The Ridges, la Vraie Histoire

The Ridges

The Ridges est un film réalisé par Brandon Landers en 2011. Il raconte l’histoire de quatre jeunes étudiants de l’université de l’Ohio qui décident de faire un documentaire afin de prouver que les esprits et le paranormal n’existent pas. Afin de prouver leurs dires, ils se décident de se rendre dans un hôpital abandonné, un ancien asile d’aliénés dans la petite ville d’Athens. Leur enquête leur réservera bien des surprises. Je vous propose de découvrir l’histoire de cet hôpital, qui a réellement existé, et les rumeurs le concernant.

The Athens Lunatic Asylum ouvrit ses portes le 9 janvier 1874. Situé sur les hauteurs d’une colline à l’est de la petite ville d’Athens, c’était un établissement des plus luxueux. Des efforts particuliers avaient été déployés pour créer un environnement agréable et les bâtiments étaient entourés de parcs, de fontaines, d’étangs et de petits sentiers.
Pour finaliser ce projet, le gouvernement avait acheté plus de 150 hectares de terres à la famille Coates qui tenait là une exploitation, et six années avaient été nécessaires pour ériger l’ensemble des structures. A cette époque, de nombreux asiles étaient construits un peu partout en Amérique en raison du grand nombre de vétérans de la guerre civile qui souffraient de ce que l’on appellerait aujourd’hui un syndrome de stress post-traumatique.

The Athens Lunatic Asylum

The Athens Lunatic Asylum

La disposition des locaux et les traitements proposés étaient inspirés de l’œuvre du Docteur Thomas Story Kirkbride, un médecin qui avait écrit un traité sur la conception des hôpitaux et dont les travaux allaient grandement contribuer à améliorer les conditions de vie des malades mentaux. Il pensait qu’il était important pour les patients de séjourner dans un endroit qui ressemblait à une maison et les plans de l’hôpital avaient donc été pensés dans ce sens.
Herman Haerlin, un étudiant de Frederick Law Olmstead, le concepteur de Central Park, en avait élaboré l’architecture et les briques nécessaires à sa construction avaient été fabriquées à partir de l’argile que l’on trouvait sur place.
Les terres agricoles de l’exploitation avaient été maintenues sur la propriété car dans son programme, le Docteur Kirkbride assurait que le travail se révélait bien souvent bénéfique aux patients. L’on y trouvait du bétail, des champs et des jardins, un verger, des serres, une laiterie, une usine qui produisait de la chaleur de la vapeur et même un atelier de voitures.
Toutes ses dépendances assuraient également une certaine autonomie à l’établissement, qui n’était pas indépendant pour autant. Les habitants de la petite ville d’Athens se réjouissaient d’ailleurs de sa construction car ils l’approvisionnaient en tout ce qui pouvait lui faire défaut, ce qui leur assurait de nouvelles richesses. Pendant de nombreuses années, l’hôpital allait d’ailleurs devenir le plus gros employeur la ville.

Le bâtiment central était gigantesque. Haut de quatre étages, il était réservé à l’administration et aux logements des employés. Deux grandes ailes se dressaient sur chacun de ses côtés et elles étaient réservées à l’hébergement des malades. Les femmes occupaient l’aile de droite, les hommes l’aile de gauche, et, conformément au traité du Docteur Kirkbride, tous les patients étaient logés dans des chambres individuelles, ce qui était une nouveauté à l’époque. Les malades étaient répartis par affliction et les plus violents d’entre eux résidaient à l’extrémité des deux ailes, dans une partie qui possédait sa propre entrée.
L’asile possédait 544 chambres et, lors de son ouverture, 200 personnes vinrent les occuper. Les deux premiers patients à rejoindre les lieux furent Thomas Armstrong, de Belmont County, et Daniel Fremau. Daniel Fremau pensait apparemment qu’il était la seconde incarnation de Jésus-Christ sur Terre. Les malades les plus posés étaient invités à participer à diverses activités telles que le canotage, la peinture, la danse etc… Ils pouvaient également se rendre à des pique-niques, assister à des pièces de théâtre ou se promener en toute liberté dans le grand parc de l’établissement. De plus, des services religieux étaient régulièrement assurés.

The Ridges, le quartier des Femmes et la salle de Bal

The Ridges, le quartier des Femmes et la salle de Bal

Selon le rapport annuel de 1876, la principale cause de démence chez les patients de sexe masculin était la masturbation, et la seconde le manque de retenue et la dissipation.
Durant les trois premières années de fonctionnement de l’hôpital, l’on détermina que quatre-vingt un hommes et une femme étaient devenus fous à cause de leur masturbation. Pour cinquante-six hommes et une femme, leur folie venait de leur manque de retenue et leur dissipation.
Dans tous les établissement où elles furent appliquées les méthodes du Docteur Kirkbride connurent un grand succès. La réputation de l’hôpital d’Athens, qui avait été rebaptisé The Athens Hospital for the Insane deux ans après son ouverture, était grandissante et les demandes d’internements se faisaient de plus en plus nombreuses. Les familles y abandonnaient fréquemment leurs parents âgés, les parents s’y déchargeaient de leurs enfants pour des actes insignifiants et les sans-abris y trouvaient volontiers refuge. Par conséquent, dès 1884, les conditions de vie des malades commencèrent à se dégrader. Dans les années 1900, plus de 2000 personnes étaient entassées dans des chambres qui proposaient maintenant plusieurs lits.
Si le nombre de malades avait dramatiquement augmenté, le nombre d’employés n’avait pas vraiment suivi. Il n’y avait parfois qu’une seule infirmière pour cinquante personnes et la qualité des soins s’en ressentait. Comme il devenait impossible de proposer une prise en charge individuelle, les anciens traitements furent remis au gout du jour. Les patients étaient plongés dans de l’eau glacée, ils subissaient des électrochocs, différents formes de lobotomie étaient appliquées et on leur administrait des médicaments psychotropes aux effets secondaires désastreux.

Dans les années 60, la lobotomie fut condamnée et de nouveaux médicaments virent le jour, ce qui permit de libérer de nombreux patients qui s’en furent rejoindre le flôt grandissant des sans-abris. Si ces traitements médicamenteux étaient lourds et loin d’être parfaits, ils étaient toutefois plus efficaces et bien plus humains que les électrochocs ou la chirurgie du cerveau. L’Hôpital d’Athens fut rebaptisé The Ridges et des programmes de gériatrie et de désintoxications furent ajoutés à ses services.

Le 1er décembre 1978, Margaret Schilling, une patiente de l’établissement, disparut soudainement de sa chambre. Malgré toutes les recherches entreprises, elle demeura introuvable. Le 12 janvier 1979, elle fut retrouvée par un agent d’entretien, au numéro 20, l’une des salles située au premier étage d’un pavillon abandonné.
Ce quartier, qui avait été utilisé autrefois pour des patients atteints de maladies infectieuses, était fermé depuis des années. Si l’hôpital avait été fouillé, personne n’avait pensé à regarder dans la salle n.20. Quand l’homme retrouva Margaret Schilling, elle gisait sur le sol, face à une fenêtre, et son corps décomposé laisser à penser qu’elle était morte depuis plusieurs semaines.
Officiellement, Margaret était morte d’insuffisance cardiaque et l’on en déduisit qu’elle n’avait pas pu supporter son exposition aux terribles températures hivernales, des températures qui pouvaient tomber très bas dans cette section non chauffée de l’hôpital. On ne sut jamais vraiment pourquoi elle s’était enfermée toute seule dans cette pièce. L’on supposa qu’elle s’était cachée des employés de l’hôpital pour s’amuser, sans certitude. Avant de mourir, la malheureuse avait enlevé ses vêtements et les avait soigneusement pliés à côté d’elle.
Lorsque son corps fut enlevé, on remarqua qu’à l’endroit où il reposait, se dessinaient les contours sa silhouette. Cette empreinte fut frottée avec divers produits détergents à maintes reprises, mais rien ne semblait pouvoir en venir à bout. La forme de son corps est encore visible aujourd’hui, et ce dessin serait, apparemment, du à la décomposition du corps et au soleil. Mais pour beaucoup, ce souvenir indélébile signifie surtout que Margaret n’a jamais pu trouver le repos et, régulièrement, des fleurs et divers petits objets sont déposés sur les lieux en hommage à sa mémoire.

Trace du corps de Margaret

Trace du corps de Margaret

Au cours des années 70 et 80 la plupart des terres furent cédées à l’Université de l’Ohio, qui se trouvait non loin du domaine. En 1981, l’établissement comptait moins de 300 patients. Billy Milligan, le célèbre violeur à personnalités multiples, fut parmi les derniers patients à être interné dans l’établissement. En 1993, les derniers résidents furent transférés dans un nouvel hôpital et les bâtiments devinrent des locaux universitaires qui furent rebaptisés Lin Hall. L’un d’eux abrite aujourd’hui le Musée d’Art Kennedy. Sur certains rebords des fenêtres, on peut encore lire des messages que laissèrent certains pensionnaires.

Si les faits étranges et les phénomènes surnaturels sont en réalité peu nombreux, les rumeurs sont, quand à elles, fort bien alimentées:
Les âmes tourmentées de certains anciens pensionnaires, ceux qui seraient morts à l’hôpital, erreraient encore dans les bâtiments et dans le cimetière le plus proche de l’asile, celui à l’arrière. Régulièrement, des témoins rapportent avoir entendu des voix désincarnées de femmes et des grincements de civières. Des lumières et des silhouettes sombres auraient également été aperçues.
De nombreux étudiants affirment que l’esprit de Margaret Schilling se montre parfois à la fenêtre de la chambre où elle vécut ses derniers instants. L’on raconte qu’une nuit, Debbie Ralph, une jeune étudiante, aurait voulu visiter la pièce. Elle y aurait rencontré le fantôme de Margaret Schilling, qui n’aurait cessé de la tourmenter par la suite. Quelques jours plus tard, Debbie Ralph se serait donné la mort dans les couloirs de la faculté.
Dans un article publié le 31 octobre 1978, le journal du campus The Post rapportait le témoignage de Debbie Ralph Southall et de deux de ses amies, Susan Herrington et Sue Goetschius, toutes trois étudiantes. Dans cet article, les jeunes filles affirmaient avoir été témoins de nombreux phénomènes paranormaux. Elles racontaient, entre autres, qu’une nuit, une étrange créature inhumaine leur était apparue et qu’elles avaient vu des objets bouger tous seuls. Il n’était nullement fait mention de la mort de qui que ce soit et l’article datait, de toutes façons, d’avant la disparition de Margaret.

D’après certains apprentis enquêteurs du paranormal, les cinq cimetières entourant l’hôpital formeraient un pentagramme autour du bâtiment réputé le plus hanté.
L’un des cimetières de The Ridges aurait été élu comme étant le cimetière le plus hanté au monde, par la British Society of Psychical Research, ce que l’association dément formellement: ils n’ont jamais enquêté sur les lieux. Dans ce cimetière, certaines pierres tombales ne portent aucun nom, juste des numéros. Ces sépultures renfermeraient les corps des patients qui auraient été victimes d’horribles expériences médicales.

Pentagramme et tombe numérotée de The Ridges

Le Pentagramme formé par les cimetières et l’une des tombes numérotées

De nombreuses personnes furent enterrées dans l’un des cimetières de l’hôpital. Parmi eux, 700 femmes et 959 hommes reposent sous des pierres tombales marquées d’un simple numéro, apparemment les plus anciennes et l’on ne sait pas vraiment pourquoi ce système était utilisé.
Certains pensent que seuls les patients dont les familles possédaient assez d’argent pour se payer les services de pompes-funèbres avaient leurs noms inscrits sur leurs sépultures. Les autres bénéficiaient d’une pierre toute simple marquée d’un nombre, ce qui expliquerait également les plaques d’anciens combattants que l’on peut retrouver sur certaines tombes. Les numéros des défunts étaient inscrits dans leurs dossiers d’hospitalisation, et une liste devenue publique permet de consulter leurs identités si l’envie vous en prend. Malheureusement, certains documents furent perdus et les défunts de sexe masculin qui portaient les numéros allant de 1 à 63 sont condamnés à rester à jamais anonymes.

Le sous-sol renfermeraient les anciens cachots dans lesquels auraient été enchainés les patients. Dans l’un d’entre eux, ce terrifiant message serait gravé sur le mur:  » Je n’ai jamais été fou « .
Sur la colline, plusieurs pierres tombales sont disposées en cercle parfait sans raison apparente mais l’on suppose qu’elles furent placées ainsi par des étudiants de l’université dans les années 20 qui trouvèrent là matière à amusement. Ce cercle est réputé pour être l’autel de sorcières, et il est régulièrement visité par des adeptes de magie noire qui tiennent ici séance et l’utilisent comme un cercle de pouvoir.
De l’autre coté du ruisseau, se trouvent également quelques tombes qui reposent sous les arbres, là où commencent les bois. Certains disent que ce sont là les tombes des meurtriers, qui ne pouvaient pas être enterrés en terre sacrée comme les autres. Leurs esprits seraient particulièrement violents et vindicatifs, mais ils ne pourraient pas traverser l’eau qui coule du ruisseau. Cette dernière anecdote me semble tout à fait crédible. En effet, autrefois, l’on pensait que les vampires et autres morts-vivants étaient incapables de traverser un cours d’eau vive.

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