La Possession de Clara-Germana Cele

Vitrail SatanEn 1932, le Père Erasmus Hörner rapporta l’histoire suivante dans ses écrits Faits Positifs d’événements Mystérieux, la Possession Démoniaque.

En 1906, Clara-Germana Cele, originaire du pays des Zoulous, était une jeune orpheline de 16 ans qui vivait dans la petite ville de Natal, en Afrique du Sud. Baptisée catholique, elle fréquentait l’école de la mission Saint-Michel depuis ses quatre ans et les religieuses la décrivaient comme une enfant normale, gaie et enjouée. Pourtant, depuis sa première communion, qui avait eu lieu l’année précédente, Germana avait changé. Son confesseur, le Père Erasmus Hörner, la trouvait morose, triste et même agressive. Bientôt elle devint frivole et s’éloigna des sacrements.
Le 5 juillet 1906, Germana alla trouver le Père Erasmus pour lui faire une étrange confession: la jeune fille affirmait s’être vouée au service de Satan. Afin de lui prouver ses dires, elle lui remit un curieux morceau de papier qu’elle présenta comme le pacte qu’elle avait signé avec le Diable. Bien évidemment, le Père Erasmus n’en crut rien mais très vite, commencèrent à se manifester les premiers signes de sa possession démoniaque. La jeune fille avait des crises au cours desquelles elle criait:  » Je suis perdue! J’ai fait une confession et une communion sacrilèges. Je dois me pendre car Satan m’appelle! « .

Dans les semaines qui suivirent, le comportement de Germana changea de manière radicale. Au mois d’août 1906, alors qu’elle assistait à une messe, la jeune fille se montra terriblement belliqueuse, refusant de s’agenouiller et incitant les autres élèves à refuser la confession. Le 20 août 1906, les sœurs de la mission Saint-Michel eurent la surprise de découvrir Germana en grande conversation avec un être invisible. Elle pleurait et lui disait:  » Tu m’as trompée! Tu m’avais promis de beaux jours, et maintenant tu es cruel pour moi « .
Puis soudain, apostrophant une religieuse, la jeune fille s’écria:  » Ma sœur, s’il vous plait, appelez le Père Erasmus. Je dois me confesser et tout lui dire. Mais vite, très vite, ou Satan va me tuer. Il me tient en son pouvoir! Plus rien de béni n’est avec moi; J’ai jeté toutes les médailles que vous m’aviez données « .
Germana se trouvait dans un tel état d’agitation qu’elles décidèrent de la mettre au lit. La jeune fille déchirait ses vêtements, elle grinçait des dents, hurlait ou aboyait comme un chien. Le père Erasmus fut alors appelé et il demanda à la possédée:
 » Qui êtes-vous?
-Je suis Satan, affirma l’être invisible. Notre roi est Lucifer. Son pouvoir est grand; il a à son service d’innombrables sujets. Nous avons été précipités du Ciel en Enfer, bien que nos péchés n’eussent pas été aussi énormes que ceux d’un grand nombre d’hommes.
-Y a-t-il un enfer? demanda alors le Père Erasmus.
-Certainement! répondit l’entité. Son feu n’émet aucune clarté et ne ressemble en aucune manière à votre feu. Malgré l’obscurité, nous nous voyons l’un l’autre. Le Christ nous a vaincus en mourant sur la Croix, mais à présent beaucoup d’Esprits errent à travers le monde pour séduire les hommes. Le Christ reviendra une seconde fois, lors du jugement dernier. Alors nous serons jugés sous les regards de tout le monde. Nous croyons en Dieu, mais nous le haïssons « .
Alors que les sœurs l’aspergeaient d’eau bénite, Germana implora:  » Oh! Laissez-moi! Ça brûle! « . Si l’eau bénite semblait cruellement brûler sa peau, elle lui permettait cependant de sortir de son état de possession durant un moment.

Les manifestations du démon étaient de plus en plus fréquentes et les attaques que la jeune fille subissait l’épuisaient. Dans un compte-rendu, une religieuse rapporta que Germana agressait souvent ses camarades et qu’elle rentrait dans une rage effroyable dès qu’un objet béni se trouvait en sa présence. Dès qu’elle apercevait une sœur portant une croix ou quelconque signe religieux, elle semblait soudain animée d’une force et d’une férocité extraordinaires et elle la poursuivait jusque dans sa chambre afin de la châtier. Lors de ses crises, les cris de la jeune fille étaient d’une telle bestialité sauvage qu’ils terrifiaient ceux qui les entendaient:
 » Aucun animal n’a jamais produit de tels sons. Ni les lions de l’est de l’Afrique, ni les taureaux furieux. A certains moments, ils sonnaient comme un véritable troupeau de bêtes sauvages qu’aurait orchestré Satan après avoir formé un cœur infernal « .
Il arrivait également que les religieuses et les jeunes filles qui habitaient avec elle voient apparaitre à leur fenêtre, aussi bien en plein jour que pendant la nuit, les figures de terrifiants animaux aux yeux de braise.
Un jour, alors que la jeune fille était allongée sur une natte, se reposant d’une violente crise, elle s’écria:  » Au feu! Je brûle! « . Et alors que Germana se tordait de douleur, ses compagnes purent clairement voir les flammes qui l’entouraient.

De nombreux témoins, dont son confesseur, rapportèrent que la jeune femme lévitait de façon régulière:
 » Souvent, Germana se trouvait soulevée à un mètre, un mètre cinquante du sol, parfois verticalement, parfois horizontalement, et son corps flottait au-dessus de son lit. Elle était rigide, tout comme ses vêtements qui ne retombaient pas comme ils auraient du: ils restaient étroitement plaqués comme son corps et ses jambes. Si on l’aspergeait d’eau bénite, elle retombait aussitôt, et ses vêtements reprenaient leurs plis habituels. Ce genre de phénomène se produisait en présence de témoins, parfois même étrangers à la mission. A l’église, à la vue de tous, il lui arrivait de flotter au-dessus de sa chaise. Certains, la tirant par les pieds, essayaient de la ramener à sa place sans y parvenir, malgré tous leurs efforts « . Au cours de l’une de ces lévitations, Germana se retrouva soulevée à un mètre du sol avant de se mettre à flotter vers le presbytère.

Le Père Erasmus décrivit également comment Germana se transformait parfois en une créature qui ressemblait à un serpent. Son cou s’allongeait, son corps semblait gonfler, notamment sous la peau de sa poitrine, et il devenait aussi souple que du caoutchouc. La jeune fille avançait alors en glissant sur le sol. Sous cette forme reptilienne, elle avait même attaqué une nonne, la mordant très sérieusement au bras. Sur la peau de sa victime, se distinguaient très nettement deux petits points rouges, semblables à ceux qu’auraient pu laisser la morsure d’un serpent. Malgré tous les soins prodigués, cette blessure allait suinter d’un liquide purulent durant plusieurs mois.

De manière surprenante, Germana comprenait et pouvait parler le français, l’allemand, le polonais et toutes les langues étrangères, même celles qu’elle n’avait jamais entendues auparavant. Elle avait également développé des dons de clairvoyance, et elle pouvait révéler les secrets et les plus intimes transgressions de personnes avec laquelle elle n’avait jamais eu de contact.

Comme il avait été démontré que Germana présentait les critères d’une possesseur démoniaque, le Père Erasmus et le Père Mansueti décidèrent de pratiquer un exorcisme sur la jeune fille. Le rituel eut lieu le 11 septembre 1906, et il commença aux premières heures du jour. Au début de cette séance, la première action de Clara-Germana fut de frapper la Bible qui était entre les mains du prêtre puis de saisir son étole et de tenter de l’étouffer avec elle. Après une interruption à midi, l’exorcisme reprit à 15 heures et se poursuivit tard dans la nuit. A la fin de cette première journée, le démon n’avait toujours pas été chassé du corps de Germana et, par conséquent, le rituel reprit le lendemain matin, à 8 heures. Au cours de cette nouvelle cérémonie le prêtre demanda au démon:
 » Pourquoi as-tu été chassé du Ciel?
-Parce que Dieu nous a révélé son Fils et nous a commandé de l’adorer; mais nous avons refusé parce qu’il avait adopté une nature inférieure à la notre.  »
Devant l’insistance des hommes de Dieu, le démon s’écria d’une voix stridente:  » Je dois quitter Germana. Il ne m’est pas permis d’entrer dans une autre personne, car je dois retourner en Enfer. Malheur à moi!  »
Il déclara ensuite qu’il allait signaler son départ d’une lévitation, ce qu’il fit immédiatement, en présence des cent soixante-dix personnes qui se trouvaient dans la chapelle de la mission à ce moment-là.
Après deux longues journées de combat, les prêtres déclarèrent que la jeune fille ne se trouvait plus sous l’influence du diable. Toute les membres de la communauté, choqués de ce dont ils avaient été témoins, récitèrent des prières durant plusieurs heures.

A la suite de cet exorcisme, Germana redevint la jeune fille qu’elle était autrefois, joyeuse et insouciante. Cependant, en janvier 1907, Germana affirma une nouvelle fois avoir passé un pacte avec le démon et ses crises recommencèrent. Au mois d’avril 1907, un nouvel exorcisme de deux jours eut lieu et la jeune fille ne montra plus jamais de signes de possession diabolique après cela. Clara-Germana Cele mourut de la tuberculose le 14 mars 1913, en paix avec elle-même et avec Dieu.

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