La Hantise de San Pedro: Jackie Hernandez

jackie-hernandezLa Hantise de San Pedro est le nom donné à la terrible expérience de Jackie Hernandez, une jeune femme de 26 ans qui affirma en 1989 qu’elle et ses deux enfants étaient victimes d’une entité invisible.

Jacqueline Hernandez était née en 1963 à Saratoga Springs. Son père était agent administratif, sa mère femme au foyer et la jeune femme avait eu une vie difficile. Elle avait plusieurs agressions et elle se montrait souvent angoissée et déprimée. Jackie souhaitait devenir psychologue pour enfants et elle continuait toujours ses études. Quelques années auparavant elle avait épousé Al Hernandez, dont elle avait eu un enfant, et elle était enceinte du second quand elle décida de le quitter, emmenant son jeune fils Jamie, âgé de deux ans, avec elle.

En 1988, Jackie avait 25 ans, et elle était enceinte de six ou sept mois. Elle cherchait une maison, sans critères particuliers, quand elle découvrit ce petit bungalow situé à l’angle de la 11e et de Grande Street, à San Pedro. Il lui plut immédiatement.
La jeune femme  espérait obtenir son diplôme de psychologue et, comme la date des examens approchait, elle passait beaucoup de temps à étudier. Elle vivait seule pour la première fois et cette nouvelle liberté l’enchantait mais un mois après leur installation, elle commença à entendre des bruits étranges dans la maison. Un soir, elle regardait la télévision, quand soudain des grattements s’élevèrent de l’un des murs du salon. Collant son oreille à la paroi, elle eut l’impression que de petits cailloux dégringolaient le long du mur et tombaient lentement sur le plancher. Elle en frissonna.

A partir de ce moment-là, les incidents s’enchainèrent. Tous les soirs un son aigu lui vrillait les oreilles. Il était tellement fort qu’il en devenait douloureux. Le son passait par le conduit d’aération mais il semblait provenir du plafond.  Une nuit, intriguée, Jackie suivit le bruit qui la mena jusqu’à la buanderie. La trappe du grenier était grande ouverte et elle laissait entrevoir une obscurité que rien ne troublait. La jeune femme ne pouvait pas la laisser comme ça. Pour pouvoir l’atteindre elle grimpa sur la machine à laver, qui se trouvait juste en-dessous, et les yeux rivés sur la noirceur du grenier elle tendit le bras et tira sur la poignée. La trappe se referma dans un bruit sourd et Jackie retira vivement son bras. Pour la première fois, elle avait l’impression de ne pas être seule dans la maison.

Elle venait tout juste de refermer la trappe quand des coups résonnèrent à la porte, la faisant sursauter. Il était plus d’une heure du matin mais, sachant qu’elle avait peur, ses amies passaient la voir plus souvent. Cette nuit-là, Susan Castaneda, qui habitait juste à côté de chez elle, était venue lui rendre visite. Jackie était en train de lui rapporter ses observations quand soudain, un coup violent retentit dans la cuisine. Les deux femmes se précipitèrent et elles s’aperçurent que l’un de ses tableaux avait été décroché du mur et posé sur le rebord de l’évier. Sur la table, deux clous se dressaient verticalement, en équilibre sur leurs têtes. Il était absolument impossible qu’ils soient sortis du mur et qu’ils soient tombés dans cette position. Quelqu’un les avait forcément disposés comme ça.

Jackie, Chrissy et Susan

Jackie (à gauche), Chrissy (au centre) et Susan

Un autre des voisines de Jackie était une adolescente. Elle s’appelait Chrissy Zivkovic et elle venait souvent garder Jamie. Les deux jeunes femmes s’appréciaient énormément et elles passaient beaucoup de temps à discuter ensemble. Un soir, Jackie était sortie et Chrissy surveillait Jamie, qui était déjà au lit. Comme il se faisait tard et qu’elle n’entendait pas le moindre bruit, la jeune fille voulut s’assurer que le petit garçon allait bien. Elle traversa le couloir mais alors qu’elle s’approchait de sa chambre, la porte s’ouvrit toute seule. Intriguée, Chrissy rentra dans la pièce et referma la porte derrière elle. Jamie dormait paisiblement. Elle s’apprêtait à ressortir quand la même chose se reproduisit: la porte s’ouvrit en grand devant elle. Perturbée, la jeune fille se rassura en se disant que pour une mystérieuse raison, la porte devait s’ouvrir quand on posait le pied à certains endroits du plancher.

Quelques temps plus tard, alors qu’elles discutaient en préparant le repas,  Jackie remarqua d’étranges lumières qui allaient et venaient très rapidement au plafond de la cuisine. Intriguée, elle demanda à Chrissy de regarder, et la jeune fille les vit aussi. Elles n’avaient jamais rien vu de semblable. Ces lumières n’étaient pas des reflets ou des lueurs et elles étaient particulièrement brillantes. Chrissy, que ces manifestations effrayaient, suggéra de sortir immédiatement de la maison mais Jackie avait une autre idée. Saisissant son appareil, elle photographia la chose à deux reprises mais brusquement, l’appareil cessa de fonctionner. La jeune femme le tendit alors à son amie et lui demanda d’essayer. Chrissy prit l’appareil puis, pensant qu’il se remettrait peut-être en marche si elle photographiait autre chose, elle se tourna vers la fenêtre. Mais alors qu’elle regardait dans le viseur, brusquement elle aperçut le visage ravagé d’un vieil homme. Il ressemblait à un squelette. Terrifiée, la jeune fille poussa un cri et lâcha l’appareil, qui atterrit dans l’évier, puis elle se mit à courir.

Chrissy et une apparition lumineuse dans la cuisine

Chrissy et une apparition lumineuse dans la cuisine

Al, l’ex-mari de Jackie, adorait s’occuper de Jamie et il passait souvent les voir. Jackie lui parla de ce qu’elle vivait, elle lui expliqua que parfois de l’eau coulait des murs sur les interrupteurs de lumière et disparaissait soudainement, qu’elle sentait une présence permanente dans la maison et que cette présence lui glaçait le sang mais en observant sa réaction, elle comprit qu’il ne la croyait pas. Et elle avait raison: Al doutait. En fait, il pensait que la jeune femme essayait d’attirer son attention et il ne savait pas trop comment lui dire que le problème venait d’elle. Il lui proposa alors de défier l’esprit. S’il était là, il se montrerait forcément. Comme Jackie semblait ne pas vouloir bouger, Al se leva, et regardant vers le plafond il cria:  » Si tu es là, alors montre-toi.  » La jeune femme était vraiment terrifiée, elle craignait les conséquences de ce défi mais étrangement, il ne se passa rien. Son ex-mari se tourna alors vers elle et lui dit d’un air satisfait:  » Tu vois.  »
Après son départ, Jackie ouvrit le placard à vêtements de la chambre et là elle en eut le souffle coupé. Le prénom de son ex-mari était écrit partout, il apparaissait des centaines de fois, aussi bien sur les murs que sur la porte. Le A était en bleu, le L en rouge. L’entité avait entendu les paroles de son ex-mari, et elle y avait répondu.

Jackie ne voulait plus dormir dans cette maison. Si elle en avait eu les moyens, elle aurait déménagé sans attendre mais elle ne pouvait pas se le permettre. Son amie Susan lui conseilla de raconter aux propriétaires tous les phénomènes étranges qu’elle rencontrait mais la jeune femme s’y refusa. Elle ne voulait en parler. Elle avait peur qu’on la prenne pour une folle.
Quelques semaines plus tard, par une heureuse coïncidence, les deux femmes se promenaient quand elles croisèrent le propriétaire et sa femme. Immédiatement, Susan se mit à parler des problèmes de son amie et, contre toute attente, ils n’eurent pas l’air choqués mais inquiets. Se tournant vers Jackie, le propriétaire lui demanda si elle accepterait qu’il fasse venir un prêtre et la jeune femme donna son accord.

Suite à cette rencontre, deux prêtres rendirent visite à Jackie mais dès leur arrivée, ils lui firent mauvaise impression. Froids, distants, ils se montraient cyniques et semblaient la juger. Apercevant une cassette vidéo, le plus âgé déclara d’une voix sévère:  » Je vois que vous aimez les films d’horreur.  » Jackie lui expliqua alors que ces films appartenaient à son ex-mari, et le prêtre fronça les sourcils en entendant ce mot. Puis, se penchant sur l’aquarium, il avisa un petit squelette ornemental sur le sable et il lui affirma qu’en faisant ça, elle invitait la mort à rentrer chez elle.
Dans une vitrine, Jackie avait exposé sa collection de poupées et l’une d’entre elles était un souvenir des caraïbes. Quand il la vit, le plus jeune des prêtres prit la poupée du bout des doigts et l’amena au plus ancien. Le prêtre observa la poupée pendant quelques secondes puis, catégorique, il déclara que c’était là une poupée vaudou. Jackie sentait un malaise l’envahir, de plus en plus intense. Le prêtre se tourna alors vers elle et lui dit:  » A mon avis, vous provoquez vous-même la plupart de ces ennuis.  »
Comme Jamie pleurait dans sa chambre, Jackie s’excusa et quelques instants plus tard elle revint, portant l’enfant, qui était très agité, dans ses bras. Immédiatement, le vieux prêtre jugea que le comportement du petit garçon n’était pas normal puis il déclara qu’il pleurait car il était possédé par le diable. Le prêtre entreprit alors de bénir Jamie mais l’enfant, qui ne semblait guère l’apprécier, se mit à crier et à gigoter de plus belle. Une fois la bénédiction terminée, le prêtre insista pour bénir le fœtus et les deux hommes s’en allèrent. Jackie croyait en l’existence de Dieu, mais tout ce que ces prêtres avaient dit lui paraissait ridicule.

Le lendemain promettait d’être une longue journée car Jackie avait un travail à rédiger. Elle tapait son texte à la machine et Jamie regardait la télévision, assis sur le canapé, quand soudain, deux coups retentirent à la porte d’entrée. Quand elle alla ouvrir, une femme se présenta comme faisant partie des services sociaux de la ville et Jackie la fit rentrer, gênée. Elle n’avait pas eu le temps de faire le ménage. Des jouets trainaient dans la salle à manger, Jamie avait du chocolat partout autour de la bouche et il portait encore son pyjama.
La femme des services sociaux était venue la voir car ils avaient reçu un rapport. Les deux prêtres accusaient Jackie de consommer des hallucinogènes pendant sa grossesse. La jeune femme était stupéfaite. Jamais elle n’avait pris de drogue, elle ne buvait même pas d’alcool, mais elle pensait qu’il lui était possible de perdre la garde de ses enfants, même si elle était une excellente mère. Fort heureusement, la visite fut brève et sans conséquence mais Jackie tira une leçon de cet incident: elle n’aurait jamais du se confier, à qui que ce soit… et elle décida, à l’avenir, de ne plus parler de ce qui se passait chez elle.

Quelques jours plus tard, Jackie accoucha d’une petite fille, Samantha. Compte tenu des événements, elle n’avait pas vraiment envie de ramener la fillette dans la maison, mais elle n’avait pas le choix.
Un soir, Jackie dut s’absenter et elle confia ses enfants à Darlene, une autre de ses amies. Cette nuit-là, la baby-sitter entendit une voix effrayante en provenance de la chambre des enfants. Cette voix lui conseillait de ne pas entrer dans la salle de bain et elle était si terrifiante que Darlene pensait que sa vie serait en danger si elle n’obéissait pas. Elle préféra ne pas prendre de risques.

Jackie devant sa maison

Jackie devant sa maison

Peu après, Jackie sortit faire les courses. En revenant, elle posa le sac de papier sur la table de la cuisine et en sortit un pack de lait. Mais alors qu’elle se tournait vers le réfrigérateur pour le ranger, soudain la boite lui échappa des mains et explosa sur le carrelage. En haut du meuble, sur le congélateur, les lettres magnétiques formaient les mots:  » Fichez le camp d’ici. »
Toutes les portes étaient verrouillées, rien n’avait été déplacé et il n’y avait aucune explication rationnelle. Épouvantée, Jackie recula vers la porte de la cuisine. Un esprit malveillant hantait la maison, et elle n’était pas la bienvenue.

Depuis cet incident, Jackie luttait pour rester éveillée le plus longtemps possible. Elle avait peur que la créature ne s’en prenne à ses enfants si jamais elle s’endormait. Elle ne pouvait plus laisser Jamie seul dans sa chambre. La jeune femme dormait sur le canapé du salon, son fils sur un futon juste en face d’elle, près du berceau de sa fille. Soir après soir, l’angoisse de Jackie s’intensifiait. Une nuit du mois de février 1989, elle se réveilla brusquement et scrutant le silence, il lui sembla entendre quelqu’un respirer. C’était un souffle bruyant et bien distinct. Alors Jackie se leva, et commença à inspecter la maison. Aucun mot ne pourrait décrire la frayeur qui l’habitait. Comme la cuisine était déserte, la jeune femme s’engagea alors dans le couloir obscur et regarda dans la chambre de son fils. Un vieil homme était assis sur le lit de Jamie, les bras et les jambes croisés, et il la regardait fixement. Il ressemblait à un cadavre dans un état de décomposition avancée. Paniquée, la jeune femme recula maladroitement et quand elle leva les yeux vers la chambre, l’apparition avait disparu. Elle resta un moment debout, stupéfaite, et brusquement, tous les stores de la maison se relevèrent les uns après les autres. Samantha se mit alors à pleurer et Jackie se précipita au salon. Cette nuit-là, la jeune femme ne put s’arrêter de trembler.

Jackie tentait de ne pas montrer qu’elle avait peur. Elle ne voulait pas que son fils le voit, mais elle était terrifiée et elle ne savait pas quoi faire. Il y avait quelque chose dans cette maison qui s’y trouvait avant son arrivée. Elle n’était pas chez elle, la maison était le territoire de cette chose, et elle avait l’impression d’être une intruse. Un soir, son amie Susan, qui cherchait à l’aider, vint la voir avec un petit morceau de papier à la main. Elle lui expliqua qu’elle avait regardé une émission de télévision traitant de phénomènes surnaturels, The Haunted Queen Mary, et qu’elle avait remarqué un groupe d’enquêteurs du paranormal qui semblaient prendre leur travail très au sérieux. L’équipe était composée de trois hommes. Le Dr Barry Taff, un parapsychologue réputé, avait enquêté, au cours de sa carrière, sur plus de 4500 cas de hantises et il était connu pour ses travaux dans l’affaire Doris Bither, dont l’histoire avait inspiré le film L’Emprise. Barry Conrad, était caméraman pour la télévision et il avait été récompensé d’un Emmy. Jeff Wheatcraft, quand à lui, avait été instituteur d’une école dans le Nebraska avant de s’installer à New York en 1980 pour y poursuivre une carrière de photographe.

Dr Barry Taff, Barry Conrad et Jeff Wheatcraft

Dr Barry Taff, Barry Conrad et Jeff Wheatcraft

Susan avait réussi à obtenir leurs coordonnées et elle tenta d’inciter Jackie à leur téléphoner, mais la jeune femme avait retenu la leçon et elle refusait toujours de parler de ses problèmes. Susan lui laissa néanmoins le numéro qu’elle avait inscrit sur le morceau de papier, lui conseillant de les appeler quand elle se sentirait prête.
Après son départ, Jackie s’obligea à faire la vaisselle pour penser à autre chose. Elle mit ses gants et plongea ses mains dans l’eau savonneuse mais quand elle les ressortit, elles étaient rouges de sang. Pensant qu’elle s’était coupée, elle inspecta ses doigts mais quand elle se retourna, elle s’aperçut que la même substance coulait sur les armoires et le long du comptoir. Puis brusquement, le liquide rougeâtre se mit à dégouliner un peu partout dans toute la cuisine. Jackie se précipita au salon et, fouillant dans la commode, elle en sortit le morceau de papier qu’elle avait rangé là. Elle n’avait plus le choix, elle devait demander de l’aide.

Le mardi 8 Août 1989, Dr. Barry Taff, Barry Conrad, Jeff Wheatcraft et Larry Brooks, un journaliste local, se présentèrent au domicile de Jackie Hernandez. Ce soir-là, l’ex-mari de Jackie rendait visite aux enfants, ce qui tombait très bien car il pouvait s’occuper d’eux. La jeune  femme lui avait expliqué avoir téléphoné à des spécialistes et Al, qui ne croyait pas en ses allégations et qui n’en pouvait plus, trouvait que c’était une excellente idée. Les experts ne trouveraient rien et le problème serait réglé.
Le Dr. Taff rentra le premier. Derrière lui, suivaient des photographes et un caméraman. Jackie, qui ne s’attendait pas à voir autant de monde, était troublée. Sans même l’informer de quoi que ce soit, les hommes commencèrent à déballer et installer leur matériel. Tout ce qui semblait les intéresser était de filmer l’esprit. La jeune femme leur demanda alors ce qu’ils allaient faire et le parapsychologue lui répondit qu’ils allaient les interroger, elle et son amie Susan, sur ce qu’elles avaient vu dans la maison. Jackie ne voulait pas d’une interview, elle aurait préféré juste qu’ils la débarrassent de cette chose une fois pour toutes mais elle dut néanmoins accéder à leur demande. Elle leur expliqua qu’elle sentait sans arrêt une présence, qu’elle entendait des bruits bizarres en provenance du grenier et qu’à plusieurs reprises, quand elle avait passé sa tête par la trappe, elle avait vu une tête sans corps flotter dans l’obscurité. Alors brusquement, toutes les lumières de la maison s’éteignirent. L’équipe supposa qu’il y avait une panne de courant, ou qu’un fusible avait sauté mais Jackie savait exactement ce qui se passait: l’esprit était contrarié par leur présence.
La lumière revint aussi soudainement qu’elle s’était éteinte et l’entrevue reprit où elle s’était arrêtée. Alors qu’elle relatait ses observations, Jackie regardait son assistance et elle remarqua rapidement que Jeff Wheatcraft, le photographe, se montrait particulièrement sceptique. Même s’il ne disait rien, tout son visage exprimait ses pensées. Une fois l’entretien terminé, le Dr Taff proposa à Jeff de prendre quelques photos du grenier et tout le monde se rendit dans la buanderie. Avant de s’engager sous les combles, le photographe, moqueur, se pencha vers le caméraman et lui glissa à l’oreille:  » Il fera froid en enfer avant que je crois à la présence d’un fantôme dans cette maison.  »

Dans la chambre des enfants, Al s’était allongé et il écoutait ce qui se passait quand soudain, une voix chuchota à son oreille:  » Dis-leur de ficher le camp d’ici.  » Il se releva brusquement et regarda autour de lui, mais il n’y avait personne. Quelques secondes plus tard, un cri épouvantable retentit au grenier et soudain, le photographe surgit par la trappe et sauta sur la machine à laver à toute vitesse. Il était pâle comme la mort. Fébrile, il affirma d’une voix tremblante que quelqu’un lui avait fait sauter son appareil photo des mains, qu’il le lui avait arraché. Alors que ses camarades tentaient de calmer Jeff, Barry, le caméraman, courut précipitamment chercher son matériel vidéo.

Quelques minutes plus tard, remis de ses émotions, Jeff déclara qu’il ne pouvait pas abandonner un appareil aussi cher dont il en avait besoin pour gagner sa vie et il décida de remonter le chercher. Les enquêteurs voulaient vérifier qu’aucun passage secret ne permettait de s’introduire au grenier et que personne ne s’y dissimulait et Barry, le caméraman, proposa de s’en charger. Une fois en haut, il alluma un projecteur très puissant et commença à filmer mais presque immédiatement, la caméra cessa de fonctionner. Les deux enquêteurs qui étaient restés dans la buanderie changèrent la batterie de l’appareil puis ils vérifièrent la caméra, qui marchait impeccablement, avant de la redonner au caméraman qui attendait au grenier. Mais une nouvelle fois, dès que Barry voulut filmer, le voyant vert devint rouge et l’image se teinta progressivement en noir avant de disparaitre, ce qui était tout à fait inhabituel. Jeff, qui fouillait le grenier, finit par retrouver son appareil photo dans un coin de la pièce. Il avait été dissimulé dans une petite caisse de raisins poussiéreuse et la lentille en avait été retirée. Elle gisait sur le sol, non loin de la trappe d’accès.

Photo d'une lumière au grenier

Photo d’une lumière au grenier

Soudain, une odeur fétide envahit le grenier et Jeff se mit à crier. Brusquement paniqués, les deux hommes tentèrent alors de fuir mais dans la confusion le photographe s’écroula sur Barry. Rampant comme ils le pouvaient, ils parvinrent néanmoins à redescendre. Une fois dans la buanderie, le photographe pâle et tremblant, affirma avoir senti une main osseuse le pousser violemment en bas de son dos. Les douleurs qu’il ressentit par la suite l’amenèrent à consulter un chiropracteur qui confirma que le dos de Jeff avait bien été victime d’une pression massive. Inexplicablement la caméra, qui s’éteignait dès qu’elle se trouvait au grenier, se remit en marche dès qu’ils en descendirent et Barry en profita pour filmer tout ce qu’il pouvait.
Quelques secondes plus tard, les enquêteurs étaient en train de discuter quand des bruits de pas résonnèrent au-dessus de leurs têtes. Une créature gigantesque semblait errer sous les combles. Pour mieux enregistrer les pas, Jeff monta sur la machine à laver et brandit son micro dans le grenier. D’où il se trouvait, il pouvait voir la pièce, et il scrutait l’obscurité quand soudain trois boules lumineuses apparurent juste devant lui. Il s’écria:  » Oooh! Une lumière! Une lumière!  » Brusquement, ces lumières disparurent laissant place à une masse sombre de la taille de  » trois hommes adultes debout côte à côte « . L’imposante créature se manifesta durant quelques secondes, se déplaçant lentement dans le grenier, puis elle s’évanouit. Malheureusement, ces apparitions avaient été si brèves que Jeff n’avait pas le temps de les prendre en photo. Après avoir enregistré les bruits de pas, les enquêteurs du paranormal commencèrent à remballer leur matériel. Sidérée, Jackie, qui pensait qu’ils étaient venus pour la débarrasser de l’entité, manifesta sa surprise et le parapsychologue la rassura vaguement: elle ne risquait rien. Le Dr Taff et Larry Brooks furent les premiers à partir. Barry Conrad, Jeff Wheatcraft s’attardèrent quelques instants mais alors qu’ils discutaient avec Jackie et Susan une substance étrange commença à s’écouler d’une armoire murale. Ils tentèrent alors de trouver une explication logique au phénomène, en vain. Les deux hommes prélevèrent néanmoins un échantillon de la substance qu’ils firent ensuite analyser par un laboratoire médico-légal. Les résultats leur apprirent qu’il s’agissait de plasma sanguin humain.

Matérialisation de plasma humain

Matérialisation de plasma humain

Un mois plus tard, dans la soirée du 3 septembre, assise sur le canapé du salon, Jackie regardait distraitement la télévision avec ses enfants, écoutant les bruits étranges qui montaient du fond du couloir. Quelqu’un semblait s’amuser avec les jouets de son fils derrière la porte fermée de sa chambre. Soudain, un ballon de plage rebondit sur le canapé, comme si quelqu’un le lui avait lancé, et la jeune femme comprit qu’elle ne dormirait pas cette nuit-là. Un peu plus tard, elle s’allongea et ferma les yeux, juste pour les reposer un peu, mais à minuit, une force écrasante s’abattit sur elle. Jackie avait du mal à respirer, elle n’arrivait pas à se lever et elle crut qu’elle allait mourir. Puis le phénomène cessa brusquement. La jeune femme se redressa, haletante, et regardant autour elle remarqua la batte de baseball qui gisait sur le sol. Elle en avait assez. Alors elle se leva, elle ramassa le morceau de bois et s’avança dans la cuisine. Elle s’attendait à voir surgir l’esprit à tout moment. Elle traversa le couloir, la batte levée devant elle et soudain, un grincement s’éleva du grenier. Elle savait que cet espace appartenait au vieil homme, mais elle avait décidé de se battre et de se réapproprier la maison. Alors, elle grimpa sur la machine à laver et se glissa au grenier. C’était la première fois qu’elle y montait.
Éclairant la pièce de sa lampe de poche, elle cria, provoquait l’entité, lui demandant de l’affronter, mais rien ne semblait vouloir lui répondre. Soudain, le faisceau de la lampe éclaira brièvement un visage. Surprise, Jackie tomba à la renverse et dégringola dans la buanderie par la trappe ouverte. Affalée sur le sol, elle leva les yeux. Un visage ravagé la regardait par l’ouverture. Puis brusquement, la trappe se referma.

Le lendemain, dans la soirée du 4 septembre, Jackie, épuisée, prit ses enfants avec elle puis elle sortit de la maison en courant, prenant soin d’emporter le téléphone sans fil posé près de la porte. Elle avait peur de ne pas être en mesure de protéger ses enfants… et de mourir. Une fois dans le jardin elle composa le numéro de Barry, qui lui répondit. Ce soir-là, il se trouvait en compagnie de Jeff et de Gary Boehm, l’un de ses anciens camarades de classe. D’une vois affolée, Jackie lui cria qu’il y avait quelque chose dans la maison et en l’entendant, Barry fit basculer l’appel sur haut-parleur. Jeff et Gary se ressemblèrent alors derrière le caméraman et silencieux, ils écoutèrent l’appel déchirant de la jeune femme. Folle de terreur, elle les suppliait de venir la chercher. Soudain, elle poussa un cri et le silence retomba sur la pièce. Prenant l’appel au sérieux, les trois hommes la rappelèrent immédiatement et l’informèrent de leur arrivée. Le Dr Taff ne se trouvait pas eux car son père était malade et il avait du s’absenter.

Quand ils arrivèrent à San Pedro, vers 1h du matin, Jackie les attendait sous le porche, serrant ses deux enfants endormis contre elle. La jeune femme était sure qu’ils viendraient. Elle leur raconta qu’il y avait quelque chose dans la maison, et qu’ils devaient partir, tout de suite. Les portes de la maison s’ouvraient et se refermaient brutalement d’elles-mêmes, une bouteille de Pepsi avait été jetée sur elle, les jouets des enfants lévitaient et, la veille, une force invisible l’avait entravée pendant plusieurs minutes, tentant de l’étouffer. Intrigués, les enquêteurs du surnaturel sortirent alors leur matériel et pénétrèrent dans la maison. Ils firent le tour des chambres, vérifièrent la salle de bain et comme ils ne trouvaient rien, Jeff et Gary décidèrent de monter au grenier. Barry, préférant jouer la sécurité, décida de rester auprès de Jackie et rapidement, Susan vint les rejoindre. Les vingt premières minutes s’écoulèrent sans incident. Au grenier, Jeff expliquait à Gary les attaques qu’il avait subies lors de sa première visite pendant que Barry, Jackie et Susan discutaient mollement dans la buanderie.

Mais vers 1h20, un événement très étrange survint. Une sorte de comète lumineuse orange vif apparut soudain devant eux et s’envola par une petite porte qui menait à l’extérieur. Barry ne put obtenir une bonne image de cette manifestation qui ne dura que trois secondes mais l’apparition le mit en alerte et il alluma sa caméra, prêt à tourner si une nouvelle manifestation se produisait.
Jackie et Susan paraissaient de plus en plus nerveuses. Soudain, tout près d’eux, un claquement de doigts se fit entendre à trois reprises et Jackie comprit alors qu’il allait se passer quelque chose. Tournant son visage vers le plafond elle cria à Jeff et Gary de redescendre, et Barry soutint ses paroles: quelque chose n’allait pas. Susan conseilla à son amie de se calmer, lui disant que sa peur risquait d’aggraver la situation, mais la jeune femme ne semblait pas l’entendre. Le caméraman avait l’impression que des yeux invisibles l’observaient et comme ce sentiment allait en s’intensifiant, il se mit à tourner.  Soudain, des murmures confus s’élevèrent du plafond, et le silence retomba sur la pièce.

Au grenier, Jeff était en train de dire à Gary qu’il ne se passait rien quand brusquement il fut soulevé dans les airs et tiré vers l’arrière. L’entendant gémir, Gary se retourna et lui demanda s’il allait bien, mais seul le silence lui répondit. Dans la pénombre, il distinguait la silhouette du photographe. Il se tenait à trois ou quatre mètres de lui, mais son corps n’était pas tout à fait droit et sa posture était étrange. Gary s’avança, éclairant Jeff de la petite lumière de son appareil photo, puis il enclencha le flash. Les pieds du photographe ne touchaient plus le plancher et sa tête était penchée de travers en raison de l’inclinaison du toit. Il n’y avait aucune expression sur son visage. Ses yeux étaient ouverts mais il paraissait inconscient. Il murmura vaguement:  » Il y a un truc autour de mon cou.  »  Gary prit rapidement deux nouvelles photos puis il tenta de desserrer le nœud coulant sans succès. La corde était attachée si étroitement autour du cou de Jeff, que Gary dut plier le clou pour le décrocher. Étrangement, le photographe ne semblait pas avoir connaissance de ce qui venait de se passer, il ne se souvenait de rien. De sa voix affaiblie et tremblante il demandait:  » Qu’est ce qui s’est passé? Que m’est-il arrivé?  »

Jeff pendu au grenier

Jeff pendu au grenier

Jackie et Susan s’étaient figées et elles regardaient la trappe les yeux agrandis d’horreur. La silhouette agenouillée de Jeff se dessina alors dans la pénombre du grenier et les deux hommes descendirent. Le photographe était terrifié, il toussait, sa gorge était rouge, enflée et le sang de Barry se glaça dans ses veines quand il aperçut la corde qui pendait encore au cou tuméfié de son ami. Jeff leva les yeux vers la trappe et haletant, se mit à crier:  » Je dois sortir d’ici! Il vient de l’Enfer! Oh mon dieu. Il a mis quelque chose autour de mon cou! Je dois sortir d’ici!  »
Alors que Barry continuait à filmer Jeff, qui lavait ses plaies dans l’évier de la cuisine, et que la caméra zoomait sur les brûlures rouge vif qui encerclait son cou, Gary leur apprit qu’il avait retrouvé Jeff accroché à un clou qui dépassait de l’un des chevrons du grenier.
 » Si je n’avais pas été là, Jeff aurait été étranglé dans ce grenier,  » affirma Gary un peu plus tard.  » Parce qu’il se savait pas ce qui se passait et que le cordon était enroulé si étroitement qu’il était très difficile de le descendre. J’ai du plier le clou vers le bas pour le libérer.  »

Plus tard, dans son appartement à Studio City, Barry s’empressa de regarder la vidéo qu’il avait tournée dans la maison et il découvrit qu’une comète de lumière brillante traversait une porte juste derrière Jeff peu après sa pendaison. Un peu loin sur la bande, un orbe pouvait être vu flottant au-dessus de la tête du photographe alors qu’il discutait au salon avec Gary, et une autre lumière apparaissait au-dessus de Susan, alors qu’elle se trouvait dans la cuisine.
Personne ne semblait savoir ce qu’étaient ces lumières. Pensant à des insectes, Barry fit analyser le film par ordinateur, et les résultats démentirent son hypothèse. Il montra alors les bandes au Dr Keith Dobrey, une entomologiste réputée de Los Angeles, qui lui expliqua: « En ce qui concerne les insectes, ils ne seraient pas aussi brillants et aussi éclatants que semblent l’être ces objets. Ces choses semblent auto-illuminées. Les insectes, en dehors des lucioles que l’on ne trouve pas ici, ne sont pas auto-illuminés!  »
Au cours de l’enquête, Barry avait filmer beaucoup de ces lumières énigmatiques qui semblaient posséder la faculté de se déplacer très rapidement. Il convient de souligner que l’équipe du Dr Taff avait enregistré des orbes semblables lors de leur enquête sur l’affaire de L’entité en 1974.

Orbes dans le salon de Doris Bither

Orbes dans le salon de Doris Bither

Un peu plus tard dans la nuit, Jackie remarqua que la petite Samantha avait une marque rouge sur le front. Depuis des semaines, elle demandait à l’entité de ne pas s’approcher de ses enfants, mais apparemment, ses paroles n’avaient pas été entendues. Cette nuit-là fut sa dernière dans la maison.

En octobre 1989, Jackie déménagea dans un mobile home situé sur Chukkar Street, à Weldon, en Californie et durant quelques mois, elle mena une vie paisible. Même si elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur à la nuit tombée, la jeune femme pensait avoir échappé à son prédateur psychique mais au cours du mois de mars 1990, un grattement féroce dans le petit hangar derrière la maison commença à les réveiller, elle et ses enfants. Puis les globes lumineux apparurent, exactement comme à San Pedro. Vers la fin du mois de mars, le couvre-lit qui se trouvait dans la chambre de la sœur d’amis s’enflamma mystérieusement après que Jackie et sa sœur aient aperçu une entité brumeuse noire dans le hall.

Le 2 avril, alors qu’ils aidaient Jackie à déplacer une télévision grand écran dans le hangar, James et Janice Silcott, ses nouveaux voisins, aperçurent un vieil homme décharné sur l’écran du téléviseur, qui était alors débranché. James en parla à la jeune femme, décrivant l’entité comme ceci:  » Il avait un très mauvais regard. Ses yeux me fixaient comme si, à tout instant, il pouvait sortir du poste de télévision et me détruire.  » Sa femme, Janice approuva. Les yeux de l’homme étaient diaboliques. En entendant ces mots, Jackie comprit que l’apparition était en tous points semblable au spectre qui l’avait harcelée dans sa maison de San Pedro et elle s’empressa de prévenir Barry.

Nouvelles apparitions et couvre-lit brûlé

Nouvelles apparitions lumineuses et couvre-lit brûlé

Poussé par les appels désespérés de la jeune femme, le 13 avril 1990, Barry décida de se rendre à Weldon pour constater le phénomène et Jeff, qui n’avait plus jamais voulu entrer dans la maison de San Pedro après sa pendaison, ce qui pouvait se comprendre, accepta de se joindre à lui. La pleine lune brillait sur les montagnes lorsque les deux hommes arrivèrent à Weldon. Ils pensaient interviewer Jackie et ses amis pendant quelques heures puis retourner à Los Angeles mais malheureusement, ce ne fut pas le cas. Après avoir observé les étranges silhouettes noires qui flottaient dans le hangar, Jackie et Tina Lawler, une baby-sitter qui habitait près de chez elle,  insistèrent pour que les deux hommes testent la planche de Ouija que l’un de ses amis avait donnée à Tina. Barry était plus que sceptique quand à ce chose de chose, mais il céda face à leur insistance, prévoyant déjà de se moquer de Tina.
Ce soir-là, il faisait relativement chaud dans la Sierra Nevada mais dès qu’ils s’assirent autour de la table, la pièce, dont toutes les fenêtres étaient fermées, se refroidit immédiatement. Elle devint tellement glaciale que bientôt fallut allumer le chauffage. Comme à chaque fois qu’un activité poltergeist se préparait, bien que les batterie soient pleines, l’équipement vidéo refusait de fonctionner.

A peine les deux enquêteurs avaient-ils posé les doigts sur la planche Ouija que la planchette commençait à aller et venir, répondant de façon lucide aux questions posées.
 » Êtes-vous vraiment un fantôme,  » demanda Barry. Alors toute la table se mit à trembler violemment et la planchette se dirigea vers le oui.
 » Combien de fantômes résident parmi les vivants?,  » s’enquit alors Jackie, qui prenait rapidement des notes de la séance. Une réponse énigmatique s’en suivit:  » Les fantômes remplissent le ciel autour de vous!  » Comme la première fois, lorsque l’entité donna sa réponse, la table fut violemment secouée mais cette fois, leurs chaises le furent aussi. Jackie avait allumé trois ou quatre bougies avant que ne commence la séance, et régulièrement, ses bougies s’éteignaient, comme si elles étaient soufflées par quelque chose d’invisible. Le  » fantôme  » leur apprit qu’il avait été  » maintenu dans l’eau  » à  » Pedro Bay en 1930 « . Quelques minutes plus tard Barry demanda à l’esprit pourquoi il s’en prenait à Jeff et il lui répondit:  » Parce que vous (Jeff) ressemblez à mon assassin.  »

A ce moment-là, le caméraman posa une question qu’il n’aurait jamais du poser:  » Y a-t-il quelqu’un dans cette pièce que vous détestez?  » Immédiatement, la planchette courut de lettre en lettre, épelant le prénom Jeff, puis le photographe et sa chaise furent soulevés dans les airs et brusquement, quelque chose les projeta en arrière, contre le mur du mobile home. L’impact fut si violent que toute la maison en fut secouée. Jeff s’effondra sur le sol, inconscient. Affolées, les deux filles se mirent à hurler et Jackie se précipita dans la chambre de ses enfants endormis. Tina, quand à elle, sortit précipitamment du mobile home et jamais elle ne voulut y retourner. Les deux jeunes femmes pensaient que le photographe venait d’être assassiné pas un fantôme.
Barry s’agenouilla auprès de Jeff pour voir s’il allait bien et fort heureusement, le photographe revint rapidement à lui. Même s’il n’était pas blessé, il avait été fortement secoué et il chancelait toujours ses pieds lorsqu’il se dirigea vers l’extérieur pour respirer l’air frais de la nuit.

Quelques jours plus tard, de retour à Los Angeles, Barry se rendit au siège du journal de San Pedro The News Pilot, espérant que les informations obtenues par l’intermédiaire du Ouija leur donneraient quelques indices quand à l’identité du fantôme qui hantait Jackie Hernandez.
Après avoir visionné plusieurs mois de vieux microfilms, un article attira son attention. Heman Hendrickson, un marin, avait été retrouvé noyé dans la baie en 1930. Faute de preuves, sa mort avait été jugée accidentelle. Les enquêteurs étaient troublés, cette histoire de hantise était des plus étranges.

Le journal de 1930 et Jeff montrant le nœud coulant

Le journal de 1930 et Jeff montrant le nœud coulant

L’un de ses ami suggéra alors  à Barry de réexaminer le cordon qui avait été noué autour du cou de Jeff Wheatcraft la nuit où le fantôme avait essayé de l’étrangler. Ayant une expérience de pêche dans le passé, il trouvait que le nœud ressemblait à un nœud de pêche, du style de ceux utilisés par les marins. Souhaitant avoir l’avis d’un spécialiste, Barry montra le cordon à Luke Kuljis, un pêcheur de San Pedro, qui lui confirma que le nœud était en effet un  » nœud de chaise « , traditionnellement employé par les marins qui naviguaient à bord de navires marchands. Lorsqu’ils retracèrent l’histoire de l’ancienne maison de Jackie, les enquêteurs découvrirent que de nombreux marins y avaient résidé car auparavant San Diego était une ville portuaire.

Jackie, qui se languissait de ses amis, avait décidé de revenir à San Pedro. Elle s’installa dans un petit appartement au 7, West Street et une nouvelle fois, l’entité la suivit. Peu de temps après, la jeune femme observait des lumières fantomatiques, les lustres se balançaient inexplicablement, des bruits bizarres résonnaient dans les murs, les objets se déplaçaient d’eux-mêmes et les appareils électriques s’allumaient de leur propre volonté.
Au mois d’août 1990, elle nettoyait la chambre de ses enfants quand elle aperçut soudain une apparition lumineuse qui planait au-dessus du sol, près de placard à vêtements. Cette masse lumineuse flotta un moment puis elle se divisa en plusieurs petites lumières qui se réunirent à nouveau en un gros globe lumineux. Saisissant rapidement son appareil photo, Jackie, qui était très excitée, prit de nombreux clichés, avec flash et sans flash, puis elle les envoya à deux laboratoires différents. Alan Weddertz, propriétaire d’un laboratoire à Hollywood, examina les épreuves et les négatifs et il admit être dérouté:  » Ces photos sont incroyables. Jamais, dans mes 25 années d’expérience de chambre noire je n’ai vu des photos aussi étonnantes! Elles ressemblent des lumières qui s’illuminent elles-même, contrairement aux lumières qui se reflètent et, pour une étrange raison, il ne semble y avoir aucun reflet de lumière sur le mur du fond.  »

Lumières dans la Chambre

Lumières dans la Chambre

Peu de temps après que Jackie soit revenue à San Pedro, il devint évident que le poltergeist possédait des capacités qui allait bien au-delà du fantôme ordinaire. En juillet 1990, alors qu’ils revenaient d’un tournage, Jeff et Barry s’aperçurent que l’entité était capable de se manifester dans leur propre maison.
En entrant dans la cuisine, les deux hommes découvrirent que le brûleur avant droit de la cuisinière avait été allumé et durant un moment ils regardèrent, abasourdis, la flamme bleuâtre qui vacillait étrangement dans la cuisine faiblement éclairée. Par la suite, ils constatèrent de nombreux déplacements d’objets et un soir ils découvrirent, à leur plus grand effroi, deux paires de ciseaux dissimulées sous leurs oreillers. Au cours de la même semaine, une nuit, Barry et Jeff entendirent un bruit sourd dans la cuisine. Saisissant la caméra vidéo, ils commencèrent à tourner dans l’espoir d’enregistrer quelque chose de tangible. Après avoir traversé le pas de la porte, le violent bruit d’une chute se répercuta dans toute la pièce. Cherchant l’origine du bruit, Jeff et Barry furent surpris de constater que l’une des paires de ciseaux avait été projetée sur la cuisinière, renversant une poivrière.

Dans la soirée du 4 décembre 1990, Jeff, Gary et Barry étaient allés filmer une fête de noël organisée par une société populaire. Ils étaient environ 1h30 lorsque les trois hommes retournèrent à l’appartement et immédiatement Gary remarqua la canette de coca vide qui les attendait dans le hall. Bien évidemment, elle ne s’y trouvait pas au moment de leur départ. Une nouvelle fois, le brûleur avant droit de la gazinière avait été allumé. L’entité, quelle qu’elle soit, avait le pouvoir de tourner le bouton et d’allumer la flamme, ce qui n’était guère rassurant. Au cours de cette même nuit, les objets bougèrent constamment d’eux-mêmes. Des bruits de pas étaient entendus au salon alors qu’il n’y avait personne, le téléphone sans fil se retrouvait au sommet d’un abat-jour de la chambre, des balles de calibre 0,22 pleuvaient sur la cuisinière et un flacon de liquide correcteur s’éleva dans les airs et vola derrière la tête de Barry avant de s’écraser sur le sol, près de l’évier.
Vu que le fantôme semblait vouloir se manifester, à 3 heures du matin, Barry voulut tester quelque chose. Il posa une enveloppe et un stylo sur la cuisinière, espérant que l’entité leur écrirait un message. Mais cinq minutes plus tard, le brûleur était allumé et l’enveloppe était en feu. Au cours de la même heure, une silhouette lumineuse humanoïde apparut soudain et plongea vers Jeff et Gary qui se tenaient près du couloir au nord de la salle de séjour. Puis l’être tourna brusquement à droite et disparut dans le mur attenant à la chambre. A ce moment-là, la caméra de Barry, qui filmait le sol, captura le piétinement et les cris effrayés de ses deux amis. Depuis le début de l’enquête, l’entité semblait éviter les photos. Dès que Barry mettait une caméra en marche, les manifestations s’arrêtaient, se produisaient derrière l’appareil ou dans une autre pièce. Après avoir vu les caméras neutralisées lors des incidents de San Pedro et de Weldon, Barry comprenait mieux pourquoi il n’existait que très peu de vidéos de fantômes.

Manifestations Studio City

Manifestations Studio City

Toute la nuit l’entité fit une démonstration de ses pouvoirs, ne s’arrêtant qu’au petit matin. En janvier 1991, le fantôme se fit plus rare et ses manifestations moins fréquentes. Jackie aurait constaté des incidents mineurs jusqu’en 1993 puis le phénomène se serait complétement arrêté. Le Dr Barry Taff considérait que le cas de Jackie Hernandez était unique à bien des égards:  » Dans toutes mes années de recherche psychique, je n’ai jamais entendu parler d’un poltergeist qui envahissait la vie de ceux qui était venus enquêter.  » En outre dans toute l’histoire de la recherche paranormale, il n’existe que peu de cas de fantômes ayant physiquement agressé des êtres humains.

Quelques années plus tard, Barry Conrad, le caméraman, écrivit un livre sur le cas de San Pedro: An Unknown Encounter: A True Account of the San Pedro Haunting. Il est également l’auteur d’une vidéo (qui n’a pas été traduite) comprenant les photos et les films originaux, dont ont été tirées plusieurs des images illustrant ce sujet: An Unknown Encounter.

Aujourd’hui, Jackie Hernandez vit toujours à San Pedro, en Californie, et elle est une grand-mère épanouie.  Quand à la maison de San Pedro, selon son propriétaire, aucun locataire n’y serait resté plus de six mois.

Source: An Unknown Encounter: A True Account of the San Pedro Haunting de Bary Conrad.
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