guise, l’inciter à commettre les actions les plus viles, guider ses pensées et ses sentiments, le frapper de maladie, d’infirmité, de folie ou le tourmenter, suivant leurs humeurs. Ce phénomène est appelé la possession démoniaque.
Certains troubles physiologiques ou psychologiques tels que la psychose, l’épilepsie etc… peuvent aisément se confondre avec une possession démoniaque aussi est-il nécessaire de se montrer très prudent quand à son diagnostic.

Tous les démons peuvent théoriquement posséder un être humain mais les autorités religieuses ignorent si tous les hommes sont susceptibles d’être possédés. Si un démon peut tenter un homme qui a voué sa vie à Dieu, est-il capable de s’emparer de son corps et de le contrôler? Les avis sur la question sont partagés.

La Tentation de Saint-Antoine

La Tentation de Saint-Antoine

Dans la plupart des cas, le Diable investit le corps du possédé sans même lui en demander la permission. Les critères qui déterminent son choix restent un mystère mais les personnes vulnérables, fragiles, ayant une faible estime d’elles-mêmes, celles s’adonnant à des pratiques telles que l’occultisme, le spiritisme, la magie, la voyance, la nécromancie ou l’évocation des morts sont réputées pour attirer les démons. Le possédé peut également être victime d’un sortilège jeté par quelque sorcier malveillant qui, contrôlant les démons, leur ordonne de tourmenter sa cible, ou  » hériter  » d’un démon familial, qui se voit dans l’obligation de changer de corps au décès de son hôte.
Certaines personnes tournées vers l’occultisme demanderaient délibérément à être possédées, passant ainsi une sorte de pacte avec le Diable. Dans ce cas, le possédé serait le complice du démon et il recevrait en échange quelques dons obscurs qui lui permettraient de répandre le mal. Cependant, cette pratique ne serait pas sans risque car Satan protègerait ses disciples tant qu’ils lui seraient utiles mais il les mépriserait au plus haut point, tout comme il méprise le reste de l’humanité, et les abandonnerait aux premiers signes de lassitude.
Enfin, mais cette forme de possession est relativement rare, il arrive que des hommes, parmi les meilleurs, proposent leurs corps au démon dans l’espoir de purifier leurs âmes, de renforcer leur foi, ou pour soulager une personne possédée. Au XIXe siècle, le Père Surin se serait volontairement offert comme réceptacle alors qu’il réalisait un exorcisme, libérant ainsi les religieuses de Loudun du Malin.

Une possession démoniaque se déroule en trois étapes: la Manifestation, l’Infestation et la Possession. On appelle Manifestation le moment où une personne permet à un démon à pénétrer chez elle, volontairement ou involontairement. Cette Manifestation peut être due aux actes de la victime mais également au passé de la maison qu’elle occupe ou aux biens qu’elle possède. Les endroits où se sont déroulés des drames, des meurtres, de la sorcellerie, des messes noires etc… et les objets maudits ou ayant servi à des pratiques douteuses seraient plus susceptibles que les autres d’abriter des démons.

Il y a tout d’abord Infestation. L’Infestation se manifeste toujours sous la forme d’une influence extérieure et le Diable ne contrôle ni les actes, ni la volonté de l’individu. Au cours de cette période, le démon provoque souvent des désordres physiques et psychiques sur lesquels les traitements médicaux se révèlent inefficaces et soumet la personne à des tentations de plus en plus grandes, s’insinuant dans ses pensées et le poussant à commettre des actes auxquels il ne se serait jamais livré sans influence extérieure, aussi bien de jour que de nuit. Il la harcèle sans relâche dans le but de l’épuiser et de lui faire croire qu’elle est responsable de ses maux.
Le démon peut également se manifester de manière plus explicite, créant des phénomènes impressionnants de type poltergeist. Des courants d’air glacés ou brûlants peuvent soudain s’abattre sur la maison, des substances étranges suinter des murs, les lumières s’allumer et s’éteindre toutes seules, les portes, les armoires et les tiroirs s’ouvrir et se refermer, des objets disparaitre et réapparaitre et les animaux se comportent bizarrement. Parfois les habitants de la maison ont le sentiment d’être observés, touchés, ils disent apercevoir des ombres, entendre des bruits de pas, des voix, des bruits inexpliqués, sentir d’étranges odeurs et, dans de rares cas, certains rapportent même avoir été battus, flagellés, blessés ou violés par des démons.

Incube

Incube

Vient ensuite la Possession. Lors d’une possession démoniaque, le Diable contrôle totalement les pensées, les émotions et le comportement de sa victime.
Généralement, les signes de la possession sont discrets et ne se manifestent pas constamment, sauf dans les cas les plus graves. Le possédé continue sa vie comme si rien n’était, d’une manière apparemment normale, sans être conscient de ce qui lui arrive ou, au contraire, en luttant pour conserver une apparence de normalité.
Si la plupart des possessions sont silencieuses, d’autres peuvent être spectaculaires. Outre les manifestations constatées durant l’Infestation, le démon fait parfois une démonstration de sa puissance à travers le possédé qui peut devenir brusquement agressif et violent, rentrer en transe, se contorsionner et prendre des postures étranges, parler des langues qui lui sont inconnues ou s’exprimer de différentes voix, insulter, vociférer, vomir des objets étranges comme des clous ou des épingles, léviter, faire preuve d’une force incroyable, blasphémer, rejeter toute chose sacrée, se couvrir de plaies sans raison etc…
A ce moment-là, une odeur âcre peut s’élever dans la pièce où se trouve la victime, la température peut chuter brusquement, et les fonctions corporelles normales du possédé peuvent s’arrêter pour une brève période de temps, y comprit la respiration et le rythme cardiaque. Fort heureusement, ces phénomènes surviennent sous forme de crise, elles restent ponctuelles, et une fois la tempête passée l’affligé, épuisé, reprend le contrôle de son corps et redevient lui-même. Après ce genre de manifestions, l’amnésie est fréquente, souvent constante.

Les personnes qui se pensent victimes du Diable se tournent généralement, et fort à propos, vers l’église, qui soumet parfois leur cas à un exorciste. Étrangement, alors que de moins en moins de personnes croient en Dieu, il y a de plus en plus de demandes d’exorcisme. Ce phénomène connaitrait une telle ampleur que dans certains pays occidentaux les prêtres ne parviendraient plus à faire face aux sollicitations.
Auparavant, tous les croyants pouvaient s’improviser exorciste mais de nos jours, il revient aux évêques de les désigner. Dans chaque diocèse, l’évêque confie la fonction d’exorciste à un prêtre dont la foi, la prudence et la science sont reconnus de tous. L’exorciste est toujours un prêtre expérimenté, c’est-à-dire un homme d’un certain âge ayant de l’expérience.
Selon le père jésuite Henri Amet, qui fut exorciste pendant dix ans au diocèse de Lyon, les gens qui se disent possédés sont souvent malheureux. Leur misère n’est pas seulement matérielle ou physique, elle est aussi spirituelle et morale et les écouter sans les juger puis les réconforter leur procure généralement un soulagement suffisant.
La tâche la plus délicate de l’exorciste est de reconnaitre les cas de possession satanique et de parvenir à les distinguer des maladies physiques ou psychologiques. Il doit, par exemple, arriver à faire la différence entre un début de schizophrénie et un véritable problème spirituel. Pour cela, il ne peut se fier qu’à son raisonnement, et à la prière. Comme le souligne si justement le Père Amet, au moment de la décision:  » Même si on est formé pour ça, on est seul.  »
Quand les troubles semblent plutôt physiques ou psychologiques, alors l’exorciste, qui possède de nombreuses adresses de spécialistes et qui collabore parfois avec eux, conseille à son visiteur de consulter un médecin, un psychiatre ou un psychologue. Pour la médecine, la possession n’est jamais envisagée comme une manifestation diabolique mais comme une forme de délire au cours duquel le malade se pense habité par un être surnaturel qui parle par sa bouche et dirige ses mouvements malgré lui. Ce symptôme peut se retrouver dans différentes affections organiques, intoxication, encéphalite, ou psychologiques, mélancolie, schizophrénie etc…

Mais il arrive parfois que le prêtre en vienne à la conclusion que la victime est bien la proie du Malin et il doit alors définir la manière dont ce dernier le harcèle car les manifestations démoniaques sont multiples et variées:

  • L’obsession: le démon soumet l’homme à une suite de tentations de plus en plus violentes et prolongées.
  • La possession: le démon investit le corps de sa victime.
  • La vexation: le démon provoque des troubles de la santé, des pertes de biens matériels, des peines de cœur, des problèmes au travail, etc…
  • Les infestations: le démon se manifeste à travers différents objets de la maison ou des animaux.
  • Les souffrances externes, coups et sévices, que l’on retrouve dans la vie des saints ou personnes ferventes.
  • L’état de dépendance du démon, dont la principale cause est un pacte avec lui.

Quelle que soit la manifestation diabolique, la prière est toujours conseillée. Suivant les tourments subis le prêtre pourra éventuellement procéder à une bénédiction de la victime, à celle de sa famille, de ses animaux, de sa maison ou de ses biens, réciter des prières de guérison ou effectuer un Petit Exorcisme, appelé également prière de délivrance. Si le possédé réagit violemment au Petit Exorcisme et si des symptômes témoignent de la présence de forces démoniaques, alors le prêtre peut décider d’un Grand Exorcisme ou Exorcisme Majeur. Un Grand Exorcisme est un rituel rare, qui ne se pratique pas à la légère et le prêtre doit donc être assuré qu’il s’agit bien d’un cas de possession démoniaque grave, les plus légers pouvant se résoudre par la prière. Selon l’église Romaine, trois signes explicites permettraient de s’en assurer:

  • Parler ou comprendre une langue que le possédé n’a jamais apprise:

A la fin du XVIIe siècle Dom Augustin Calmet rapportait dans son ouvrage Dissertation sur les apparitions des Anges, sur les revenants, les vampires de Hongrie, Bohême et Moravie, l’histoire d’Elizabeth de Ranfaing, une femme qui vivait à Remiremont, en Lorraine.
Elizabeth de Ranfaing étant victime d’attaques démoniaques on s’essaya sur elle divers exorcismes, effectués par d’éminents professeurs de la Sorbonne, en différentes langues. Lorsque le père Pichard et le père Viardin s’adressaient à elle, parfois en hébreu, parfois en grec, parfois en latin, alors la possédée leur répondait avec aisance dans la langue qu’ils employaient, des langues dont elle ignorait les notions les plus élémentaires. Lorsque le père Midot lui parla grec, il fit par mégarde une faute de grammaire et le Diable, par la voix de la possédée, fit alors remarquer au prêtre qu’il s’était trompé.

  • La révélation de choses cachées ou futures, sans qu’aucune raison naturelle ne puisse l’expliquer:

Au XIXe, entre 1864 et 1869, dans le petit village d’Illfurth, en Alsace, deux frères, Thièbaut et Joseph Bruner, âgés respectivement de 9 et 7 ans, furent possédés par des démons. Parfois ils révélaient aux visiteurs leurs méfaits passés, leur reprochaient leurs péchés les plus secrets où prédisaient ce qui allait se passer longtemps à l’avance. Un témoin apportait:  » A plusieurs reprises Thibaut prédit la mort de quelqu’un. Deux heures avant la mort d’une certaine Frau Müller, il s’agenouilla près de son lit et fit semblant de sonner le glas. Un autre jour, il recommença la même pantomime pendant une heure entière. Quand on lui demanda pour qui il sonnait le glas, il répondit: Pour Gregor Kunegel. Or la fille de Kunegel se trouvait là et elle lui dit:
-Menteur: Mon père n’est même pas malade.
-Peut-être bien lui répondit-il, mais il vient de faire une chute. Vas-y voir toi-même!
C’était vrai. L’homme venait de se tuer en tombant d’un échafaudage au moment précis où Thibaut sonnait le glas imaginaire. Et personne, à Illurth, n’avait encore appris l’accident. « 

  • Avoir en horreur les choses saintes. Les objets pieux mettent le possédé dans une rage folle, le conduisant généralement à blasphémer de la plus horrible manière:

Toujours dans l’histoire des petits possédés d’Illfurth:  » Un jour, on donna à Thièbaut un petit tableau de la Sainte Vierge pour le distraire, mais aussitôt il fut pris d’une forte crise et jeta violemment le tableau à terre. Il se brisa en mille morceaux. Le professeur Lachemann, Frère de Marie de Saint-Hippolyte, le pria de rester calme et lui posa en latin cette question en latin: Que penses-tu de l’Immaculée Conception de la Bien-heureuse Vierge Marie qui t’a écrasé la tête?
Ce à quoi Satan répondit: F.. le camp avec ta Grande Dame, F.. le camp, je ne veux pas entendre parler d’elle!
Là-dessus, le démon se mit à proférer des jurons et des blasphèmes si horribles que la Sœur garde-malade en fut toute saisie de frayeur et d’épouvante. « 

  • Faire preuve d’une force d’une force physique dépassant l’âge ou la condition du sujet:

Osterreich racontait cette anecdote dans son ouvrage Les Possédés: L’exorciste dit à la possédée: lève cette pierre! C’était une très grande pierre qu’elle n’aurait pas pu porter dans son état normal mais la femme la mit facilement sur sa tête et commença à tourner en rond, comme une roue, jusqu’à ce que la pierre tombe d’un côté, et elle de l’autre.

D’autres signes, s’ils ne sont pas aussi déterminants, peuvent néanmoins pris en compte. Parmi les plus impressionnants nous retrouvons:

  • Léviter, voler, marcher sur le plafond etc…

Une histoire que l’on peut retrouver dans l’ouvrage Le trésor et entière histoire de la triomphante victoire du corps de Dieu sur l’esprit malin de Beelzebub, obtenue à Laon l’an 1566, illustre parfaitement ce phénomène:
Alors que le révérend lui mettait la sainte hostie devant les yeux en lui disant:  » Sors, ennemi de Dieu  » soudain la possédée se tordit et se mit à meugler horriblement, les pieds à l’envers, les orteils à la place des talons, puis elle se raidit et se souleva dans les airs, à 1m80, malgré les huit ou dix hommes qui tentaient de la maintenir de force, de telle sorte qu’ils furent eux-aussi soulevés avec elle. Ils luttaient autant qu’ils ne pouvaient pour la retenir au sol, mais parfois ils n’arrivaient pas à la maitriser et elle leur échappait, comme si on l’avait arrachée de leurs mains.

  • Vomir des objets incongrus:

Au cours de l’année 1691, malgré les attentions de toutes sortes qui lui étaient prodiguées, la santé de la Juana de los Reyes ne s’améliora pas, au contraire; à plusieurs reprises, d’affreux vomissements lui firent rejeter des boules de laine imbibée de sublimé corrosif, des paquets de cheveux, des aiguilles et des épingles en quantité. (Inquisition et Société au Mexique, Solange Alberro)

Si le prêtre constate que la victime présente des signes certains ou s’il est persuadé de sa possession pour une quelconque raison, alors il peut décider d’effectuer un rituel d’exorcisme.

Exorcisme Goya

Exorcisme

L’exorcisme est une pratique fort ancienne qui a pour but de délivrer un homme, un animal ou un lieu des démons qui le possèdent. Pour chasser les démons, les prêtres Babyloniens détruisaient une représentation en cire ou en argile des démons incriminés et les Perses éloignaient les mauvais esprits par la prière. L’exorcisme, pour les Grecs et les Romains consistaient en des purifications, des sacrifices, et des prières. La Bible en parle également, à de nombreuses reprises. Les Évangiles nous apprennent que Jésus chassait les démons:  » Jésus guérit beaucoup de malades affligés de diverses infirmités, et il chassa beaucoup de démons; mais il ne laissait pas les démons parler, parce qu’ils le connaissaient. Et il allait, prêchant dans leurs synagogues, par la Galilée entière, et chassant les démons. » (Marc 1, 23 39), qu’il avait donné ce pouvoir à ses disciples:  » Voici que je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance de l’Ennemi, et rien ne pourra vous nuire » (Luc 10 19), et qu’il encourageait les hommes à faire de même: un jour ses disciples voulurent interdire à un homme d’user de son nom pour chasser les démons et Jean lui dit:  » Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en votre nom, et nous voulions l’en empêcher, parce qu’il ne vous suit pas avec nous. Jésus lui dit: Ne l’empêchez pas, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous.  » (Luc 9, 49 et 50)

Pour procéder à un exorcisme officiel, le prêtre doit d’abord en demander la permission à l’évêque de son diocèse. Peu avant la cérémonie, l’exorciste doit se préparer au combat qui l’attend par un jeûne de trois jours, la confession et la prière.
La plupart du temps la cérémonie se déroule dans un sanctuaire fermé au public mais elle peut également s’effectuer au domicile de la victime, si nécessaire. Des prêtres et des proches de l’affligé peuvent néanmoins y assister, auquel cas ils prient pour lui ou secondent l’exorciste durant le rituel. Le prêtre doit toujours mener l’exorcisme en faisant preuve d’autorité, d’une grande foi, d’humilité et de ferveur. S’il voit que l’esprit diabolique commence à être tourmenté, alors il se doit d’insister et de pousser le mal dans ses derniers retranchements.
Le rituel du Grand Exorcisme est constitué de longues prières d’introduction suivi de trois différents exorcismes. La cérémonie débute par les rites d’ouverture, le signe de la croix et la salutation, puis l’exorciste bénit du sel et de l’eau et asperge le possédé d’eau bénite en souvenir du baptême. Le prêtre embrasse ensuite son étole violette, il la passe autour du cou du possédé et commence à réciter la Litanie des Saints pour invoquer la miséricorde divine. Il lit ensuite des psaumes et des passages de l’Evangile, puis il pose ses mains sur la tête du possédé et invoque la puissance de l’Esprit Saint afin d’inciter le Malin à se retirer. Pendant cette prière, il souffle sur le visage du possédé pour en chasser le démon. Le prêtre récite ensuite le credo et Notre Père, puis il présente le Crucifix à l’affligé, le bénit et ordonne au démon de partir au nom du Christ. L’exorcisme se termine avec un chant d’action de grâces, une prière et une bénédiction.

Au cours de la cérémonie, l’exorciste ne doit pas se laisser aller à la curiosité et ne questionner les démons que pour connaître leurs noms, leur nombre, ou pour apprendre la raison de la possession.
Parfois, le Malin feint l’indifférence ou prétend avoir des regrets mais souvent il s’enferme dans le silence et il n’est pas rare qu’il faille le forcer à répondre, en l’exhortant au nom de Jésus-Christ, tout en bénissant le possédé avec de l’eau bénite et en lui montrant le Crucifix.
Si le possédé semble soudain pris de sommeil, tombe en catalepsie, rentre en transe, se met à léviter, à parler latin, grec, etc…, alors cela signifie que le démon vient de se substituer à lui. Les démons peuvent se déclarer nombreux dans un même corps, comme dans ce passage de la Bible:  » Et Jésus lui demanda: Quel est ton nom? Et il lui dit: Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux « , se regrouper sous un même chef, se prétendre des animaux et imiter leurs cris, annoncer quelque personnage célèbre, ou se manifester sous leurs véritables noms.
La plupart des exorcismes se déroulent paisiblement mais parfois, le Malin, enragé, s’en prend violemment au prêtre ou aux personnes présentes, tentant de les déstabiliser, les insultant, ou révélant leurs secrets les plus intimes. Si le démon avoue qu’un objet ou un sortilège est responsable de l’état de possession, alors l’exorciste doit tenter d’en découvrir la nature et le détruire.
Avant de réussir à exorciser le possédé, le prêtre doit souvent mener une véritable bataille qui peut durer plusieurs années. Selon Dom Amorth, exorciste au Vatican, un seul exorcisme règle rarement le problème:  » Il faut souvent exorciser quelqu’un une douzaine de fois, parfois des centaines, et un rituel d’exorcisme peut prendre de quelques minutes à plusieurs heures.  »
L’exorcisme se révèle toujours épuisant pour le prêtre, aussi bien physiquement que psychologiquement. Quand le Diable est sur le point de quitter sa victime, il annonce souvent l’heure de son départ et le prouve d’un signe. Lors de l’exorcisme de Clara-Germana Cele, en 1906, le démon déclara qu’il signalerait son départ d’une lévitation, ce qu’il fit sur le champ, en présence des cent soixante-dix personnes qui se trouvaient dans la chapelle de la mission.

Dès que le démon quitte son corps, l’affligé reprend ses esprits, ne se souvenant que rarement de son exorcisme. Il lui est conseillé de mener par la suite une vie exemplaire, car le démon rôde souvent près de ses anciennes victimes dans l’espoir de s’emparer d’eux une nouvelle fois.

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