Le Fantôme de Mary Seneff

Assassinat de Mary Seneff par Ellen Athey

En 1880, Mary Seneff, une jeune fille de dix-huit ans, fut assassinée de la plus horrible des manières par une femme jalouse, laquelle fut arrêtée et condamnée. Mais à peine le procès était-il terminé que le fantôme de Mary commença à apparaître à l’endroit où son corps avait été retrouvé.

L’Assassinat de Mary Seneff

Mary Seneff

Mary Seneff

 

En 1880, Mary E. Seneff, était une jolie jeune fille de dix-huit ans modeste et appréciée de tous, et depuis plus d’un an elle vivait dans l’Ohio, séjournant chez sa sœur, Mme Sarah Ressler, qu’elle était venue visiter et qu’elle n’avait plus jamais quittée. Au mois de mars Mary rentra au service de David et Lydia Crites, des parents éloignés qui habitaient Stonecreek, mais comme leur fils Alexander ne cessait de la harceler de ses avances elle quitta rapidement son emploi et retourna chez sa sœur. Le 25 mai, la jeune fille fut engagée comme servante par Mme Ellen Athey, l’une des trois filles de M. et Mme Crites, une femme caractérielle qui se montrait terriblement possessive envers son époux Henry. Trois ans auparavant, poussée par sa jalousie maladive, elle avait même attaquée une femme et son père avait connu les pires difficultés pour la faire sortir de prison, ce qu’il était parvenu à faire contre une grosse somme d’argent.

L’histoire d’Ellen et d’Henry était singulière, et elle pouvait prêter aux commérages. Henry Athey avait longtemps été marié à la sœur de sa femme, Mary Crites, mais cinq ans auparavant cette dernière était tombée gravement malade et Ellen s’était installée dans leur maison pour prendre soin d’elle, du moins officiellement car ses véritables intentions étaient autrement moins louables. La jeune femme, qui avait alors trente-deux ans, pensait que sa sœur ne survivrait pas à son affliction et durant cette période, elle s’était efforcée de séduire celui qui, du moins l’espérait-elle secrètement, allait devenir veuf. Peu de temps après Ellen était devenue Mme Athey, puis le couple avait eu une petite fille, qui était âgée de seize mois et qui était le troisième enfant d’Henry, lequel avait déjà deux garçons de sept et dix ans de son premier mariage.

En avril 1880 Ellen avait fait une fausse-couche dont elle ne s’était toujours pas remise. D’après sa mère, Lydia Crites, Ellen avait perdu une grande quantité de sang, ce qui l’avait obligée à rester alitée durant deux semaines, et depuis elle trouvait que sa fille avait changé, aussi bien physiquement que psychologiquement. Le médecin qui s’occupait d’elle la trouvait fatiguée, il lui avait donné des médicaments et l’hémorragie s’était calmée mais les saignements ne s’étaient pas encore arrêtés et il pensait que le sang qu’elle perdait affectait son corps mais aussi son esprit. Alors, comme elle se sentait toujours épuisée, Ellen avait fini par engager Mary Seneff pour l’aider à s’occuper de la maison, lui promettant de la payer et de bien la payer.

Ellen Athey

Ellen Athey

Le vendredi 28 mai, Henry prit sa charrette pour aller travailler au puits de sel qui se trouvait à quelques kilomètres de là, laissant seules sa femme et leur nouvelle bonne, qui semblaient être devenues amies. Ellen passa une excellente journée en compagnie de ses parents et de ses trois frères, Alexander, Daniel et Frank, mais en retournant chez elle, à vingt-deux heures, elle s’aperçut que son mari n’était toujours pas rentré et elle commença à ruminer. Si elle s’efforçait de le masquer autant que possible, Ellen se méfiait de Mary Seneff. Une nuit, elle avait fait un cauchemar terrible au cours duquel elle avait vu son bien-aimé Henry se promener dans les bois avec la jeune fille, ce dont elle n’aurait pas rêvé s’il n’y avait eu entre eux. Quelques temps plus tard, au mois d’avril, elle l’avait remarquée qui était discrètement venue racler sa porte d’entrée alors qu’elle ramassait prétendument du bois pour ses parents, espérant visiblement faire sortir Henry hors de la maison. Ellen n’avait rien dit mais elle avait alors compris que la jeune fille cherchait lui voler son mari et depuis elle se retrouvait dévorée par la jalousie.

Ellen était en train de se déshabiller quand soudain il lui sembla entendre un grattement contre sa porte et folle de rage elle se précipita dans la chambre de sa servante, l’accusant de vouloir attirer son mari grâce à ce signal, comme elle avait déjà tenté de le faire au moins d’avril. Mary, qui se préparait à se mettre au lit, lui répondit qu’elle n’était pas ce genre de fille, puis il y eut un échange de mots et Ellen se retira dans sa chambre mais loin de se calmer, elle continua à ressasser les mêmes pensées. Son mari lui avait dit qu’il reviendrait du puits de sel dans la soirée, ce qu’il n’avait pas fait, la bonne devait partir le lendemain, et brusquement une évidence s’imposa dans son esprit. Henry et Mary s’étaient donnés rendez-vous quelque part et ils allaient s’enfuir ensemble. Elle retourna la question dans tous les sens, mais plus elle y songeait, plus l’explication lui semblait logique. Alors à minuit, Ellen se leva de son lit, puis elle empoigna la grande hache que son mari avait laissée dans la cuisine et elle se dirigea vers la chambre de Mary.

En approchant de la jeune fille endormie Ellen sentit son cœur faiblir, mais elle songea que plus jamais elle ne reverrait Henry et la hache s’abattit sur le visage de Mary, la frappant violemment au-dessus des yeux. La malheureuse sauta aussitôt de son lit, et ivre de jalousie, Ellen fit une nouvelle fois danser sa hache, la touchant à la jambe. Mary, qui était une petite et légèrement ronde, s’écria alors d’une voix désespérée  » Mon Dieu, Ellen, mais je suis grosse!  » et cherchant à prouver ses dires elle lui montra ses bras, mais ce fut en vain. Une fois son forfait accompli, l’abominable femme creusa un trou dans un tas de cendres qui se trouvait à quelques mètres de sa maison, puis elle traîna le corps de Mary à l’extérieur et elle l’enterra à trente centimètres de profondeur.

Au cours des jours suivant, Ellen raconta l’histoire à son frère Alex, lequel en parla à Henry, qui courut le dire à David Crites, le père de sa femme. Ce dernier leur conseilla alors de se débarrasser du corps, mais il sentait déjà si fort que personne ne voulut s’en approcher et Ellen dut se charger de le déterrer toute seule. Elle l’enveloppa ensuite dans une courtepointe, puis elle demanda à Henry, Alex et Daniel de le jeter dans un trou de Blicktown, ce qu’ils lui promirent, mais après l’avoir chargé dans une charrette les trois hommes abandonnèrent le corps dans un cours d’eau peu profond, à la vue de tous.

Une semaine plus tard, Sarah Ressler, qui n’avait pas vu sa sœur depuis presque une semaine, commençait à s’inquiéter quand elle reçut une lettre datée du 4 juin qui était supposée avoir été écrite de la main de Mary mais dont l’écriture ne ressemblait en rien à la sienne et qui était signée Marry Senneffet au lieu de Mary Seneff. Dans cette lettre, la jeune fille lui annonçait qu’elle était partie dans l’Indiana pour voir leur mère, et ne sachant qu’en penser Sarah, qui savait où travaillait sa sœur, décida d’interroger ses employeurs. Accompagnée de son mari John, Sarah alla visiter M. et Mme Athey qui lui expliquèrent que Mary était partie le samedi 29 mai à quatre heures du matin, seule et à pied, pour chercher du travail à Dover, ce qui lui fut confirmé par M. et Mme Crites, et la jeune femme, que cette réponse ne rassurait en rien, jugea alors préférable de prévenir les autorités.

Le 15 juin au matin, près de Dover, John Kraus se rendait à son travail quand soudain il aperçut quelque chose qui flottait sur la rivière Sugar Creek, juste sous le pont d’acier qui croisait la route de Shanesville. Au début, il crut à une botte de foin puis il remarqua qu’un morceau de tissu, qui ressemblait à un vieil édredon, en dépassait au centre et il en fut intrigué. John essaya tout d’abord de ramener l’objet avec un bâton, mais il était trop loin du pont et de la berge pour qu’il puisse l’attraper, puis certains de ses collègues vinrent à passer qui tentèrent de l’aider sans succès. Une heure plus tard William Deiser retourna sur les lieux avec un gros crochet d’acier et parvenant à harponner la botte, les hommes la ramenèrent sur la berge. Quand ils commencèrent à l’ouvrir, le haut d’une tête leur apparut et comprenant qu’un cadavre était dissimulé à l’intérieur, ils envoyèrent aussitôt chercher les Dr Selden et Brannon. Le corps, qui était celui d’une jeune fille, avait été enveloppé dans une vieille couverture et dans un drap, et avec lui se trouvaient des briques, trois jupons, des cendres de charbon, des feuilles de chou, et du foin fraichement coupé. A leur arrivée, les deux médecins constatèrent qu’il se trouvait dans un état avancé de décomposition, qu’une partie une partie de la chair de ses jambes et de ses bras avait disparu, tout comme son nez et ses yeux, que ses dents étaient tombées et qu’il portait les traces d’un grand nombre de coups. Averti de ce fait, le Coroner Bowers ordonna alors une autopsie à la suite de quoi il déclara qu’un assassinat diabolique avait été commis.

En examinant le corps abominablement mutilé de la jeune fille, les deux médecins en conclurent qu’elle avait été tuée avec un instrument tranchant, probablement une hache ou une hachette. La malheureuse portait de nombreuses coupures sur les bras, qui indiquaient qu’elle avait tenté de se protéger, et certains des coups avaient été si violents qu’ils lui avaient brisé les os. Elle présentait également une fracture au-dessus de l’œil droit, qui aurait pu à elle seule provoquer la mort, mais le meurtrier s’était tellement et si sauvagement acharné sur son cou, et plus particulièrement sur ses veines jugulaires, que sa tête en était presque tranchée. Apparemment, le décès datait de deux semaines mais vu l’état de décomposition du cadavre, dont l’identité restait toujours un mystère, les autorités décidèrent de l’enterrer sur le champ. Le lendemain, la nouvelle se répandit qu’une jeune femme avait été assassinée de la plus odieuse des manières et un vent de colère balaya la ville de Dover. Au cours de la même journée, des rumeurs commencèrent à courir que la malheureuse était enceinte, qui incitèrent le Dr Brannon à demander à ce qu’elle soit exhumée et qui se révélèrent infondées.

Le corps, qui avait été sorti de sa tombe à quatorze heures, fut ré-enterré à dix-sept heures et exhumé une nouvelle fois dans la soirée, à la demande de John Ressler, qui reconnut formellement sa belle-sœur, Mary Seneff. Sarah ne vit pas sa dépouille, mais quand la chemise de la victime lui fut présentée pour qu’elle l’identifie, elle fondit en larmes. Cette chemise, elle l’avait dessinée et cousue elle-même quelques mois auparavant et elle l’avait donnée à sa sœur une semaine avant sa mort. Mary Klar, une jeune femme qui était l’amie d’Ellen Athey et l’aidait parfois dans ses tâches ménagères, reconnut la couverture qui entourait le cadavre, elle se souvenait l’avoir lavée quelque temps auparavant, et tous les regards se tournèrent vers les derniers employeurs de Mary Seneff.

Le lendemain, à 3h du matin, le connétable et ses adjoints se rendirent à la maison des Athey et ils placèrent sous surveillance Henry, Ellen et Alexander Crites. Ils inspectèrent ensuite la cour, et plus particulièrement le tas de cendres près de la porcherie qui semblait avoir été remué, mais alors qu’ils le draguaient avec un bâton une abominable puanteur en émergea, qui les fit reculer. L’un des hommes fit alors remarquer alors que l’odeur ressemblait à celle du cadavre qui avait été retrouvé, aussi prirent-ils une pelle et se mirent-ils à creuser, découvrant des feuilles de chou, des coquilles de noix, des morceaux de briques, un tablier de calicot taché de sang, un bas et une jarretière. Ils retrouvèrent également une charrette boueuse dans la basse-cour, des vêtements masculins et féminins plein de terre suspendus dans la cuisine, du foin et une hache tachée de sang dans un des lits. Alors, devant tant d’évidences, Ellen fut immédiatement arrêtée pour le meurtre de Mary Seneff et Henry et Alex pour complicité.

Un peu plus tard dans la matinée, toute la maison fut soigneusement fouillée et des boutons de chaussures furent découverts dans le réchaud, qui furent formellement identifiés par la sœur de Mary. La chambre de la servante avait été blanchie à la chaux et retapissée avec du papier-peint identique à l’ancien mais en bougeant le lit les enquêteurs découvrirent des traces de sang qu’Ellen avait oublié de couvrir. Les draps et les tapis semblaient avoir été nettoyés, mais des tâches brunâtres se devinaient encore sur la planche à laver et sur le sol de la chambre aussi les lattes du plancher furent-elles soulevées, révélant des traces de sang grosses comme des pièces d’argent dans la poussière accumulée sous la maison.

Interrogés, les voisins d’Ellen rapportèrent l’avoir vue faire une lessive dans sa cour le lendemain du meurtre, alors qu’il pleuvait, puis un cahier, où était noté le nom d’Ellen Crites, fut retrouvé caché dans un tronc d’arbre dont le papier était le même que celui de la lettre écrite à la sœur de Mary. Des larmes étaient tombées sur une des pages, qui avaient laissé des auréoles, lesquelles correspondaient exactement à celles retrouvées sur la lettre. Pour être sûr qu’il s’agissait bien de sang sur la hache, le connétable consulta les Dr John Hill et J.M. Smith, qui analysèrent la substance et confirmèrent ses soupçons.

Le jeudi 17 juin, Ellen et Henry Athey et Alexander Crites furent amenés au palais de justice et une excitation des plus intenses parcourut la salle d’audience, qui était remplie de citoyens horrifiés par le crime. Ils étaient si nombreux que certains se virent refuser l’entrée mais malgré une grande agitation, l’ordre put être maintenu. Le lendemain, à 14h30, le juge Graham déclara que les trois prisonniers étaient soupçonnés d’assassinat et il ordonna qu’ils soient enfermés en prison sans caution. En entendant cette annonce, Alexander Crites et Henry Athey se mirent à pleurer, mais Ellen resta impassible, visiblement indifférente. Placés en détention provisoire, ils y restèrent jusqu’à la convocation de la cour, au mois de novembre, mais comme aucune loi ne condamnait la dissimulation du corps d’une victime de meurtre, Henry Athey et Alexander Crites furent relâchés.

Au mois de janvier 1881, Ellen attendait toujours son procès et durant la journée elle était confinée dans une grande salle chauffée par une cheminée, ne rejoignant ses quartiers qu’à la nuit tombée. Le shérif Lyons avait autorisé la prisonnière à garder son jeune enfant avec elle et comme il était un homme de cœur durant les froides nuits d’hiver il laissait la porte de sa cellule ouverte afin de leur permettre de se réfugier dans la pièce chauffée, laquelle était fermée par deux portes verrouillées et dont la double-fenêtre être pourvue d’épais barreaux de fer. Le 13 janvier, le shérif Lyons laissa la jeune femme et sa petite fille, qui était malade, rejoindre la grande salle et probablement réfléchissait-elle depuis un moment à son évasion car peu après minuit, Ellen porta un morceau de métal au rouge et brûlant le bois de la porte, elle parvint à libérer les boulons qui la retenaient fermée. Abandonnant son enfant malade, elle s’enfuie alors dans la nuit venteuse, remontant la rue vers le Grim’s Hotel. James Kennady, qui vivait près de là, regardait par la fenêtre quand il vit une silhouette traverser la rue sans la reconnaître. La femme s’assit sur les marches de la rue pendant une dizaine de minutes et il l’observa jusqu’à son départ.

A 2h25 du matin, Elizabeth Cordery se retrouva réveillée par des coups frappés à sa porte d’entrée et regardant par la fenêtre elle découvrit Ellen Athey sur son perron, qui portait un voile sur le visage et dont le corps était recouvert de plusieurs couches de vêtements. Une fois à l’intérieur, Ellen lui expliqua qu’elle ne retournerait pas en prison, qu’elle allait teindre ses cheveux et travailler dans les mines de charbon comme un homme jusqu’à ce que son mari vienne la chercher et elle demanda à Elizabeth de la cacher pendant quelques jours. Ellen lui parla ensuite de sa jalousie, lui décrivant son rêve et les raisons qui l’avaient poussée à assassiner Mary Seneff, la façon dont elle l’avait tuée, comment elle avait trainé son corps pour l’enterrer sous le tas de cendres et en évoquant ce souvenir, elle se mit à rire. Après avoir entendu tous les horribles détails du meurtre, Elizabeth permit à Ellen de rester chez elle pour la nuit et probablement lui faisait-elle confiance car les deux femmes dormirent dans le même lit.

Au petit matin, quand Elizabeth ouvrit les yeux, Ellen la regardait fixement et elle lui demanda de descendre jusqu’à la prison pour prendre des nouvelles de son enfant malade, lui expliquant qu’il était peut-être mort de froid durant la nuit. Elizabeth s’habilla rapidement et elle se rendit à la prison comme Ellen le lui avait demandé mais au lieu de chercher à savoir comment se portait sa fille, elle courut prévenir le shérif Lyons. Quand Elizabeth retourna chez elle, Ellen avait été arrêtée et les journaux rapportèrent que le shérif l’avait trouvée dissimulée entre deux matelas. Certains prétendirent que Mme Cordery n’avait rien dit mais que son écuyer l’avait dénoncée, et peut-être était-ce effectivement le cas car lorsque Ellen fut emmenée, Elizabeth réarrangea son voile. Suite à cette tentative d’évasion, le shérif Lyons supprima tous les privilèges dont bénéficiait Ellen Athey.

Le procès débuta le 21 février 1881 et il dura treize jours. Douze membres du jury avaient été sélectionnés parmi les cent trente-trois qui avaient été appelés, et il ne restait plus aucune place pour les cinq cents curieux qui agglutinaient devant les portes du palais de justice. Durant toute la durée du procès Henry vint soutenir sa femme, s’asseyant toujours près d’elle avec leur jeune enfant. A chaque preuve qui était présentée Ellen observait les réactions des membres du jury, cherchant quelque espoir, mais sa culpabilité était si évidente qu’elle ne put en trouver aucun.

Palais de Justice de Tuscarawas

Le Palais de Justice

Le jury délibéra pendant dix-sept heures et il la condamna à la prison à vie pour meute au second degré. En prononçant la sentence, le juge déclara qu’elle serait séparée de son enfant, de son mari, de sa mère, de son père, et de tous les membres de sa famille et qu’aux yeux de la loi, elle était civilement morte. Ellen Athey fut alors envoyée au pénitencier de l’Ohio et elle dut payer les frais de la procédure. Jamais elle n’exprima le moindre remord quand à son crime, laissant supposer qu’elle n’en avait aucun. Le 27 septembre 1884, elle fut transférée à l’hôpital pour malades mentaux de Columbus, où elle mourut le 3 avril 1922.

La Hantise de Mary Seneff

Fantôme effrayant un Cavalier

Le procès d’Ellen Athey venait tout juste de se terminer lorsque certains rapportèrent avoir vu le fantôme de Mary Seneff près du pont de Sugar-Creek. La jeune femme, qu’ils avaient formellement reconnue, était vêtue d’une longue robe blanche et elle semblait vouloir leur dire quelque chose.

Sirène Fantomatique
Une femme assassinée se lève de sa Tombe Liquide et se confronte à un agriculteur

Petite Décoration

Un soir, vers le milieu du mois de mars, un fermier qui vivait à Jefferson Townshio, dans l’Ohio, revenait de la ville et il retournait chez lui quand soudain, alors qu’il approchait du pont de Sugar-Creek, son attention fut attirée par un gros éclaboussement. Au même moment, une silhouette blanche sortit lentement de l’eau, qui glissa sans bruit vers le rivage et lui fit un signe de la main. Une boule de lumière bleuâtre entourait sa tête, et l’homme distingua clairement les traits de Mary Seneff, la jeune fille qui avait été assassinée et dont le corps avait été jeté dans la rivière à cet endroit. Terrifié, il tenta de faire avancer son cheval mais rien ne put convaincre l’animal de faire un pas de plus. Interrogé par les journaux, il raconta ainsi la rencontre:

 » J’ai regardé la forme pendant une minute, et à ma grande horreur elle est sortie lentement hors de l’eau et s’est dirigée vers moi en marchant tranquillement sur la rive. Éclairée par sa propre lumière, je pouvais clairement voir le sosie de Mary Seneff debout à trois mètres de moi. Elle était vêtue de blanc et dans une de ses mains elle brandissait un vêtement d’aspect étrange au-dessus de sa tête. Avec l’autre main, elle m’a montré une profonde cicatrice sur son cou et une marque de hache sur son front. La forme s’est alors tranquillement déplacé vers l’arrière, vers le ruisseau, puis elle a lentement disparu sur la berge puis dans l’eau.

J’ai toujours cru fermement aux fantômes, et je suis sûr que j’ai vu la jeune fille assassinée, Mary Seneff, ce soir-là. Je suis incapable d’expliquer l’étrange apparition, et mon sang se glace rien que d’en parler.  »

L’intégrité du fermier ne fut jamais remise en question et il effraya quelques unes des vieilles dames de la région avec son histoire, laquelle fut publiée dans le journal The Cincinnati Enquirer du 20 Mars 1881.

La Sirène Fantomatique Vue une Nouvelle Fois près du Pont de la Rivière de Sugar-Creek

Petite Décoration

Peu de temps après un ouvrier nommé Joshua Engler affirma catégoriquement avoir vu le fantôme de Mary Seneff et il fournit aux journalistes le témoignage suivant pour qu’il soit publié:

 » Canal Dover, Ohio, Mars 1881.

Après avoir travaillé à l’usine de sel le samedi au soir, je retournais à la maison vers deux heures du matin quand arrivant à une vingtaine de mètres du pont de Sugar-Creek, où Mary Seneff a été jetée dans l’eau, j’ai vu la silhouette d’une femme sortir de l’eau à trois mètres de la rive et commencer à marcher le long de la crique. Je l’ai regardée pendant cinq minutes. Elle s’est engagée sur la route de Stone Creek puis elle a tourné au croisement d’Hosea Fisher’s et elle a disparu.
Joshua Engler.  »

M. Engler précisa qu’il n’avait pas pu observer tous les détails de son visage, mais qu’il avait distinctement vu la silhouette d’une femme vêtue d’une robe blanche sortir de l’eau et se déplacer sans bruit le long de la rive avant de partir vers le bas de la route. Ce témoignage ne fut pas le seul car de nombreux habitants de la région signalèrent avoir vu l’apparition et une rumeur se mit à courir que Mary Seneff hantait la rivière où son corps avait été abandonné.

The Cincinnati Enquirer, 4 Avril 1881.

Un Fantôme Gênant
Le fantôme de Mary Seneff revu par un couple de Stalwart Grangers

Petite Décoration

Vers la fin du mois de mars, deux hommes qui habitaient à cinq kilomètres de Dover, M. Spare et M. Mowzer, prétendirent avoir vu le fantôme de la jeune fille assassinée.

 » M. Mowzer et moi, expliqua M. Spare, avions assisté à une vente au cours de la journée et nous n’en sommes pas partis avant vingt-et-une heure. Pour raccourcir la distance, nous avons coupé à travers les champs, ce qui nous a amenés devant la maison Athey, où Mary Seneff a été assassinée. Lorsque nous nous sommes approchés de la maison, nous avons tous les deux été étonnés de la trouver brillamment éclairée. Il était alors près de vingt-deux heures, et nous savions que la maison n’avait pas été occupée depuis l’assassinat. Nous nous sommes arrêtés une minute à la porte, et comme nous discutions de la question une silhouette a fait son apparition à la fenêtre en face de nous. La tête et le visage étaient bien visibles, et Mowzer a involontairement levé ses mains au ciel en criant: Mon Dieu! Voila Mary Seneff!

Je dois admettre que nous étions tous les deux effrayés et plus encore quand nous avons vu la silhouette lever la fenêtre et se glisser dehors sans bruit. Notre premier mouvement a été de courir mais Mowzer a chuchoté d’attendre un peu. La forme était vêtue de ce qui semblait être une robe ample en matériau blanc. Elle est passée à quelques centimètres de nous, puis elle s’est arrêtée. La silhouette avait maintenant l’apparence d’une ombre épaisse, et plus nous la regardions plus elle semblait gagner en substance. Soudain, elle a commencé à reculer et nous a fait signe de la suivre. Inconsciemment, nous avons bougé un peu plus loin sur la route et nous avons vu la forme en mouvement qui tournait au coin de la maison et marchait lentement vers le tas de cendres dans lequel Mme Athey avait enterré le corps de Mary. D’une main, elle a désigné la tombe partiellement remplie et de l’autre elle nous a frénétiquement fait signe d’approcher mais nous en avions assez vu et d’un commun accord nous avons tous les deux tournés nos talons et nous avons couru.

Les gens vont rire quand ils entendront l’histoire et dire que nous étions ivres. Mais nous étions tous les deux parfaitement sobres et nous sommes persuadés d’avoir vu le fantôme de Mary Seneff, bien que je ne croyais pas en de telles choses.  »

L’histoire effraya tellement les voisins que pendant quelques temps tous suivirent sagement la route.

The Cincinnati Enquirer, 28 Mars 1881.

L’esprit de Mary Seneff cherchait visiblement à communiquer mais jamais personne ne le comprit, les témoins se trouvant trop effrayés pour la suivre ou s’approcher du tas de cendres. Peut-être quelques fragments de ses os ou un objet auquel elle tenait était-il resté dans sa tombe, ou peut-être Ellen Athey n’était-elle pas la seule responsable de la mort de Mary et quelque chose avait été enterré dans la cour de sa maison, qui aurait pu prouver la présence d’un complice.

Sources: Wicked Women of Northeast Ohio de Jane Ann Turzillo, Haunted Ohio Books.

Pour marque-pages : Permaliens.

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