La Légende de Bloody Mary

Bloody MaryUne légende urbaine raconte que si quelqu’un prononce les mots Bloody Mary à trois reprises devant un miroir, alors un esprit vengeur apparait. Cette légende, fort ancienne, est devenue une sorte de rituel, un jeu auquel s’adonne les adolescents mais dont personne ne connait vraiment les origines. La légende rapporte souvent que Bloody Mary était une sorcière, mais suivant l’histoire, elle peut se transformer en une mère morte en couches, en une jeune fille enterrée vive, en la terrible Mary Tudor, que l’on surnommait Bloody Mary, ou, dans ses versions les plus modernes,  en une femme tuée lors d’un accident de voiture.

Il existe plusieurs manières d’exécuter le rituel de Bloody Mary, mais la plus fréquente consiste à se placer debout face à un miroir, généralement dans la salle de bain, puis à éteindre la lumière et à prononcer trois fois le nom de Bloody Mary à voix basse. Certaines versions de la légende conseillent de répéter la formule une centaine de fois, de l’énoncer en se frottant les yeux, d’attendre minuit, de faire couler de l’eau chaude, de souffler une bougie, de tourner sur soi-même, de prononcer treize fois l’incantation avec une, deux, ou trois bougies allumées, etc…
Si le rituel est convenablement exécuté, Bloody Mary, qui se présente toujours sous la forme d’une figure féminine hideuse, apparaitrait alors, le visage lacéré, couvert de sang, les mains tendues vers son invocateur. Parfois elle se montrerait neutre, mais la plupart du temps elle attaquerait l’imprudent, pouvant, suivant son humeur, le griffer, le tuer, lui arracher les yeux, le rendre fou, l’attirer dans le miroir avec elle, ou le hanter à jamais. Néanmoins, si l’invocateur s’abstient de regarder directement Bloody Mary mais qu’il fixe sa propre image dans le miroir, alors elle répondrait à ses questions et lui révèlerait son avenir.

Si l’invocateur se sent animé de quelque audace, il peut essayer de défier l’entité en affirmant  » Bloody Mary, j’ai tué ton fils!  » ou  » Bloody Mary, j’ai tué ton bébé! « . Le son d’une cloche se ferait alors entendre, annonçant sa venue, et la mère vengeresse déchainerait sa colère sur le prétendu meurtrier… si ce dernier ne s’enfuit pas avant. Dans cette variante, Bloody Mary est présentée comme l’émanation d’une femme ayant assassiné ses enfants, ou celle d’une jeune mère dont le bébé a été volé et qui se serait suicidée de chagrin. L’on retrouve aussi des histoires où Mary est accusée à tort d’avoir tué ses enfants, et dans ce cas, l’invocateur doit répéter  » Je crois en Mary Worth « , pour invoquer son esprit. Paradoxalement, dans la plupart des légendes impliquant Bloody Mary Worth, elle est décrite comme une tueuse d’enfants et il existe souvent, dans les endroits où se pratique cette version du rite, quelques pierres tombales prouvant soi-disant les faits.
Les plus téméraires peuvent également tenter de répéter sept fois Hell Mary devant un miroir. La légende raconte que le miroir deviendrait rouge à la troisième fois, qu’une ombre apparaitrait à la cinquième et que le Diable en personne se montrerait à la septième. Avis aux amateurs.

Plusieurs histoires prétendent être à l’origine de la légende de Bloody Mary, et je vais vous en proposer une, celle de Mary Worth, qui est probablement la plus riche de toutes. La légende raconte que Mary Bloodsworth habitait une petite maison perdue dans la forêt, et qu’elle subvenait à ses besoin en vendant des remèdes. Les habitants du village voisin l’appelaient Mary Worthington, et ils disaient qu’elle était une sorcière. Mary était une très belle femme, la plupart des hommes en étaient fous et toutes les femmes la jalousaient.

Mais un jour, les jeunes filles du village commencèrent à disparaitre, inexplicablement. Leurs familles fouillèrent les bois, les maison et les granges mais personne ne put jamais trouver le moindre signe des disparues. Quelques désespérés se rendirent même jusqu’à la maison de Bloody Mary pour lui demander si elle avait enlevé les jeunes filles, mais la sorcière nia avoir connaissance de ces disparitions. Pourtant, il y avait quelque chose d’étrange. Un homme avait été vu à plusieurs reprises alors qu’il rentrait chez elle. Interrogé par ses voisins, qui trouvaient ses agissements pour le moins suspects, l’homme répondit qu’il visitait la sorcière pour l’interroger, espérant qu’en gagnant sa confiance elle finirait par lui dire où se trouvaient les enfants.

Le soir venu, la fille du meunier se leva de son lit et se dirigea vers l’extérieur, semblant suivre un son enchanteur que personne n’entendait. Cette nuit-là, la femme du meunier était assise dans la cuisine et elle tentait de soulager son mal de dents avec un remède à base de plantes quand elle aperçut sa fille sortant de la maison. En entendant sa femme crier, le meunier accourut et tenta d’arrêter sa fille, mais elle parvint à se libérer et disparut dans l’obscurité.
Les appels désespérés des parents de la jeune fille avaient réveillé les villageois, qui se précipitèrent alors vers la maison du meunier. Soudain, un agriculteur se mit à crier, désignant une étrange lueur à la lisière de la forêt. Quelques audacieux se dirigèrent alors vers elle et brusquement, ils aperçurent Bloody Mary, debout à côté d’un grand arbre, une baguette magique entre les mains. Cette baguette semblait dirigée exactement vers la maison du meunier.

Brandissant les armes et les fourches qu’ils avaient pris soin d’emporter en entendant les cris, les villageois se ruèrent alors vers la sorcière qui, les entendant approcher, rompit le charme et s’enfuit dans les bois. Bloody Mary, qui s’était réfugiée dans sa maison, ne fut pas difficile à retrouver mais quand ils voulurent l’interpeller, alors elle poussa un grand cri et jeta une malédiction sur toutes les femmes du village. Cette malédiction s’appelait La Malédiction des Chantres, et ce serait elle qui, de nos jours encore, obligerait les jeunes femmes à invoquer Bloody Mary .

Plusieurs semaines s’écoulèrent. Mary, qui était alors emprisonnée, attendait son procès mais en voyant l’évolution de son ventre, tout le monde comprit bientôt que la jeune femme était enceinte. Quand les villageois lui demandèrent le nom du père, elle refusa de le leur donner, affirmant que l’enfant était une conception immaculée. Alors, le prêtre du village déclara que si tel était le cas, cet enfant était celui de Satan. Pour ce crime, Bloody Mary fut condamnée à être exécutée immédiatement après son accouchement, et pour les enlèvements d’enfants dont elle s’était rendue coupable, son visage serait lacéré par des morceaux de verre tranchants que tiendrait chacune des femmes du village. Et ainsi la sentence fut-elle appliquée.

Depuis ce jour, quand une fille atteint son adolescence et qu’elle commence à passer du temps devant son miroir, à se brosser les cheveux ou à se maquiller, alors se réalise la malédiction originelle, La Malédiction des Chantres, et celle qui est assez folle pour répéter le nom de Bloody Mary à dix reprises devant un miroir sombre convoque l’esprit vengeur de Bloody Mary. Il est dit qu’elle déchire les corps en morceaux et qu’elle arrache les âmes de ces corps mutilés. Des âmes condamnées à passer une éternité de tourments, piégées dans le miroir maudit en compagnie de Bloody Mary.

La notion d’âme piégée dans un miroir vient d’une ancienne croyance. Autrefois, et même encore aujourd’hui en certains endroits, il était de coutume, quand quelqu’un mourait, de recouvrir tous les miroirs pour éviter que son esprit ne s’y retrouve emprisonné à jamais.

Si vous pensez être à l’abri de Bloody Mary en évitant de l’invoquer, détrompez-vous. La légende affirme que si vous vous trouvez près d’un miroir dans une obscurité totale, alors Bloody Mary peut venir vous chercher, que vous l’ayez appelée… ou pas.

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